Jusqu'à l'émission de Laurent Ruquier, je ne connaissais pas grand chose de Natacha Polony mis à part des articles dans Marianne que je ne lisais pas ou très peu parce qu'à l'époque :
- Je vivais en Angleterre... donc je me gavais de culture anglophone : de Marian Keyes à Francis Bacon, de Trisha Goodard à Eastenders en passant par les peintures de Turner, les merveilleuses cartes et papier-cadeau de chez Clinton's, les bath bombs de Lush, les fish & chips, TOUT Jane Austen, mes premiers sushi chez Yo ! Sushi, l'humour de Graham Norton ou Stephen Fry, Harry Potter encore et encore, les Bacardi Breezers (surtout ceux à l'ananas, à la pastèque et au pamplemousse), respirer Londres (
et tousser), les take-away du vendredi soir avec Joolz ma coloc' (Fried Rice Noodles Singapore Style ♥ ou les Crispy Pancake Duck ♥)

- Je préparais mon mémoire sur Shakespeare, ses constantes allusions de cul et sa guerre des sexes adaptée au cinéma... donc je passais mon temps à consulter des archives poussiéreuses dans des bibliothèques hyper classes de Stratford-Upon-Avon tout en relisant jour et nuit les pièces avec un stabilo dans une main et un thé à la bergamote dans l'autre (et aussi des Oreos)
- Je galérais entre l'Amant anglais et Victor Newman tout en gérant le harcèlement d'un élève du lycée où j'étais assistante qui mettait des mots flippants sur mon pare-brise genre "I LOVE YOU. YOU BELONG TO ME"
- Je passais mon CAPES à base de Tennessee Williams ♥ et de Joseph Conrad (*BAILLER* + *VOMIR*) donc je bossais tout le temps en essayant de garder un semblant de vie sociale (aka picoler avec mes potes et voir grandir mon filleuldamour)
Et puis, il y a quelques semaines, Sabine a parlé du blog de Natacha Polony et de son billet apparemment controversé sur lequel ont craché bon nombre d'enseignants, puis des lecteurs m'ont également envoyé le lien de l'article me demandant de réagir et de donner mon avis.
Vous pouvez lire son billet ici et je vous encourage chaudement à le dévorer en opinant du chef.
À la base, je ne traîne pas trop sur le Figaro... journal éloigné de mes convictions politiques et surtout j'évite soigneusement de lire les commentaires (que ce soit du Figaro ou d'autres journaux d'ailleurs) des lecteurs sur le web qui sont un mix d'intolérance, de connerie monumentale, de vindicte gratuite et de xénophobie.
J'ai tout de même lu avec intérêt et un verre de Gini ce billet, et au fil des lignes, j'ai commencé à écarquiller les yeux façon lori.
Comment, je suis 100% d'accord avec TOUT ce qui est écrit dans ce putain d'excellent billet.
Nat' résume parfaitement et de manière éloquente et pas pédante toute ma pensée et ma vision de l'école.
Mais genre, à fond quoi.
Tout ce qu'elle a écrit, je l'ai moi-même exprimé ici (mais avec beaucoup plus de "sa mère la pute qui suce les bites par paquets de douze" et de "putain de sa race").
Extraits de phrases-choc :
- "Le portrait d’une école qui n’a plus qu’une ambition : “fabriquer de la bonne employabilité".
- "Une société en cours de décivilisation “où chacun fonctionne comme une sorte de structure solitaire qui exige des autres mais qui jamais ne se sent redevable".
- "Des réformes qui transformaient l’enseignement de la littérature en une démarche utilitariste visant à instrumentaliser le patrimoine culturel et littéraire pour en garder uniquement les notions d’argumentation, de négociation, etc... considérées comme utiles au monde du travail. Désormais, on devait étudier les textes pour en tirer de la matière à débat".
- "j’ai pu constater ce qu’était le niveau d’un bachelier français moyen : il suffit de regarder les consignes de corrections au bac pour comprendre : l’orthographe ne doit pas retirer plus de deux points, si bien que lorsque les phrases ne sont pas en français, ce n’est pas grave. D’autant que cela fait des années qu’on répète aux enseignants que l’orthographe est la science des imbéciles."
- Sa vision de la méthode globale (une hérésie nuisible), son opinion sur la notion de classement, sur la lecture ou sur le manque de respect des élèves...
J'ai beaucoup de mal à comprendre les enseignants qui ne partagent pas cette vision et qui hurlent qu'elle n'est qu'une sale réac et que bouhhhh comment c'est trop caca-boudin avec des arguments aussi solides qu'une maison construite par Numérobis et Amobonfis son rival.
"Natacha ou la nostalgie de l'autoritarisme"
=> Je dis NON et NON les p'tits loups. Je suis fatiguée, lassée, usée par ce nouvel amalgame qui consiste à confondre "autorité" et "autoritarisme". S'il y a quarante ans, un instit' avait le pouvoir (voire le devoir) de faire régner dans sa classe un silence basé sur la crainte de s'en prendre une dans la gueule ; à présent, certains osent à peine mettre un mot dans le carnet d'un élève redoutant les conséquences d'un tel geste...
Énorme manque d'équilibre entre une génération qui avait peur de se prendre une règle en fer sur le bout des doigts et une génération que l'on couve et surcouve, fustigeant toute tentative d'inculquer respect et rigueur... Bien évidemment, il ne faut pas tomber dans une généralisation excessive. Il y a quarante ans, tous les profs n'étaient pas des tortionnaires, ravis de pouvoir filer une mandale à un élève insolent... et de nos jours, tous les parents d'élèves ne sont pas de sombres abrutis couvrant leur enfant à la moindre bévue.
Néanmoins, je ne peux que constater le manque de soutien dans les hautes sphères et dans les familles quant à l'attitude et au manque de travail de beaucoup, beaucoup d'élèves. Un élève qui ne fait jamais ses devoirs. Un élève qui rend copie blanche à chaque éval'. Un élève qui monopolise constamment le temps de parole en classe et tente de négocier et de nuancer la moindre remarque/critique de son prof. L'élève, ce mini-adulte qui doit pouvoir s'exprimer même si effectivement il n'a rien à dire...
En 2011, un prof a du mal à confisquer un objet non approprié à son cours (portable, console de jeux, magazine de foot, miroir...) sans s'attirer les foudres des familles, voire de sa hiérarchie. En 2011, un prof a du mal à mettre en retenue des élèves relativement récalcitrants puisque personne dans sa famille ne veut venir le chercher car ça fait trop chier de devoir retourner au bahut à 18h. En 2011, un prof est obligé de se justifier à genoux lorsqu'il donne une punition. Il existe des profs injustes qui auraient tendance à imposer leur volonté de puissance (Nietzsche forever) mais ne nous leurrons pas, la majorité des enseignants est plutôt honnête et bienveillante et lorsqu'un prof écrit un mot dans le carnet pour expliquer à la famille de Bryanna, que pour la troisième fois consécutive, elle n'a pas fait ses devoirs et que sa propension à bavarder constamment tout en se recoiffant devient un tantinet insupportable, il s'attend au pire à une simple signature de la famille, indiquant qu'elle a pris connaissance des remontrances de l'enseignant... au mieux, à une petite réponse du style "Merci de nous avoir prévenus. Comptez sur notre soutien et notre vigilance afin que ce genre d'incident ne se reproduise pas". Mais dans bien des familles, au mieux, le mot est signé en quatrième vitesse et ne donne lieu à AUCUNE discussion entre parents et enfants ou alors juste un "bon faut travailler Bryanna hein" et au pire, une petite réponse vient augmenter la tension artérielle de l'enseignant qui sera ravi d'apprendre qu'il devrait se mêler de ce qui le regarde et qu'il faut arrêter de punir Bryanna pour n'importe quoi.
J'aime à répéter à chaque parent et à chacun de mes élèves, qu'à partir de l'instant où il franchit les grilles de l'établissement, un enfant devient un élève. C'est-à-dire qu'il ne dépend plus des règles de la maison mais de celles de l'établissement. Et c'est là où le bât blesse malheureusement. Si à la maison, le mot d'ordre est "vas-y mon loupiot, agis selon TON rythme et TES envies", il y a fort à parier que ça va lui faire tout bizarre à l'école quand on va essayer de lui faire comprendre la notion de contrainte et de compromis, mamelles de la vie en collectivité.
Il y a quelques semaines, j'ai reçu la famille de Kélyan. La veille, Kélyan s'était fritté avec Enzo qui avait accusé sa mère d'accomplir des actes buccaux à tout va. Les termes "bâtard" et "va manger tes morts sale connard" avaient été prononcés de toute part (Rappelons que Kélyan et Enzo ont 11 ans et qu'il est toujours appréciable de constater qu'aux âmes bien nées, la violence verbale, à l'instar de la valeur, n'attend pas le nombre des années). Kélyan s'est alors jeté sur Enzo et l'a bourriné de coups de poing. Y a pas à tortiller, l'arcade sourcilière, ça saigne vachement quand même. Enzo s'en est sorti avec un beau cocard et tous deux ont été exclus quelques jours.
La famille de Kélyan a immédiatement hurlé à l'injustice car c'était Enzo qui avait commencé et Kélyan n'avait fait qu'appliquer l'un des principes fondateurs de sa famille : SE VENGER.
La maman de Kélyan : "On a toujours dit à Kélyan qu'il doit se défendre. Si on l'insulte, si on le tape, il doit rendre les insultes et les coups. C'est une question d'honneur"
Princesse Soso : "Le souci c'est que nous avons des règles différentes à l'école. Nous passons notre temps à expliquer aux élèves que toute violence verbale ou physique est proscrite. Lorsqu'un élève se fait insulter ou est en passe de se faire frapper, nous l'encourageons à s'éloigner le plus vite possible afin de prévenir un adulte. J'ajoute qu'il y a une différence entre se défendre et rendre les coups... Nous avons une tolérance pour un élève qui, pour éviter un coup, va repousser son camarade... mais, en revanche, il ne doit pas, à son tour, se montrer violent et attaquer"
Le papa de Kélyan : "Mon fils n'est pas une chiffe molle qui va chialer et cafter auprès des profs. Il règle le problème tout seul. Enzo méritait les coups. C'est une question d'honneur"
Princesse Soso : "Votre fils est avant tout un élève au sein du collège et il doit se conformer au règlement qui stipule clairement la conduite à adopter en cas de conflit avec un autre élève. Kélyan devait s'éloigner d'Enzo et prévenir un adulte des insultes qu'il subissait. Des sanctions auraient été prises uniquement à l'encontre d'Enzo et Kélyan ne serait pas actuellement exclu, considéré lui-aussi comme fautif"
La maman de Kélyan : "Mais il n'a fait que se défendre ! Il n'allait pas laisser ce sale petit vaurien m'insulter et me traiter de pute !"
Princesse Soso : "Mais Kélyan ne s'est pas défendu, il s'est vengé. Cela n'a RIEN à voir. Je comprends tout à fait que Kélyan se soit énervé, le souci est qu'il a perdu le contrôle et qu'il a cédé à ses pulsions. Il a fait une erreur et est puni en conséquence. Je comprends qu'il ait fait cette erreur, l'important est qu'il admette qu'on ne peut pas agir ainsi au collège. Le vieil adage "on ne résout rien par la violence" est totalement en adéquation avec les règles de l'établissement. Kélyan s'est acharné sur Enzo, il ne s'est pas contrôlé et raisonné. Ce genre d'incident peut arriver mais ne doit pas se reproduire"
Le papa de Kélyan : "Comme je dis toujours, si la violence ne résout rien c'est que tu n'as pas cogné assez fort !" (rires gras)
La maman de Kélyan : "Chez nous, on se venge quand on nous a fait un sale coup. C'est comme ça. Et Kélyan, il suit d'abord les règles de sa famille. C'est à l'école d'accepter des élèves qui ont une éducation différente"
Princesse Soso : "Absolument pas. C'est aux familles de s'adapter aux règles de l'école. C'est comme si vous me disiez que c'est la société qui doit s'adapter aux hors-la-loi..."
La maman de Kélyan : "Vous traitez Kélyan de hors-la-loi ???"
Le papa de Kélyan : "Ouais parce qu'on peut très bien immédiatement retirer Kélyan du collège hein !"
Princesse Soso : "Vous commencez sévèrement à me courir sur le haricot tous les deux À mon avis, vous allez avoir du mal à trouver un établissement scolaire qui prône la vendetta et tolère la violence... Kélyan n'a pas respecté les règles, il est puni. Idem pour Enzo. Il n'y a strictement rien à négocier. Kélyan doit apprendre à se contrôler lorsqu'il a envie de frapper. Le souci, c'est que si à la maison, vous l'encouragez à avoir recours à la violence, on n'est pas sorti de l'auberge..."
Le papa de Kélyan : "C'est comme ça dans notre famille et on ne va pas changer pour vous faire plaisir"
Princesse Soso : "Alors, je pense que nous n'avons plus rien de constructif à nous dire et cet entretien est à présent terminé"
La famille de Kélyan n'est malheureusement pas un cas isolé et il est de moins en moins rare de voir des parents encourager leur progéniture à appliquer la loi du Talion.
"Natacha ou le rigorisme injuste et traumatisant"
=> En défendant la notion de classement, Natacha s'en prend plein la tronche... Le classement stigmatise, traumatise, met en lumière les clivages et décourage... Tous les élèves sont égaux et il est tout simplement anti-pédagogique de vouloir en faire briller certains tandis que d'autres demeurent dans une obscurité, symbole d'ignorance et de retard. La société est suffisamment encline à exacerber les inégalités, inutile d'appliquer cette même injustice à l'école.
On prend le problème à l'envers. Le classement encourage, motive, galvanise également. Il n'est pas uniquement source d'échec et de larmes.
Il ne faut pas oublier que 95% des élèves travaillent pour tout SAUF pour eux :
- Ils travaillent pour faire plaisir à leur famille.
- Ils travaillent pour ne pas se faire engueuler.
- Ils travaillent parce que c'est comme ça et pas autrement. Ils n'ont pas véritablement le choix de par leur éducation voire un certain endoctrinement.
- Ils travaillent pour avoir une Wii et une PS3.
- Ils travaillent parce qu'ils aiment bien le prof.
Je me souviens très bien que mon instit' de CE1 nous répétait constamment : "Vous ne l'avez pas encore compris et/ou accepté... mais n'oubliez jamais que c'est pour VOUS que vous travaillez". La bonne blague. La petite fille de 6 ans que j'étais travaillait parce que c'était sympa d'apprendre des trucs et en plus ça faisait drôlement sourire papa, maman, mamie ou papy lorsque je ramenais des 10/10, des bons points et des images.
La carotte, la récompense ne sont pas de vilains mots au sein d'une classe. Autant je suis la première à hurler lorsque j'entends des élèves réclamer un SALAIRE ("ouais les profs sont payés pour venir au collège, on devrait être payé aussi"), autant je ne suis pas réfractaire à un système de récompense ponctuel destiné à encourager et faire plaisir. Apprendre pour apprendre c'est terriblement difficile à assimiler... alors de temps en temps, il n'est pas nuisible d'insérer la notion de cadeau afin de féliciter un élève pour ses progrès et ses résultats.
Mettre un sticker pailleté sur de bonnes copies, offrir des babioles pour Noël aux élèves méritants... de petits gestes qui sont une sorte de MERCI. Merci pour ta bonne volonté. Merci de jouer le jeu. Merci de venir dans mon cours dans le but de travailler. Merci de grandir et d'évoluer dans le bon sens.
Un peu de gratitude mêlée à un soupçon de démagogie : la clé du succès ?
Si l'on écoute certains enseignants, certains parents et certains soit-disant spécialistes de l'enfance et de l'éducation, le système de récompense est louable s'il est appliqué à TOUS les élèves. Sous-entendu, hors de question que dans une classe de 26, 11 élèves aient un chouette cadeau, 7 aient un petit cadeau et 8 n'aient rien du tout. C'est-trop-pas-zuste (Caliméro forever).
Et bien non.
Faut quand même pas déconner. Cindy a 17 de moyenne parce qu'elle a des facilités et qu'elle bosse, Lorenzo a 13 de moyenne en cravachant grave parce qu'il a de sacrées difficultés, Perrine a 12 de moyenne en foutant strictement que dalle mais comme elle a de grosses facilités, elle sauve les meubles, Lucas a 5 de moyenne en branlant strictement que tchi... et faudrait tous les récompenser de la même manière ???
Eh, on n'est pas à l'École des fans là, les p'tits loups !
Le classement ou la récompense au mérite permet de faire comprendre à un élève que ses efforts portent leurs fruits et peuvent être source de satisfaction, de plaisir et de reconnaissance. Cela évite que les élèves paresseux s'enlisent dans une passivité apathique "puisque de toute façon, on a tous le même cadeau à la fin".
Pour Noël, les élèves méritants ("méritants" ne signifie pas forcément avoir 19,2/20... Les élèves méritants font de leur mieux, sont volontaires et agréables, ils viennent en classe pour progresser, ils sont polis, respectueux et aident à instaurer une bonne ambiance de travail) ont le droit de participer à des quiz qui leur permettent de gagner une petite surprise (un porte-clé, un petit bijou, un petit parfum, des stickers, un petit bouquin, des règles ou des stylos avec écrit dessus "Happy Christmas from your teacher" ou "Very good work ! Well done !"... etc.). Les élèves qui se sont récoltés des mots ou des punitions pour leur manque de travail ou pour leur attitude inconvenante se voient immédiatement exclus de ce bonus. Ça me semble normal et logique. Genre je ne vais quand même pas filer un porte-clé phosphorescent que j'ai acquis avec mes propres deniers à Johnny qui refuse de venir au tableau pour corriger un exo, qui a 01/20 de moyenne en anglais et qui ne fait jamais ses devoirs..
On cherche constamment à encourager les plus faibles. OK... mais c'est choupi aussi d'encourager les plus forts. Ce n'est pas de l'élitisme, c'est un juste retour des choses.
Cela fait également écho à l'idée qu'il faut supprimer les notes afin que la coopération prenne le pas sur la compétition.
BULLSHIT.
Encore une fois, on prend le problème à l'envers. La compétition peut être saine et source d'émulation. La compétition n'est pas uniquement faite pour humilier les plus faibles... Ce qu'il faut supprimer, ce ne sont pas les notes bien évidemment, mais le collège unique, source d'inégalités et d'humiliation. Lorsqu'un enfant a de mauvais résultats, il faut comprendre pourquoi. Il n'a pas appris ? il n'a pas compris ? A-t-il la possibilité de travailler sereinement à la maison ? Est-il encadré, encouragé par sa famille ? Autant de questions auxquelles il est parfois difficile de trouver des réponses...
Ahh la "coopération"... le nouveau terme didactique à la mode. Les élèves doivent travailler en équipe afin justement de ne plus entretenir une compétition individuelle... Le travail en îlots tel qu'il est présenté par Marie Rivoire (qui a écrit un guide à ce sujet) est une idée judicieuse mais selon moi, absolument pas applicable à TOUTES les séances de cours. C'est top à doses homéopathiques. Il faut impérativement qu'un élève apprenne à travailler SEUL, à se concentrer et à se retrouver avec lui-même pour affronter, élucider, comprendre, analyser, déduire... Et encore une fois, je rejoins Natacha quant à sa théorie sur le problème de la lecture... Une écrasante majorité d'élèves, même d'excellents élèves, n'aime pas lire. C'est chiant. C'est long. C'est difficile. Et ouais... à force d'activités ludiques et surtout courtes, à force de coopération... les élèves ne sont pas préparés à affronter la lecture, cet exercice solitaire qui demande une construction mentale et une concentration qui ne s'acquièrent pas en un coup de baguette magique. Avant de travailler à plusieurs, il faut savoir travailler seul... C'est d'une logique implacable.

Je ne m'étendrai pas sur le problème de l'orthographe, sur la langue malmenée, écorchée, humiliée par une paresse et un mépris qui me sont écoeurants.
De très bons élèves ne parviennent pas à écrire sans erreur et confondent "c'est" et "sait"... "et" et "est"... "ça" et "sa"... La phonétique prend le pas sur les règles. On écrit pour communiquer et plus pour célébrer une langue parfois ardue et alambiquée mais aussi symbole d'une délicieuse rigueur salvatrice qui permet de développer mémoire et agilité intellectuelle...
Il est vraiment temps que l'école 2.0 arrive.
Une école de l'équilibre avec un cadre et une autorité juste qui n'exclut pas une certaine décontraction. Une école où apprendre n'est pas une simple obligation ou une contrainte mais une source de plaisir et d'épanouissement. Une école qui développe l'esprit, une école qui nivelle par le haut. Une école qui se sert de son passé, non pas pour l'anéantir mais pour en extraire les vertus afin de faire de l'école du XXIème siècle un lieu d'apprentissage où chacun a sa chance, où chacun est en sécurité, où chacun a la possibilité de progresser, où chacun doit jouer le jeu...
Vous n'êtes pas d'accord avec ça ? Vous pensez que c'est irréalisable ?
Bienvenue en dystopie, alors.


Même au delà du collège, des BTS ne savent déjà plus écrire correctement. Jusqu'ici, j'avais pu le constater sur la "nouvelle génération" (collège max), mais là mes BTS ont presque mon âge, et je trouve ça assez flippant. C'est pas de mauvaise volonté (j'ai eu des pavés enthousiastes à certains contrôles), mais il y a clairement un manque d'apprentissage et d'habitude à la langue française.
Et ça, ça vient principalement du fait, tu le soulignes, qu'ils ne lisent pas. Depuis que je sais lire (soit avant mes 6 ans), je lis des tonnes et des tonnes de bouquins dans tous les sens. Conséquence : j'écris suffisamment correctement français pour pas passer pour un gland (encore que quelques années sur MSN m'aient fait perdre certaines notions). Et si je lisais, c'est parce que ma mère m'y encourageait.
On en revient toujours à l'éducation parentale ...
Je confirme... les élèves ne savent plus écrire.
Je suis actuellement en Master 2 Pro (donc bac + 5 quand même) et voilà ce que certains de ma promo sont capables d'écrire:
"Lors de mon baccalauréat STL j’ai put pratique beaucoup de technique biochimique, chimique et microbiologique en TP ainsi que dans ma licence de biochimie."
"Je membre du pôle Ressource Humain et pôle opérationnel, je m’occupe donc du recrutement et de la communication interne à l’université pour les étudiant et je suis chargé d’étude pour les missions dans le domaine de la microbiologique et des biotechnologiques."
Oui ça fait peur.
Sinon pour la récompense des bons élèves... je suis tout à fait d'accord. Ayant moi même été un élève doué, j'ai toujours souffert du manque total de reconnaissance du système scolaire.
Heart of Darkness... (ben tu vois, on y revient, à J. Conrad)
Etant la bienheureuse génitrice d'enfants, pour le moment du moins, dotés de facilités ET ayant très envie de bosser, j'ai dû intervenir auprès des enseignants pour qu'ils valorisent également leur travail, et non leur collent en permanence un "toi, t'as pas besoin de faire cet exo, va plutôt aider Bryanna!". Effectivement, un chouille de notion d'entraide est sympa. Mais aller à l'école pour apprendre et recevoir du grain à moudre et pas faire le job du prof, c'est sympa aussi.
Donc oui aux encouragements à ceux qui le méritent (système mis en place dans le collège que ma fille fréquente: chaque bulletin trimestriel reçoit une appréciation du Principal, non pas toujours en fonction des résultats, mais des efforts fournis). Et qu'aux autres, soit inlassablement répété ce pour quoi ils sont là... certes exaspérant, mais bon pour la conscience, je pense.
Je partage cet avis, même si je trouve ue dans ce post tu ne proposes pas beaucoup de réalisations pour aller dans le sens de ta volonté.
Je suis fière de mon éducation, de savoir calculer de tête, de savoir écrire sans trop de fautes. Malgré tout je regrette de constater ue beaucoup régressé depuis uelues années, parce u'on nous encourage trop à choisir la facilité. On nous apprend la fainéantise.
=> Je n'ai pas une nouvelle fois exposé mes théories, idées et initiatives à mettre en place car je considère que je l'ai maintes et maintes fois fait et que ça serait sacrément redondant pour mes lecteurs assidus
Mais on en revient toujours au même... Pourquoi pas des brigades de supernannies (sans caméras) qui iraient aider des familles où serait décelé dès la crèche ou l'école maternelle un souci de comportement, caprices, colères... etc. Des parents qui lisent les histoires, écoles maternelles où des conteurs viennent lire des histoires, promouvoir le plaisir de la lecture le plus possible... des classes moins chargées, des classes passerelles, redorer le blason du doublement, niquer le collège unique pour permettre à des élèves en échec scolaire de rebondir, et à des élèves brillants de progresser encore plus... Une refonte de l'école basée sur le principe qu'on y va pour apprendre, être heureux ensemble, accepter les différences et surtout se montrer poli et bienveillant en toutes circonstances...
+1 pour Neptangel, je suis dans le même cas.
Je pense même ue ce n'est pas étranger à mon cruel manue d'ambition.
Je suis forcément d'accord avec toi...D'autant que d'année en année, je constate la baisse du niveau général à la fac. Une conséquence des réformes imposées dans le primaire et le secondaire...Le pire, c'est que ces problèmes n'apparaissent pas sur ceux qui ont des parents présents et instruits...Bref, le principe d'égalité est largement remis en question au sein de l'éducation nationale.
Je vote pour aussi !
Et si être réac c'est vouloir tirer les méritants vers le haut, alors je suis réac².
Je me suis retrouvée tout à fait par hasard à faire mon année de CM2 dans une école privée catho choupi, avec soeur Bernadette comme instit (bon j'étais exemptée de devoirs de catéchisme puisque pas baptisée, héhé) j'ai été dans le public avant et après,
Parenthèse expérimentale bizarre pendant laquelle mon meilleur souvenir reste ces moments hautement forts en émotions : quand soeur Bernadette félicitait les bons élèves en offrant une beeeelle image de la vierge marie avec auréole dorée et THE bonus: un bisou de soeur Bernadette sur le front! Yihaaa. C'était le must. Y'avait un silence incroyable dans la classe à ce moment là, car chacun savait l'importance que revêtait ce moment de remise de prix.
Et ça nous motivait, dingue isn't it ?
On était foufous dans nos têtes.
Je ne peux que dire que je suis entièrement d'accord. Mais dans la réalité, on est loin de tout ça, même il y a 14 ans quand j'entrais au collège.
Mon fils est dys et est entré en sixième cette année. Au premier trimestre, il obtient une moyenne honorable, même s'il n'y a pas de quoi sortir le champagne. Son prof de français, malgré les lacunes évidentes, a quand même demandé des encouragements au conseil de classe. Il ne l'a pas demandé pour le camarade redoublant qui obtient la même moyenne en se tournant joyeusement les pouces. Et ça me semble normal. Il ne s'agit pas de féliciter seulement les bons, en laissant les autres sur le côté. Mais de reconnaitre le travail de chacun, son mérite, ses efforts. A cet âge, c'est agréable de savoir qu'on ne travaille pas dans le vide, que quelqu'un a remarqué le travail fourni. Parce qu'effectivement, la notion de "travailler pour soi" ne leur parle pas. Et puis, nous ne pouvons pas sanctionner les mauvais comportements ou le manque de travail, sans valoriser les bons comportements et le travail bien fait (ou fait, en tout cas), ça n'aurait pas de sens. Pour le collège unique, je ne sais pas où me placer. Mes premiers pas de mère de collégien se font avec un PAI et des aménagements. Mon fils fait partie de ceux pour qui l'école s'adapte. Alors j'ai assez peu de références pour appréhender ce que serait le collège façon Princesse Soso. Par contre, je rejoins les commentaires sur la lecture. J'ai passé une année à lire des histoires aux maternelles, à leur expliquer la différence entre un conte et un imagier. Et tout ce que j'entendais c'était " ma mère, elle a pas le temps de me lire le livre de la bibliothèque". Leur seul contact avec le livre se faisait à l'école, temps bien trop court pour leur transmettre l'envie de lire vraiment, plus tard.
=> Quand je fustige le collège unique, c'est à cause des effectifs bien trop chargés avec des groupes tellement hétérogènes... Dans une classe de 27, on va avoir 2 élèves qui devraient être en IME, 3 élèves qui devraient être en SEGPA, 6 élèves qui n'ont pas le niveau et qui passent les classes bon an, mal an, 5 élèves excellents, 2 élèves méritants qui cravachent pour pallier leurs difficultés, 2 élèves dyslexiques qui ont besoin d'un suivi personnalisé et 7 élèves qui bossent plus ou moins bien qui n'ont pas de difficultés particulières mais qui ont besoin d'être cadrés.
Accueillir des élèves dyslexiques dans de petits groupes de 12 élèves avec présence très régulière d'un(e) AVI (et pas seulement 6h par semaine), groupes passerelles avec des élèves faibles qui sont à cheval entre la SEGPA et la classe-type... L'important est de réellement individualiser le parcours des élèves... mais ça demande des moyens humains que nous n'avons pas.
20/20, madame la princesse !
Il faut vous dire que j'ai fait lire les mots des parents (billet précédent) à ma belle-mère de 90 ans et ancienne institutrice. Elle pleurait de rire et de consternation...
J'ai connu cette école, celle de l'émulation et du plaisir. Celle des profs rigoureux et justes. Et avoir un cadre strict n'est pas la plus mauvaise chose pour les élèves, plutôt qu'un monde flou où tout est plus ou moins permis selon les individus, et non pas selon la règle imposée à tous.
Tout à fait d'accord ! Mais tu parles tellement bien que je ne vois pas quoi ajouter de plus...
Je suis enseignante en primaire, mais seulement depuis deux ans, et je me trouve un peu jeune pour avancer mes arguments par moi-même. Je tâtonne, j'essaie.. Par exemple pour ce qui est du travail en îlot il est effectivement efficace pour certaines matières, certains apprentissages. Mais ce n'est pas une méthode qui marche à tous les coup.
Je suis tes écrits tous les jours et je crois bien que c'est la première fois que j'ose écrire un commentaire.
Bonne dernière semaine de vacances !
Bises !
La Belge que je suis ne connaissait pas du tout cette dame. J'ai d'abord lu l'article, édifiant (il faut que je m'achète un des livres mentionnés dedans) et reprenant pas mal de choses qui ne vont pas non plus dans l'éducation belge. J'ai ensuite découvert les réactions à cet article dont tu parles et qui m'ont fait écarquiller les yeux parce que c'est pourtant plein de bon sens et de logique ce que cette femme explique, je suis étonnée de voir que des personnes pratiquant ce métier puissent réagir négativement à ces remarques.
Bref, merci pour ce billet (et pour me faire sentir moins seule dans mes prises de position ^_^).
Nan mais sérieux, même les collègues parlent et écrivent comme des pieds, maintenant. Cf. Mon nouveau collègue de svt frais émoulu nous gratifie de ses "je sais même pas c'est qui."
Donc oui à l'école 2.0 mais avec des collègues mieux formés aussi.
Sinon, comme d'hab, excellent article. Chapôba.
Les deux billets, celui de Natacha Polony et le tien sont autant fascinants qu'ils sont révoltants.
Celui de N.P., d'abord, est un cours magistrale ( et sublime) d'histoire et d'éducation depuis 1940. J'ai enfin saisi de qui j'étais l'héritier : de cette génération qui "a fait Mai 68" et qui s'est affranchie, qui a conquis sa liberté au prix de pavés jetés dans la mare (et dans les vitrines). Et j'ai gardé quelque trait de cet héritage comme le "moi" que l'on veut imposer (Freud y étant aussi pour beaucoup, je le hais). C'est exactement ce que Levi-Strauss explique dans Race et Histoire, il me semble, quand il dit que lorsque les colons espagnols ont imposé aux indigènes leur civilisation ils ont en réalité conduit à la destruction de la civilisation indigène ; et aussi que, lorsque dans la Déclaration des Droits de l'Homme il est reconnu que tous sont égaux en droit et en devoir nous en arrivons là-aussi à nier ce qu'il peut y avoir de différent chez l'autre. Et notre époque n'aime pas la différence : les deux billets le montrent déjà pour ce qui est de l'éducation mais regardons autour : notre/nos société(s) tendent à produire des mêmes; et plus des différents ; ont été érigés en puissance les systèmes qui partent de l'égalité pour produire des individus qui vont rentrer parfaitement dans le moule. Liberté et égalité sont les bases de notre société.
Nous prenons le problème à l'envers.
L'égalité et la liberté que nous croyons avoir ne sont que des ersatz bien bancals. Affolés par ces systèmes de récompenses nos parents de Mai 68 ont voulu les abolir. Le problème est que ces systèmes n'avaient pas révélé ce qu'ils avaient de meilleur en eux : ils ont finalement récompensé les plus valeureux pour oublier les plus démunis. C'est compréhensible et justifier de s'en prendre à un tel système. De la même manière, il est parfaitement normal de considérer l'égalité et la liberté pour tous. Mais cela doit être une fin, non une base. Sinon comment savoir que l'on juge bien ? C'est le renversement des valeurs dangereux dont parle N.P. En inversant nos systèmes, nous conduisons le système lui-même à sa perte, et nous avec.
Quand, à 16 ans j'entendais mes camarades dirent que nous étions une génération sacrifiée, qui n'avait rien et n'aurait rien, j'étais juste atterré. Sacrifiée ? Rien ? Mais de quoi ? Quel sacrifice ? Par rapport à quoi ? Nos parents ont gagné LEUR liberté, nous l'avons prise pour acquise et nous serions sacrifiés ? Au contraire, on a finalement la chance de partir de rien. Ou de tout, ça revient au même. Nous baignons dans un bouillon de culture duquel nous pouvons tirer le plus profitable pour notre présent, et l'avenir. Les deux ne doivent pas être négligés et aujourd'hui on privilégie bien trop l'instantané à la durée.
C'est comme ceux qui rejette la démocratie alors qu'elle n'a pas pu livrer ce qu'elle a de meilleure. Elle n'a pas eu le temps d'exprimer sa puissance. En remettant les choses dans leur contexte on comprendrait bien que si la démocratie contemporaine s'apparente plus à une "tyrannie des imbéciles" elle n'est en aucun à rejeter pour les siècles à venir mais juste à transformer pour qu'enfin on puisse exprimer nos libertés, nos égalités. Bref, nos voix. C'est le propos soutenu par Edgar Morin, d'ailleurs.
Bref, même si je ne partage pas l'opinion politique de N.P., j'ai comme elle rejoint un parti (idéologiquement parlant, je n'ai pas payé ni rien) parce qu'il proposait une ligne politique cohérente et réfléchie qui correspondait autant aux valeurs que j'ai que celle que je respecte et tolère. Il y a du bon à prendre partout. Il faut juste être capable de reconnaître ce "bon", c'est le rôle que devrait assumer l'éducation nationale si elle ne l'avait pas abandonnée au profit d'une technocratie costard-cravate qui n'y connait rien. Sinon, c'est se plaindre dans le vide, comme ceux qui criaient "génération sacrifiée".
Je terminerai sur un fait qui me semble prometteur : les philosophes sont de plus en plus sollicités dans les entreprises ; ils ont pour mission d'harmoniser les différents corps au sein d'une même entreprise et ils signent un retour à la pensée, aux concepts (les idées premières) qui sont utiles aux ouvriers de toute catégorie.
Rien à ajouter. Tout est dit. Et quand certains collègues traitent Natacha Polony de facho... ben je me revendique facho comme elle (malgré mon t-shirt Sex Pistols^^), parce que je voudrais que l'école soit encore un lieu où on sauve des vies, à tous les sens du terme: elle m'a donné tout ce dont j'avais besoin (et surtout le désir de m'en sortir, et l'estime de moi).
Donc, oui, idéalement, je voudrais rendre aux élèves ce qui m'a été donné... mais c'est de plus en plus difficile, et j'ai de plus en plus l'impression qu'on voudrait nous réduire, nous autres profs, à l'état de "gentils animateurs" préposés à la surveillance des troupeaux.
Des textes comme celui de Natacha Polony sont nécessaires... encore faudrait-il qu'on accepte de les entendre (et qu'on ait le courage, bon sang de bon sang, de ruer dans les brancards!)
Il ne faut pas oublier que vous et moi avions jusqu'à 8h de français par semaine, c'est à dire tous les jours. Aujourd'hui en bac pro (souvent des élèves en grandes difficultés) nous en sommes à 4h30 pour le français ET l'histoire géographie.
En même temps je ne connais aucun élève capable de tenir aujourd'hui autant d'heures avec le même prof pour la même discipline...
Bref, nous en sommes à la quadrature du cercle...
J'ai connu un instit qui a donné des coups de pied au c* d'un élève, non seulement il a rien dit le soir en rentrant à ses parents mais nous non plus. C'était pas normal, heureusement cela n'est arrivé qu'une seule fois. Le même m'a donné des clés pour réussir qui me servent encore même si j'ai depuis longtemps quitté le giron de l'éducation nationale.
Le collège des années 90 que j'ai connu était selon certains de mes profs le pire et nous n'étions que des délinquants. Ils sont à la retraite pour la majorité depuis des années, je me demande ce qu'il feraient maintenant. On était déjà dans des classes hétérogènes mais j'ai l'impression que c'était juste un peu mieux.
En tous cas merci de me faire rire des problèmes de l'école, moi qui ne suis ni prof ni parent d'élève.
Aurais-je loupé un post où tu indiques où tu t'approvisionnes en glitters et autres goodies pour tes élèves ? Je serai intéressée car la Foirefouille du Trifouilli-les-Oies de par chez moi n'est pas très achalandé.
Beaucoup, beaucoup de points auxquels j'adhère dans ton post même si mon expérience est différente avec mes CM2. Mes pré-collégiens ^^ eux aussi aiment les petites récompenses comme celles peuplant les bons souvenirs scolaires de notre enfance. Depuis la carte de "Champion de copie" (avec tampon débile pour notifier) j'ai beaucoup moins de fautes dans les cahiers. Sans compter mes autres initiatives.
Tu sais, il n'y a de cela que quelques années, je passais pour une vieille bique préhistorique (antiqus goaticus) car je continuais à vouloir faire des dictées de toutes sortes dans ma classe alors que c'est bien connu, il suffit de lire pour savoir écrire. Tu me mets un bouquin de russe dans les mains et je te parie que, même si j'apprends à déchiffrer, écrire un simple mot d'excuse pour éviter le goulag me sera totalement impossible.
Les apprentissages systématiques étaient bannis. On en voit maintenant le résultat jusqu'en fac. Donc, si les élèves sont atteints de pandémie dysorthotypographique, il ne faut guère aller chercher plus loin. Sans compter que passer le grillage du collège (voui, c'est tout ce qui nous sépare dans mon école), les textes zozofficiels ne donnent vraiment pas les moyens de parfaire l'apprentissage des techniques de la langue (manque cruel d'heures). Au lieu d'apprendre à rédiger un dossier pour monter une OPA, il ferait mieux de savoir écrire la liste de commissions (au supermarché, pas celles de Bourse) sans erreurs, ainsi qu'un texte narratif, voire une rédaction.
Se faire plaisir à lire, c'est comme tout, ça s'apprend : apprendre à choisir un livre, apprendre à ne pas le lire en entier si vraiment non, Le pavillon des cancéreux à 10 ans, ça ne le fait pas (je connais une exception), apprendre à se laisser envahir par un livre au point d'en oublier tout le reste, y compris la classe et la maîtresse qui râle (ma menace ultime est très vite de priver de livre un élève... mais je n'y arrive pas ! C'est grave docteur ?) et seulement après, apprendre à travailler dessus (cette année pour la première lecture suivie de HP1... et dire qu'on a loupé la classe transplantée en Ecosse !)
La première violence, la première injure, méconnaissance faite aux enfants qui ne sont pas dans le moule (quelle qu'en soit la raison) est balancée par le Sinistère qui est en véritable situation de déni vis à vis d'eux. J'ai des amies profs au Québec et même si tout n'est pas rose là-bas, j'y demande régulièrement l'asile pédagogique (non, pas la Verrière !). Exemple : là-bas, tu as des classes passerelles. Certains iront dans ces classes pour faire l'équivalent de la 6°-5° en trois ans avec les mêmes profs qui vont les suivre durant ce temps, en effectifs allégés. Et si tu as plus d'un enfant dys ou avec handicap, tu as un éducateur à plein temps ou mi-temps avec toi (sans compter des soussous en plus sur ta paie si tu as beaucoup d'élèves en difficulté)... Bref, j'arrête de te faire rêver.
Je vais plutôt aller lire ton lien.
=> pour les goodies et autres stickers, je m'alimente sur www.superstickers.com (frais de port gratuits, envoi rapide et qualité du matos)
Quelle bande de cons ces parents. Je ne ferai jamais professeur, j'aurai autant envie de claquer les élèves que les parents. Je vous respecte d'exercer ce métier. Vous avez du cran. Il en faut de nos jours pour être professeur !
YOUPI, YOUPI, j'aimerais avoir 1000 mais pour t'applaudir (ainsi que Natacha Polony !!!)
J'ai hoché la tête de partout, j'ai opiné à chaque fin de phrase, je suis d'accord sur TOUT.
Je vais pas reprendre ce que t'as dit, ça serait de la paraphrase pour rien.
Juste dire que, j'aimais lire, et que je ne sais pas si j'étais une exception, peut-être un peu, mais en tous cas je n'ai jamais considéré, et qu'on ne vienne surtout jamais me dire ça, que c'était une perte de temps (je lisais des romans oui).
Aujourd'hui j'ai un peu moins le temps, et je me laisse aussi absorber par la facilité de twitter et des articles de blog (pan, elle était facile celle-là), et je le regrette.
Une autre phrase de N. Polony m'a marquée, et pour moi c'est celle-ci qu'il faudrait mettre sur le fronton de l'école et s'échiner à expliquer aux élèves (j'adore la distinction enfant/élève, très bien dit) et à leurs parents :
"Mais l’école n’est pas un lieu d’exercice de la liberté. C’est un lieu d’apprentissage de la liberté, ce qui n’est pas pareil !"
On est libre du moment qu'il y a des contraintes quelque part, on est libre parce qu'on sait (en se le représentant, parce qu'on l'a appris) ce que c'est de ne pas l'être.
Au final, avec les moyens de communication que l'on a aujourd'hui, la société tant évoluée soit-elle, on n'a toujours pas atteint l'école 2.0 dont tu parles.
Ta description me semble la continuation logique de ce que nos grands-parents, puis parents, puis nous, avons connu, c'est-à-dire avoir du recul pour savoir transmettre aux jeunes et leur permettre de venir à l'école avec un objectif d'apprentissage, si minime soit-il.
Malheureusement, on sombre aujourd'hui dans la bêtise collective, et si je suis heureuse d'être maman d'une petite fille, son avenir me fait parfois me tordre le coin de la bouche d'inquiétude.
Merci pour ce billet.
Je suis, comme d'habitude, d'accord avec tout ce que tu dis, à une exception près : La violence ne résout rien...
Je n'ai jamais été un élève chiant. Je ne posais aucun problème à mes professeurs, qui m'aimaient tous ou presque. J'avais de bonnes notes.
Avec les autres élèves par contre....J'ai eu des problèmes de ma 6ème à ma 3ème. De gros problèmes, dont certains se sont finis au commissariat pour porter plainte. Pourtant, j'ai toujours fait comme les adultes me disaient. La violence ne résout rien. Va le dire à un adulte. Laisse les faire, ils vont finir par se lasser. J'ai même essayé de prendre chaque élève à part pour leur faire comprendre que leurs insultes étaient blessantes. BULLSHIT!!! Les différents CPE/Proviseurs/Pions/Profs (et encore, c'étaient les plus concernés) à qui j'ai pu parler de mes problèmes n'ont rien fait, ont convoqué les élèves qui me harcelaient pour leur donner une petite dissertation à base de "Pourquoi c'est pas bien de faire chier tes petits camarades" qu'ils ne ramassaient même pas, voir empiraient le problème (Oua, vazy lotr batar ka parlez o prauf!)...
Bizarrement, c'est quand j'ai été tellement écœuré et atterré de me faire brutaliser sans cesse et que j'ai commencé à coller des coups qu'on a arrêté de m'emmerder. Je me rappelle même avoir vécu une situation semblable à Enzo/Kélyan, ou j'ai aussi cogné sur le petit c.. qui m'insultait, moi, ma mère, mes trisaïeux au 8° degré par la fesse gauche de ma cousine et mon chien, que tout s'est arrêté. (Tiens, ça fait mal, c'est tout de suite moins drôle de s'en prendre à lui).
Alors oui, comme les parents de Kélyan, j'apprendrais à mes enfants que s'ils se font insulter/brutaliser par des imbéciles qui se croient plus forts parce que plus gros/bêtes/méchants, ils peuvent riposter par la violence sans chercher à passer par des adultes, et que peut importe les conséquences de l'école, je les défendrais.
Parce que tant que personne dans les établissements scolaires ne feront rien de concret pour raisonner les petites brutes qui martyrisent des centaines d'élèves, la violence sera la meilleure solution.
PS : Au Québec, où je vis maintenant, nous avons eu récemment un suicide d'une jeune fille de 15 ans, harcelée en classe par ses "camarades".
http://tempsreel.nouvelobs.com/vu-s...
=> Je comprends tout à fait ton point de vue... et c'est effectivement la seule solution quand les adultes ne sont pas là pour te protéger et améliorer la situation. Lorsqu'un élève vient me dire qu'on l'insulte ou que machin l'a poussé, JAMAIS, je ne l'envoie balader genre "oh c'est pas grave hein, y a pas mort d'homme". On discute histoire de voir si c'est un incident isolé ou si c'est quelque chose de récurrent... et très régulièrement, je convoque certains élèves pour les informer que si j'entends encore une seule fois parler d'eux en matière de "bullying", ça va sacrément craindre pour leur matricule... On a de la prévention contre le racket mais nous n'avons pas de prévention contre le "bullying" (je trouve qu'il n'y a pas de traduction parfaite pour cet excellent terme anglais)... Outre-Manche, les campagnes contre ce genre de harcèlement sont percutantes et en 4ème, je fais toujours une séquence là-dessus ;)
"... tous les parents d'élèves ne sont pas de sombres abrutis couvrant leur enfant à la moindre bévue " hum pas tous... mais la plupart !!!! Dans l'école privée catho ou je travaille, Petit Prince et Petite Princesse ou tout les droits... ou presque...
"J'aime à répéter à chaque parent et à chacun de mes élèves..." j'aime aussi à le répéter mais ils n'aiment pas du tout l'entendre, bizarre non ??? Sans doute parce que je ne suis qu'une "Asem-Surveillante" avec juste un cap petite enfance...
Devant des parents ingénieurs ou médecins qui se la pètent grave ma parole n'a aucun poids... ils me le font bien sentir... déjà que celle de l'instit n'en a pas beaucoup...
Un exemple :
J'ai dû me battre pour que les parents ne rentrent pas pendant l'étude surveillée... Je les oblige à attendre à la porte... Ainsi MON ETUDE A MOI n'est plus le salon de thé ou l'on cause... et ou mes oreilles en entendaient... purée pauvres instits (qu'est ce qu'ils prennent)... Comme je suis très têtue et limite mal élevée, j'ai réussi à "dresser" les parents... J'en un encore un ou deux qui me pose problème mais je les aurai(aient) j'hésite (pardon pour l'orthographe), foi d'Allye !!!
Et à contrario, quand ça les arrange et qu'ils veulent quelque chose de moi ils sont charmants... Pas dupe, je garde les sourire et les renvoient vers la Directrice (que tous les parents détestent et qui pourtant ne fait que son travail).
Voilà... Tu sais j'en ferai bien un blog de mon travail-que-j'aime, mais bcp ce sont fait virer pour moins que ça... alors je me retiens... mais c'est duuuur....
Aller je file, ma Petite Parlote répète en boucle : maman je m'ennuie.... en enfant vilainement délaissée par sa moman acrro à internet.
Bonne journée
et j'aime tjrs autant tes écrits...
Ps :
heuh... J'adore mon job, les gamins et je déteste les parents.. c'est normal docteur ??? lol
Je rejoins tout à fait ce qui se dit ici, que ce soit dans ton article ou dans les commentaires ! Depuis que je sais lire, je passe ma vie dans les bouquins, et je suis certaine que ça a sauvé ma vie au niveau du français. Quand je voyais l'année dernière en 3e année de Licence d'arts plastiques quand certains élèves n'étaient pas foutus d'écrire correctement alors qu'il fallait lire du Freud et compagnie, et bien je rigolais pas mal... Parce que du coup, ils ne savaient pas écrire, et par manque de lecture, n'étaient pas foutus de comprendre ce qu'on nous donnait à lire et à analyser... Maintenant que je me retrouve en 1ere année à l'IFSI (infirmière) avec des gens qui viennent d'avoir le bac... C'est encore pire la manière dont je me marre chaque jours ! Je n'ai que 21 ans, mais alors franchement des fois j'ai peur...
Du coup je fais ce que je peux à ma manière et encourage mes nièces à lire (et des beaux livres offerts aux anniversaires et à Noël !) pour qu'elles s'y fassent et qu'elle y prennent plaisir. Et ça marche ! Ouf, deux âmes sauvées ! Enfin bref, je te kiffe princesse Soso t'es trop la best !
Tout à fait d'accord avec ce que j'ai lu sur ces 2 posts ce matin! Je trouve dommage d'être si jeune, de débuter dans le métier, et d'être déjà si désabusée et fataliste sur le système et le cadre dans lesquels j'évolue! Il y aurait beaucoup à changer.
Comme Nadège, qui est maman d'un dys (comm 9), je trouve ça génial de mettre en place des PAI, qui permettent à l'équipe des profs de s'adapter et de mettre des choses en place pour aider ces élèves, surtout quand ils sont très volontaires. Je suis moi-même prof principale dans une classe où 2 élèves sont concernés par ce type de système, mais je suis d'accord avec Princesse Soso pour dire qu'ils mériteraient plutot d'etre dans des établissements/classes spécifiques. Tout comme ceux qui ont accumulé trop de lacunes. Nous avons tellements de profils différents et par conséquent pleins d'adaptations à faire et à mettre en place pour aider chacun, qu'au final on est submergé et on essaye juste de composer avec tout ça et de limiter la casse. Je regrette souvent de ne pouvoir faire mieux mais je n'ai pas le temps, ni les compétences, ni le matériel pour satisfaire tous ces élèves. Alors, oui à une école qui prendrait en compte les profils personnels mais hélas, toutes les décisions qui sont prises en matière d'éducation sont prises à des fins économiques, alors je doute qu'on en vienne bientôt à un mieux...
=> Comme toi, je suis arrivée blindée et limite désabusée me disant que j'apporterai quoiqu'il arrive ma petite pierre à l'édifist-fucking de l'EN...
Je n'avais que peu d'illusions mais j'ai tout de même été sidérée par le niveau faible de certains et le manque d'éducation d'autres...
Je suis persuadée qu'avec des effectifs adaptés, genre des groupes de 18/20 max pour des élèves relativement autonomes et des groupes plus réduits pour des élèves nécessitant un cadrage particulier... on ferait des miracles. L'école deviendrait un vrai lieu de progression et plus une garderie où parquer certains élèves en attendant qu'ils aient l'âge d'aller bosser...
Question 1 : Quelle entreprise française a aujourd'hui intérêt à employer un illettré ?
Question 2 : Comment peut-on fustiger l'individuel contre le collectif (N. Polony) à longueur de texte tout en reconnaissant la nécessité de s'isoler pour lire ou celle de savoir travailler seul pour travailler en groupe.
Le fond est extrêmement intéressant mais il me semble que certaines contradictions persistent par habitude ou par dogmatisme.
Enfin, on n'en est pas non plus à fignoler les détails tant il y aurait à faire, mais certaines oppositions artificielles sont irritantes.
=> Question 1 : Quelle entreprise française a aujourd'hui intérêt à employer un illettré ?
Blague à part, quand on voit le communiqué bourré de fautes et le site de l'Elysée avec des coquilles et des erreurs d'orthographe et de syntaxe... De plus en plus, je vois dans les sous-titres à la télé, les bandeaux des journaux télé des erreurs...
Bah... l'Élysée
=> Quant à la question 2, je ne comprends pas où il y a contradiction dans la mesure où il n'y a rien à comparer... La société devient individualiste d'un côté et de l'autre, le collectif bouffe la scolarité de beaucoup d'enfants... C'est l'excès qui est dénoncé : excès d'individualisme et excès de travail collectif. Tout est question d'équilibre d'un sens comme dans l'autre.
Bonjour Princesse,
je n'interviens pas souvent même si je te lis beaucoup. Et je trouve ce billet passionnant. Tout ce que tu dis me fait frémir pour mes mioches à venir, et me conforte dans l'idée que mes parents ont fait de bons choix éducatifs pour nous, que j'espère reproduire du mieux possible quand le moment sera venu.
J'ai le sentiment que notre génération de trentenaires se compose principalement de deux catégories : les gros laxistes flemmards et les nostalgiques d'une autorité fantasmée, qui ferait marcher les gosses à la baguette. Entre les deux, naviguent un certain nombre de gens comme moi, qui essaient de trouver le juste milieu en espérant faire ce qu'il faut. Les premiers ne poussent jamais leurs gosses à faire un effort intellectuel, en tous cas pas plus que "DS ou WII" ou "vernis rose à paillettes ou bleu fluo". Résultat, à la première difficulté, les mômes sont découragés et baissent les bras. Les seconds poussent sans cesse, en gueulant, en menaçant de punir, en faisant des reproches, sans accepter le fait que parfois, les petits ont aussi besoin de glander ou de se livrer à des activités purement débiles, pour faire naître de leur ennui une activité constructive, ou relâcher la pression accumulée par l'école, les devoirs, le centre de loisirs, les compétitions de judo etc... Résultat, les mômes intègrent très rapidement que lecture = contrainte, voire que culture = torture.
Cet état de fait est souvent encore aggravé par les familles monoparentales ou recomposées, où les parents culpabilisent de leur séparation et passent tout aux enfants pour se faire pardonner, et où les enfants peuvent se retrouver pris en permanence entre deux feux, ceux de deux éducations radicalement différentes. Comment ces pauvres mouflets peuvent-ils acquérir des bases de vie saines, et apprendre à se comporter en société dans de telles conditions ? J'ai l'impression que la génération sacrifiée dont parlait Nefer, ce sont ces enfants-là, et ça m'effraie pas mal, parce que je me demande bien quelle société ils vont créer dans une vingtaine d'années.
Pour ajouter une petite conclusion optimiste... Je suis la belle-mère d'une petite fille de sept ans, odieuse marâtre que je suis, je l'oblige à manger un fruit par jour et à lire régulièrement. Sa mère appartient à la première catégorie de parents, il est donc parfois compliqué de faire comprendre gentiment à cette enfant que le short à paillettes et le vernis à ongles rouge pute pour aller à l'école, je ne trouve pas ça adapté. Son père appartient à la deuxième catégorie, et c'est à lui que j'ai parfois du mal à faire comprendre que le vernis doré sur les ongles de pieds quand on a de belles sandales dorées toutes neuves que Mamie a achetées en plein mois de juillet... c'est pas grave, et c'est normal d'en avoir envie parce que Hannah Montana et les petites filles de Grand Galop en ont aussi.
Bien sûr, cette petite fille (appelons-la Mikeline) ne lit jamais chez sa maman. Ou alors vite fait, le livre de lecture que la maîtresse a dit de lire, ou bien des textes imbitables sur la Révolution Française, auxquels elle ne bite rien, et bien sûr personne ne l'interroge l'air de rien sur ses leçons pour voir si elle a tout compris. Attends, déjà qu'elle déchiffre les mots, la pauvre, on va pas en plus vérifier qu'elle connaît leur sens ! Et puis bon, elle est incapable de restituer les grandes lignes d'un film qu'elle vient de voir, mais c'est pas grave, il faut la laisser, elle est fatiguée. Chez Papa, psychorigide bonjour, il FAUT lire. Et si on ne lit pas, on est menacée d'être punie, genre privée de DS ou de télé. Ah ben oui, la lecture c'est l'obligation pour laquelle on se fait crier dessus, et le plaisir dont on te prive, c'est les jeux vidéos à la con ou les dessins animés du niveau Bob l’Éponge, bien gueulards, bien crétins.
Alors moi, odieuse marâtre, j'en ai eu marre. Et j'ai téléphoné à ma Maman, qui bien que n'étant ni prof ni instit, est la dame qui m'a appris à lire pendant les grandes vacances juste après la grande section de maternelle, parce qu'elle ne voulait pas qu'on m'impose la méthode globale. Et cette personne extraordinaire (cordon ombilical forever) m'a dit : "Ben c'est pas compliqué ma Pépette, il me reste environ 47 Monsieur et Madame de quand vous étiez petits à la maison, viens les chercher." J'ai laissé traîner négligemment les Monsieur et Madame en question dans le salon, en imposant (quand même... fasciste !) la lecture d'un par jour, pour pouvoir ensuite le raconter à Papa. Comme de bien entendu, Mikeline a commencé par faire la gueule et réclamer sa DS, alors j'ai rigolé et je lui ai répondu que pendant les vacances, la DS c'était une heure le matin, une heure l'après-midi, et que le reste du temps on ferait autre chose. Et que oui, lire des livres ferait partie des autres choses, et que c'était comme ça. Re-tirage de gueule, auquel j'ai objecté, toujours en rigolant "bon, maintenant on se connaît, tu sais que je suis Madame Têtue et que je vais pas te lâcher avec ça, donc tu as le choix : soit on lit ensemble, tu me racontes, je t'explique ce que tu ne comprends pas, et après on raconte à Papa et tout le monde s'amuse bien, soit tu fais la tête, et tu lis toute seule, et je t'explique ce que tu ne comprends pas et tu racontes quand même à Papa, mais toute seule et en faisant la tête. Qu'est-ce que tu préfères ?"
Mikeline a un peu pfffté pour la forme, et puis elle a choisi Madame Beauté, puis Madame Follette, puis Monsieur Nigaud, en faisant de moins en moins la gueule, et j'ai du lui tirer les vers du nez pour qu'elle raconte la première histoire à Papa et puis les suivantes sont allées de mieux en mieux. Hier soir, dernier jour de vacances avec son père, elle a demandé à regarder les informations pour savoir s'il s'était passé quelque chose d'important dans le monde et elle m'a demandé ce que c'était que cette histoire de dames à qui on mettait des faux nénés qui les rendaient malades. Et me voyant plongée dans Shining au moins 30 minutes par jour, elle m'a demandé ce que ça racontait, s'il y avait des images et si elle pourrait le lire quand elle serait plus grande.
Je ne me fais pas d'illusions. Je sais qu'une fois Mikeline rentrée chez sa mère, il va y avoir gros relâchement et que les trois quarts du boulot seront à refaire la prochaine fois. Je sais aussi que si j'avais un métier plus prenant et/ou une ou deux Mikelines à moi, j'aurais moins de temps et de disponibilité intellectuelle pour m'occuper de ces trucs-là. Mais putain, qu'est-ce que c'est bon de voir un mioche rendu un peu bêtassou par une éducation débile se mettre à s'intéresser à des choses intelligentes et choper le réflexe de demander qu'on lui explique quand il ou elle ne comprend pas... Et c'est pas si compliqué finalement. Ça demande juste un peu de fermeté, beaucoup de patience et surtout de la bienveillance.
(j'hésite à ajouter "et la bite à Papa par paquets de douze", mais j'ai peur de casser l'ambiance :D )
=> T'es trop une belle-mère choupi toi ♥ Les Monsieur Madame c'est LA VIE !
J'ai lu avec attention l'article du blog du Figaro et ton article dans la foulée...
Je n'aurais vraiment pas dit mieux (d'ailleurs ça a fini sur mon mur FesseBouc, histoire que mes camarades non-enseignants = qui me prennent toujours pour une "réac" comprennent un peu que je ne suis pas la seule à penser de cette façon).
Je suis restée scotchée sur les définitions de "respect" qui se mérite et qui n'est pas un dû. J'ai eu l'impression de m'entendre parfois en cours quand un élève me répond que "je ne lui parle pas avec respect", ce qui a le don de me faire sortir de mes gonds...
Je suis aussi parfaitement d'accord avec l'histoire des "temps longs" à ménager. Ne pas chercher à "occuper" les gamins avec des activités différentes toutes les 10min parce qu'il ne faut surtout pas qu'ils s'ennuient...
Et que dire de l'acquisition des compétences ? De l'oubli de l'apprentissage du "savoir" au profit de celui des "savoir-faire" et "savoir-être" ?
Que de bonnes choses à méditer.
Notre école est en effet un outil que je continue à croire formidable et tout à fait en mesure de répondre aux besoins de chacun. Il faudrait juste qu'on la remette sur les rails qui lui conviennent, à savoir ceux de l'éducation, de l'enseignement, et non ceux de "la bonne employabilité"...
Oui mais quel vernis à ongle devra t on mettre le soir du réveillon?
Merci pour cet excellent article!
Comme quoi je n'était pas fou en étant d'accord avec un blog du figaro :D
A mon avis, beaucoup de gens ont hérité d'une vision déformée/injuste de la réalité où leur responsabilité n'existe plus; tout est de la faute :
- des autres (inclure voisins, étrangers, aliens et autres)
- de l'état
- <insert anything but myself>
Dans le "processus éducatif", on a l'élève, la famille, l'école (système éducatif).
- Le tout premier acteur, c'est l'élève.
Premier concerné, réalisateur majeur et bénéficiaire, il a une responsabilité première.
Oui, on peut être un enfant et avoir des responsabilités. D'ailleurs, l'éducation (latin ex-ducere) est l'action de "guider hors de", en l’occurrence de guider l'enfant hors de l'irresponsabilité pour l'enrichir et le mener à un état responsable, indépendant et mature.
Je suis totalement contre cette vision, très répandue, où l'enfant doit aller à l'école, ouvrir la bouche et recevoir le gavage de l'éducation nationale.
- Le deuxième acteur, c'est la famille.
Fournissant le contexte et l'amour (incluant valeurs et règles de vie) dans lequel l'enfant a les meilleurs conditions pour s'épanouir.
C'est la famille qui a la responsabilité la plus importante quand au développement des capacités de l'enfant.
Je ne m'étendrais pas plus, on se comprend :D
- le troisième acteur est donc l'école
Qui, à mon sens, doit proposer à la fois un suivi INDIVIDUEL pour s'adapter aux capacités (et difficultés) de chaque enfant et un cadre COLLECTIF (quelqu'un a dit républicain?) dans lequel les enfants doivent se conformer
Arbitrairement, et parce que j'aime les %, l'éducation repose à 45% sur la famille, 35% sur l'enfant et 20% sur l'école.
++!
Hello Princesse Soso!
Moi j'ai toujours aimé lire (ce qui fait qu'aujourd'hui je suis la star de l'orthographe), mon frère un peu moins, ma soeur énormément (pire que moi) mais il n'y a pas de secret : les parents ont refusé d'avoir la télévision à la maison pendant les 20 premières années de leur mariage. Maintenant j'ai 24 ans, mon frère 19 et ma soeurette 15, on n'est pas restés à l'âge de pierre, hein! (PC, télévision, wii, portables... On est bien équipés) et c'est vrai que quand j'étais au collège j'étais décalée et que même aujourd'hui, ya tout un morceau de "culture" qui me manque par rapport aux gens de mon âge (le club Dorothé? Qu'est-ce donc?) mais au moins je me dis que mes parents se sont bien facilité la tâche et qu'ils ont eu raison...
C'est déjà suffisamment éprouvant comme ça d'élever correctement un enfant, il faut savoir reconnaître et dégager vite fait ce qui te complique le boulot...
Je ne comprend pas pourquoi tes parents d'élèves teubés ne comprennent pas ça...
ça me fait un peu peur, en fait, ce blog! (avant il me faisait surtout rire, mais là j'ai peur de ce à quoi seront confrontés mes enfants, quand j'en aurai, hein..lol)
Bises,
C.
J'suis ben d'accord avec toi... Quand j'entends qu'il ne faut plus corriger en rouge parce que ça traumatise les pauvres petits choux, j'ai envie de sortir une Kalachnikov (il parait que t'en trouves pour pas cher à Marseille) et de tirer dans le tas de nos superbes penseurs et autres pédopsychiatres pour qui prononcer "réferentiel bondissant aléatoire" est le plus gros kiff; ces mêmes personnes qui n'ont probablement pas vu de classes d'élèves depuis 35 ans et qui partent du principe que la rigueur ou l'autorité sont des concepts inventés par le Malin.
Courage Princesse, je crois que le corps enseignant n'a pas fini de rigoler dans les décades qui s'annoncent... à moins que les Mayas aient raison et que 2012 ne règle définitivement le problème?
Je suis totalement d'accord avec cet article. Je fais partie de la génération 90 qui marchait encore un minimum avec les punitions, instits qui faisaient peur etc et quand je vois les élèves d'aujourd'hui... j'ai très peur pour ma probable progéniture! Rien qu'à voir la fille de mon petit ami, je me pose des questions. 9 ans, ne sait pas conjuguer un verbe au présent, ignore totalement l'existence du subjonctif, sait à peine lire et écrire au point de faire des fautes à ses nom et prénom et... a eu 17 de moyenne en français au 1er trimestre. Le monde à l'envers et perte de crédibilité des parents qui essaient de lui faire comprendre qu'elle doit faire des efforts.
Je crois effectivement que le suivi individuel des élèves manque cruellement et comment faire comprendre à un enfant qu'il doit travailler s'il obtient de bons résultats en ne faisant rien. Il est tout à fait normal de vouloir faire évoluer les techniques d'enseignement en introduisant de nouvelles méthodes mais si, à côté de ça, on perd les valeurs essentielles de l'école/du collège, je ne suis pas sûre que l'équilibre soit bon!
Bravo pour ton courage car, même s'il doit y avoir de très bons moments, être professeur ne doit pas être facile tous les jours!
Bon, au risque de dénoter un peu, il y a au moins un point sur lequel je ne suis pas d'accord, c'est sur cette idée que l'école n'a plus pour but que de former de parfaits salariés.
Pour reprendre la question d'un commentaire plus haut, quelle entreprise a intérêt à employer quelqu'un qui ne sait pas écrire ?
Pour un de mes amis DRH, c'est même le premier critère de sélection : plus de 3 fautes et la candidature part à la poubelle.
Après, que le système éducatif doive, dans son ensemble, ne pas être, comme il l'était certainement à une époque et comme il l'est encore à certains niveaux, comme l'université, éloigné du monde de l'entreprise et de ses nécessités, c'est un minimum ...
Pour être plus précis, si la volonté des politiques depuis Allègre (cité par NP) est de faire de l'école une machine à former des salariés, alors le constat est sans appel, c'est un epic fail comme on dit de nos jours ...
Enfin, comme le relèvent les deux articles (celui de NP et le tien) ce système est avant tout inégalitaire et ne fait que renforcer lesdites inégalités, tout cela sous couvert justement d'offrir au mieux des chances égales à tous.
En effet, ma compagne et moi, nous probablement suffisamment de ressources pour :
contourner la carte scolaire,
pallier les lacunes de l'éducation nationale, avec mon coté et mon éducation de scientifique et le coté linguiste de ma compagne (qui a de bonnes chances de devenir Maitre de Conférence dans ce domaine ...)
trouver les bonnes formations, celles qui offrent des débouchés et ce, avant tout, parce qu'elles sont sélectives ...
Je te l'ai déjà dit, mais je t'<3.
Des mois et des mois que je lis ce blog et premier commentaire, il me faut du temps pour me décider... Mais là j'avais envie parce que ça fait plaisir de lire des billets comme ça de temps en temps! J'adhère totalement à la vision de l'enseignement que tu proposes ici, et c'est agréable de lire que certains profs y croient encore malgré tous les bâtons qu'on -aka l'EN pilotée par le gouvernement- leur met dans les roues pour les empêcher de faire un vrai travail de formation et les encourager à ne faire que du formatage (= niveler vers le bas).
Pour ma part j'envisage depuis petite de devenir prof mais plus j'avance dans mes études plus je doute, justement parce qu'il me semble de plus en plus évident qu'il y a un fossé énorme entre l'idéal qui me donne envie d'être prof et la réalité du métier et que j'ai peur de ne pas supporter cet écart... Alors pour l'instant je profite de mon temps sur les bancs de la fac et le moment venu je verrai si je suis assez masochiste pour aller me jeter dans la gueule de l'EN (et si j'ai encore assez d'instinct de préservation je mettrai ma bibliothèque dans une valise et j'irai élever des moutons en Ecosse).
Sinon je suis soulagée de voir que du haut de ton rang de prof d'anglais tu n'as pas non plus trouvé d'intérêt à Conrad et que tu ne méprises pas Jane Austen (je n'ai pas encore lu l'intégralité de son oeuvre mais c'est en bonne voie, pour l'instant gros coup de coeur pour Northanger Abbey, un petit bijou d'ironie). Et tu as dû t'éclater en mémoire sur Shakespeare, c'est le genre d'auteur qu'on lit et relit sans jamais se lasser parce que chaque lecture révèle de nouveaux trésors... Sans compter que Stratford-upon-Avon c'est quand même très beau, ce qui ne gâche rien!
PS: j'ai opté pour le tutoiement après avoir lu les commentaires précédents mais j'ai toujours un doute... C'est là où je réalise à quel point j'aime le "you" anglais...
=> Le tutoiement est complètement recommandé ici
L'EN est une grosse loterie... Bon courage à toi si tu décides de plonger dans la fosse aux lions ^^
Enfin la voix de la raison commence à s'élever et à se faire entendre, même si les réactions négatives qu'elle suscite tentent encore et toujours (mais en vain) de la faire taire !
J'avais l'impression de choquer tout le monde (surtout les collègues) quand je disais que non, les enfants ne sont pas tous égaux et que le collège unique est une grosse fumisterie démago qui ne fait en réalité qu'aggraver les problèmes, dévaloriser à l'extrême nos pauvres élèves qui se trainent jusqu'en 3e avec 5 de moyenne (et encore...) parce qu'ils n'ont pas le choix et que personne ne se soucie de leur devenir !
J'adore mon métier et je me bats pour redonner un peu d'innocence, d'imagination, de sens critique et d'espoir à mes élèves, même si les obstacles sont nombreux dans et hors de l'école. Je ne veux pas faire d'eux des moutons manipulables à souhait comme le voudrait l'Etat, mais de futurs citoyens capables de réfléchir, de comprendre et d'accepter les règles qui fondent la vie en communauté, de construire leur avenir en connaissance de cause.
Bref, merci de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas sans oser se dresser contre le politiquement correct qui nous étouffe.
Chère princesse soso,
J'adore quand tu abordes ces sujets là. Alors voici les réflexions que m'ont inspirées ton billet
On a d'abord un problème d'indicateurs, quand tu regardes le classement PISA, il se trouve qu'on passe pour des gros blaireaux. Les évaluations en français et maths en CE1 et CM2 ne sont vraiment pas terribles.
Après les solutions mises en place pour répondre à ces indicateurs partent de choix politiques foireux (on manque de budget, mais on veut améliorer les résultats, du coup on demande moins aux élèves). La logique des îlots résulte de cette analyse, si tu mets des élèves ensemble pour bosser, tu as moins besoin de les surveiller (ça c'est en théorie).
On a aussi un gros problème à gérer l'échec : aujourd'hui un jeune qui sort sans qualification du système scolaire, il fait quoi concrètement dans la vie ? Maintenant pour être caissière on te demande limite bac+2, cette situation est aussi délirante. Donc l'EN en tant qu'institution ne peut pas se permettre de laisser sortir les élèves du système. Quand on voit par exemple dans les académies de Versailles et de Créteil (que je connais bien) que certains élèves ont fait 20 ou 30 bahuts dans leur scolarité, normalement tu te dis que le gamin est fichu et que ça fait longtemps qu'on aurait dû le sortir du système. Mais on ne peut pas car ce n'est pas responsable de le laisser sans rien.
Donc moi, tout le discours qui va à l'encontre des politiques actuelles, et qui consiste à re-valoriser les élèves méritants et sanctionner les mauvais, je suis pour, mais il me reste la question du "qu'est-ce qu'on fait après de ces gamins ?"
Aujourd'hui la filière pro voire techno est identifiée par les familles et par les élèves eux-mêmes comme une voie de garage, on y fourre tout ce qu'on ne peut pas conduire plus loin, donc les gamins qui y vont savent aujourd'hui qu'on les envoie sur le bas-côté, c'est à dire qu'à moins d'une épiphanie pour un métier qui les passionnerait soudainement, ils vont traîner ce boulet toute leur vie, boulet qu'ils transmettront à leurs enfants, puisque si l'école ne les a pas aidés, elle n'aidera pas non plus leurs enfants.
Donc le nivellement par le haut, je veux bien mais qu'est-ce qu'on fait des autres ?
Après ce que tu mets dans ton billet à propos des familles, je suis tout à fait d'accord, l'école doit permettre de "sociabiliser" les enfants en leur apprenant les règles de vie en communauté. Après il faudrait réussir à séparer les 2 sphères comme dans d'autres secteurs (un type peut être un connard fini avec sa femme et ses gosses et être un collègue formidable au boulot, un gamin peut suivre les règles chez lui et des règles différentes à l'école), le problème vient des interférences entre les 2 mondes parce qu'au final la frontière n'est pas claire. L'éducation est faite conjointement par 2 institutions aussi puissantes symboliquement (l'école et la famille). On ne peut pas demander à un enfant de choisir laquelle des 2 institutions l'inspirera le plus dans sa vie. Ayant eu une maman prof dans un lycée pro de banlieue parisienne, je sais l'importance du rôle de l'enseignant dans l'éducation des gamins et de leur familles et en même temps, elle était la première à gueuler auprès de mes profs quand quelque chose n'allait pas.
En gros, sur ce sujet, pour moi se pose la question du rôle de l'EN : est-ce qu'on donne des connaissances dans des disciplines variées ou est-ce qu'on forme des citoyens ? Si c'est le choix 1, on revient au ministère de l'instruction et on ne se prend plus la tête avec les questions de discipline et de vie en société, on jette des polycopiés celui qui veut apprendre tant mieux, celui qui ne veut pas il dégage... En revanche, si on se décide à former des citoyens avec tout le sens critique que cela suppose, c'est tout le système scolaire qui est à revoir, parce qu'un gamin même nul en math ou en orthographe peut devenir un adulte honnête s'il est bien aiguillé...
Bon sur ce je retourne à mes suppressions de postes
Salut Princesse Soso je suis une lectrice assidue de ton blog depuis un an. Je suis encore de l'autre côté de la barrière: je suis en deuxième année de "master PLC" en lettres modernes. On a beaucoup parlé dans les médias du saccage de la formation des profs avec la disparition de l'année de stage.Pour la vivre de l'intérieur je peux dire que le saccage commence dès les deux années qui précèdent, nos cours à l'IUFM, la "formation professionnelle" est proprement ahurissante. C'est de l'endoctrinement: on nous dresse à penser "mon cours n'a pas bien marché Mea maxima culpa c'est moi qui ait merdé, punissez-moi sainte éducationnationale, Sacrosaints I.O., Inspecteurs vénérés". Et le "j'ai merdé" c'est je n'ai pas assez mis les élèves en activité, je n'ai pas bouclé l'étude du texte en une séance top chrono.... bref un concentré de ce que dénonce Natacha Polony. Et évidemment nous n'avons aucun élément concret sur " bon alors comment on fait cours à des sixièmes?". Comment nos profs d'IUFM le pourraient-ils ? Ils ont quitté le terrain il y a plus de quinze ans, pour ceux qui y sont allés ( Comment une "philosophe de l'éducation"= agrégation puis enseignenment dans le supérieur pourrait nous parler concrètement de ce qui se passe dans un colège?). Bref je crois qu'une des racines du problème est bien la formation des enseignants: il faut à la fois du concret, de la pratique et pouvoir réfléchir vraiment sur le métier en entendant diverses théories, divers points de vue, et non en présenter une, celle à la mode dans les derniers IO comme un idéal absolu, une doctrine à adopter. Par ailleurs, je confirme également la baisse du niveau. Il y a deux ans, j'étais en dernière année de Licence. La fac me payait comme tutrice pour donner des cours de soutien en grammaire et orthographe à des étudiants de première année de lettres modernes. L'année suivante, cela s'est étendu aux deuxième année. Tous ont un bac +3 en lettres et certains écrivent le passé simple "je nagea"... c'est la politique de ma toute petite fac de province: pour ne pas fermer la filière lettres alors qu'il n'y a plus que 30 étudiants par année en licence il faut une réussite de 100%...
http://www.20minutes.fr/societe/849...
"Selon la radio, l'enseignante aurait tenté d'effacer ses messages, mais a été dénoncée par un de ses collègues."
:|
Espérons que personne ne dénoncera Princesse Sosso...:/
Sinon,Polony,autant je suis d'accord avec ce qu'elle dit sur l'enseignement en général...(gros gros laxisme dans l'autorité,laissé allé des parents,ect...)
Autant en tant que mec,je n'ai pas la sensation que la "sur-représentation" féminine ,dans l'enseignement soit un problème pour les ados...
Je pense que c'est moins les enseignantes le problèmes des jeunes males pubères(que je fut) que leurs collègues de classe(les jeunes femelle pubères) de plus en plus habillées comme a un salon de l'érotisme...
Meme si j'ai eu des enseignantes qui déja a l'époque portaient le string et le cachait très mal...^^
Je suis pas favorable au retour aux collèges et lycées sexués,mais par contre,les classes mixtes durant la période 12-16 ans,je pense que c'est une CATASTROPHE...
Des classes non-mixtes dans des collèges et lycées mixtes,ça me semblerait une bonne idée,en cours,pas de soutifs ou décolletés plongeants pour t’empêcher de penser a Pythagore et ses copains...mais possibilité de se retrouver aux intercours...
Au moins une bonne partie du temps,ne pas penser aux dessous féminins,par la suite,il pourrait y avoir quelques "TPE"(ça existe encore au fait?) mixtes pour apprendre a travailler en coopération avec le sexe opposé sans penser au culbuto...
Vaut mieux qu'on s'habitue aux femmes,elles vont etres ultra-majoritaires dans la médecine et dans la profession de juge d'ici quelques années...^^ (mais ça,les féministes ne le crient pas sur tous les toits bizarrement)
Sacrée contradiction de vouloir que l'école prépare mieux les élèves au monde du travail, et prôner les récompenses pour tous. Une fois en emploi, est-ce qu'ils croient que les employeurs vont récompenser tous les employés de la même manière ?
"Ah, Martin: cette année vous êtes arrivé 32 fois en retard, et avez eu 10 absences injustifiées. De plus, nous avons perdu nos 2 plus gros clients dû au fait que vous les ayez insultés. Reprennez-vous ! Je vous augmente de EUR 2000 pour vous encourager".
"Jean: félicitations ! Nous avons gagné des parts de marché grâce à votre travail acharné et apprécié de tous. Vous ne vous contentez pas de faire le minimum requis et votre attitude positive galvanise toute l'équipe. Je vous augmente de EUR 2000 pour vous remercier!".
Il y a plus de chance que Martin soit mis dehors avant la fin de sa période d'essai !
Bonsoir,
Vous mettez à juste titre l'accent sur l'absence de goût des élèves pour la lecture : mais les élèves n'aiment pas lire car *ils ne savent pas* lire, lire de façon complètement automatisée, c'est-à-dire sans efforts. Et ils ne savent pas car, en ce qui concerne ce qui est du ressort de l'éducation nationale, l'enseignement de la lecture demeure incompréhensiblement inadapté, dès la maternelle, avec systématiquement une approche globale, qui se poursuit plus ou moins longuement au CP. Pourquoi, alors que tous les enseignants des classes ultérieures en constatent les conséquences désastreuses?
Je ne suis pas professeur et cette année, après avoir vraiment réfléchi a mon avenir, j'ai décidée de ne pas choisir le parcours de professeur... Parce que je suis d'accord avec tout ce que tu dis et ce que dis Natacha Polony mais aussi, que je sais qu'avoir une classe avec des bons élèves et des élèves qui ont plus de difficultés et d'avoir un nivellement par le bas a faire, bah, je n'y arriverais pas... (il y a tout un tas d'autres raisons mais celles-là sont les premières)
J'ai fait de l'aide aux devoirs avec des enfants en difficulté et j'ai pu voir que des enfants en difficulté sont laissés sur le carreau car l'instituteur n'a pas le temps ni les moyens de s'en occuper...
Et je pense que la méthode globale n'est pas adaptée. Je me rappelle de la méthode syllabique qui avait le mérite d'apprendre, à presque tout le monde, la lecture.
Petite anecdote : j'ai aidé à l'apprentissage de la lecture (via la méthode syllabique) d'une copine qui redoublait le CP alors que moi-même, j'étais en CE1.
Très bon article Princesse Soso !
P.S : J'aurais aimée t'avoir en professeur d'anglais <3
Rien à ajouter, je partage moi aussi ton avis et celui de tes lecteurs!
Et sinon Princesse Sosso, t'aurais une idée de goodies pour mes élèves de lycée? En fonction de la qualité des copies et surtout des efforts fournis, il m'arrive de dessiner des smileys tout sourire à côté de la note. ça fait son petit effet sur mes secondes, mais pour les terminales, pfff, je sèche.
=> Euh... Quand j'étais en lycée (ma première année), j'avais un système de tampons de couleur pour les copies (éléphant mignon pour "mouais maladroit mais pas mal", bonhomme qui sourit pour "bon travail !" et une étoile choupi pour "t'as tout déchiré youpi !) et les 2ndes aimaient bien (je n'avais pas encore découvert les stickers pailletés).
Des goodies pour lycées c'est plus chaud car forcément plus cher. La grande chance du collège est qu'ils kiffent ce qui est cheap ambiance "j'ai un goût de chiottes à 12 ans et demi" ^^
Sans déc' j'ai trouvé des mini-boules à neige avec une cabine téléphonique rouge ou un bonhomme de neige, les 5èmes étaient hystériques o_O
On trouve facilement des DVD à deux ou trois euros. Ça peut être choupi de leur faire découvrir des trucs qu'ils n'ont pas l'habitude de voir (un vieux Tim Burton qu'il ne connaisse pas, du Branagh, un Woody Allen facile d'accès pour eux (genre "Tout le monde dit I LOVE YOU"), ou des séries genre The Big Bang Theory ♥
Tu as raison (notamment sur le bacardi breezer-même si j'étais plutôt smirnoff ice), Polony a raison aussi (surtout sur ce qu'elle dit de l'outil idéal français. Notre problème c'est aussi, un peu, la dépréciation collective et individuelle de nous-mêmes, et le manque d'une ambition claire)
Oui à l'encouragement de ceux qui font des efforts! Oui à l'orthographe et à l'exigence. D'ailleurs les élèves (de lycée), si tu leur proposes des trucs faciles ils te prennent pour un c... Mieux vaut qu'ils te détestent parce que c'est trop dur.
Mais tout de même, Lord Jim (lu 4 fois) c'est génial. L'antihéros par excellence, la faute, la culpabilité,l'impossible rédemption, tout ça... (Nous avons donc passé le concours la même année). Mais je t'admire car tu sembles avoir trouvé ta voie. Moi je cherche toujours, entre I.O. et expérience, et je trouve ça difficile. Te lire aide.
=> J'ai vraiment eu du mal avec Lord Jim... surtout avec en balance Tennessee Williams et les gangsters
J'ai préféré De Quincey à Conrad... c'est te dire !
Merci beaucoup pour ton message et bon courage !
Merci pour ta rapidité Princesse Sosso! et tes idées!!! Je ne passerai plus devant les promos DVD de Super U ou Carrouf sans y jeter un oeil
Et je me dis qu'il y a partout en ce moment des objets déco et papeterie Union Jack (ou plus rarement Stars and Stripes) ça pourrait aussi être une piste...
Au plaisir de te lire!
Petite réflexion que nous avons eu dans notre établissement...
Il y a quelques années, tout élève était surdoué, ce qui expliquait d'ailleurs les mauvaises notes, ils sont trop intelligents pour nous comprendre
Aujourd'hui ils sont tous dys qqch, et le système n'est pas adapté pour leurs têtes lentes...
Bref, tous les jours j'ai un PAI dans mon casier, je pense que c'est une barrière pour justifier et tolérer les difficultés des élèves ce qui a pour conséquence de noyer les vrais dys, les vraies difficultés dans le flot des PAI. La difficulté est normal dans la majorité des cas, elle ne se justifie pas pour autant avec un PAI comme on a l'habitude de faire dernièrement.
mon fils est dis , un pur , un vrai de vrai , pas facile mais on s'en est sorti
le probléme que vous rencontrez au collége sont dus , à mon avis , à une absence de base qui auraient dûes êtres acquises en primaire.
ce n'est pas une heure par semaine d'anglais qui va degrossir les éléves , d'autant qu'ils oublient tout d'une année sur l'autre quand ce n'est pas d'un cours sur l'autre
la grammaire n'est plus enseignée , comment peut on esperer vois nos enfants construire des phrases correctes sans apprentissage de la grammaire ?
plus de dictées , il parait que ça ne servait à rien .
Ouais ! en tout cas ma génération faisait moins de fautes et nous avions des dictées et nous n'en sommes pas morts même si la majorité destestait ça.
il y a quelques années ( mon fils a 30 ans aujourd'hui ) il y avait une instit qui donnait des bons points , au bout de 10 les enfants avaient une image , avec une image ils avaient une bille , avec deux un autre cadeau et ainsi de suite jusqu'au fabuleux cadeaux un collier en argent et un baladeur. 40 images pour le collier soit 400 bons points , mon fils a travaillé presque une année pour me l'offrir. il etait trés fier d'avoir reussi.
un parent d'éléve c'etait plaint que ce n'etait pas normal de recompenser les enfants pour leur travail. elle lui a simplement demandé s'il travaillait pour rien , bien sur que non mais là c'est différent ils doivent apprendre à travailler pour eux , elle lui a appris qu'un enfant ne travaille pas pour lui mais pour faire plaisir aux parents , aux enseignants etc ...
c'etait il y a 25 ans déjà !
Bonjour,
Je ne suis pas enseignante mais une maman de deux jeunes enfants qui lit régulièrement votre blog (connu via les chroniques de Sonia) pour rigoler un peu, mais là j'avoue que ce sujet abordé de manière fine, réfléchie et intelligente vous vaut tout mon respect, c'est très exactement ce que je pense depuis de nombreuses années et ce bien avant d'être une mère inquiète pour l'avenir scolaire de ses enfants. Merci à vous (et à Natacha bien sûr) d'avoir parfaitement résumé les choses.
Violence, éducation, notes, que des sujets où il y a beaucoup à dire. Je partage ta nuance entre se défendre et se venger : bien qu'étant d'un tempérament pacifique, j'ai dès la maternelle dû appendre à ma fille la position du boxeur, histoire d'intimider ceux de ses camarades qui avaient un mode d'expression plutôt physique... Et ça a marché, ils lui ont foutu la paix ! Idem plus tard avec les joutes verbales, et les notions de base de psycho, comment les charmants gamins cherchent à trouver la faille, l'insulte qui blessera, le point sensible (lunettes, boutons, poids, etc,) et comment y répondre. Finalement , les enseignants ont raison lorsqu'ils disent que l'école c'est aussi l'apprentissage de la vie, la « sociabilisation » ! A une époque, il a été essayé une discipline appelée médiation scolaire, inspirée de programmes canadiens de lutte contre la violence, mais j'ai l'impression que c'est abandonné (?). On demandait par exemple aux élèves de décrire leurs qualités et celles de leurs camarades, histoire de verbaliser les émotions et de valoriser.
Sur le manque de soutien hiérarchique, pas d'infos, mais je confirme mon étonnement devant la tolérance de certains profs au bruit ambiant, nous étions pourtant jusqu'à 43 en terminale d'un gros lycée lambda.
Sur « l'employabilité », je suggère un papier sur les stages d'observation de 3e, vaste connerie à mon avis, hormis pour quelques rares élèves qui trouvent un stage en adéquation avec leur souhaits. Les chefs d'établissements ont pourtant toute latitude de le limiter une journée. J'en ai fait un papier
http://www.agoravox.fr/tribune-libr...
dans lequel j'ai oublié de préciser qu'on prend les élèves pour des débiles, car ils ne sont pas ignorants du monde du travail, ils ne vivent pas dans une bulle isolée, ils voient tous les jours des gens bosser : le chauffeur de leur bus, leurs profs, les caissières, le dentiste, etc.
Sur les notes, je pense que le classement et l'émulation sont possibles même sans notes (par exemple, cinq lettres, ou le système A/NA/en voie, le vieux tableau d'honneur) ; l'objectivité qu'on attribue aux notes est une vaste tromperie, jusqu'au ridicule d'un 12,75 en arts plastiques (?), pour diverses raisons, et j'indique à nouveau un de mes articles pour faire court :
http://www.agoravox.fr/tribune-libr...
Sur « le silence dans la classe », je suggère un papier sur un autre dogme actuel de la pédagogie : la participation. Je ne compte plus pour mes gosses le nombre de remarques « doit participer davantage », l'un deux a même manqué les félicitations pour cette seule raison, à son grand dam. Il me semble qu'il y a un clivage entre les profs de langue, dont la majorité sont très axés sur cette participation depuis que le dogme de la didactique des langues c'est l'oral, toujours plus d'oral (et pas dans le sens de la mère à Enzo), et les autres profs, car nombre d'autres disciplines donneraient une fortune pour avoir moins de « participation » et une classe plus paisible !
D'accord aussi pour chercher une juste mesure entre laxisme total et le cours magistral avec coups de règle en fer sur les doigts : pourquoi pas avec une règle en plastique ? (waf) A force de vouloir éviter le cours magistral, de faire découvrir à l'élève la démarche scientifique, le raisonnement , le commentaire en français, on finit par dire à l'élève d'apprendre le cours à la maison tandis qu'à l'école on fait le commentaire ou les exercices (et j'exagère à peine!)
Disons-le franchement, il y a aussi des profs qui ne savent pas gérer leur temps, de même que le niveau en français des instits n'est pas forcément celui de jadis...
Alors:
1) je découvre ton blog et j'adoooore!
2) je suis tellement complètement d'accord avec toi!
3) juste 2 mots: thank you!
=> Merci ! :)))
Le collège unique c'est :
http://weknowmemes.com/wp-content/u...
sauf que maintenant on a decouvert que l'éléphant est "dys-climbique", le poisson "dys-oxygénique", le phoque handicapé moteur et le singe un surdoué hyperactif....
Tout ce qui sort de la norme est un défaut à corriger. Heureusement avec des auxiliaires et des PAI divers et variés on apprendra surement au singe à faire la grimace.
Un jour il faudra réussir à différencier ce qui représente une difficulté que le système peut aider à compenser de ce qui est simplement une inadéquation entre le système et ce dont a besoin tel ou tel élève.
=> Merci pour cette EXCELLENTE image !!!
Je viens de lire l'entretien avec NP. je suis également d'accord avec tout, sauf à nuancer sur les notes (cf. mon précédent message) et sur le redoublement : il me semble largement confirmé qu'il est inefficace et humiliant pour l'enfant qui se sent et se sait ostracisé. Mieux vaut un passage avec un soutien réel (à organiser...), disons jusqu'au collège, ce qui ne s'oppose nullement à l'émulation, au classement et l'orientation/sélection. Au final, les trajectoires des enfants s'en trouveront peu modifiées, l'humiliation en moins.
Par ailleurs, comme un des premiers messages après son article, je peux témoigner que mes gosses ont connu au primaire plutôt du classique : récitation, fables, contes, dictées, etc., dans une école publique d'une ville de 10.000 hbts. La méthode globale et l'idéologie dont elle parle me semblent peu suivies au primaire ; pour le secondaire et le lycée, par contre, j'ai reconnu nombre de détails toujours d'actualité.
à tous ceux à qui on explique que monchérimoncoeur est dysquelquechose, voici la réponse imparable donnée par une orthophoniste qui me confiait en avoir assez de voir défiler des dys-truc bidons dans son cabinet.
Il faut expliquer aux parents que la dyslexie, dyscalculie, dysorthographie, la vraie, fait l'objet d'une déclaration car il s'agit d'un handicap. C'est ce qui permet d'ailleurs d'obtenir un tiers-temps aux examens. Vous avez remarqué, du reste, comme c'est facile de l'obtenir : il y a encore 10 ans, on avait un ou deux tiers-temps par centre d'examen, aujourd'hui on en a des dizaines.
Jusque-là, les parents sont ravis car sincèrement persuadés qu'en bénéficiant d'une heure de plus que les autres, monchérimoncoeur aura de super notes au bac.
Mais mais mais... ce qu'il faut leur dire, c'est que ce handicap, mine de rien, les poursuivra à vie. Eh oui, les employeurs, par exemple, tiquent trrrèèèèès fortement lorsqu'ils se rendent compte que monchérimoncoeur, devenu grand et à la recherche d'un boulot, a été déclaré handicapé. Et même si c'est vilain de discriminer, on va éviter de l'embaucher.
Déjà essayé, ça marche du feu de Dieu. Papa-maman, terrifiés à l'idée que les portes de l'Entreprise puissent être un jour fermées à Chouchou, s'ôtent trèèèès vite de l'idée d'en faire une pauvre victime dyslexique.
un truc que j'ai remarqué c'est leur manque évident de concentration
peut être le fait de zapper , de changer de programme trés vite et de ne jamais vraiment regarder jusqu'au bout , internet où tout va trés vite aussi
je ne sais pas , je trouve les enfants d'aujourd'hui agités
Je remarque que tu viens de parler d'éducation 2.0, ce que tu fais très rarement et qui est un sujet qui me passionne.
Par contre, tu dis l'espérer, et ça me surprend un peu, car educ2.0 rime avec privatisation de l'enseignement et école vu comme un service. En effet, la lourdeur actuelle empêche les profs de propager leurs bonnes idées. Ce sont donc des start-up (américaines) qui développent cela, et une fois la recette trouvée, l'école sera entre leur mains.
La vidéo de présentation de Knewton fait me fait rêver
http://www.knewton.com/about/
mais c'est sur que les profils des dirigeants n'ont rien de scolaire !
De l'autre côté, on trouve Khan Academy, avec ses résultats vraiment prometteurs (si vous avez le courage de lire les commentaires de la vidéo et de chercher sur Google, vous trouverez les conclusions des premiers essais grandeur nature sur l'année 2010-2011 et qui sont vraiment impressionnants).
http://www.ted.com/talks/salman_kha...
Encore une fois, le créateur n'a pas lancé le projet en étant prof ... mais en étant trader dans un Hedge Fund !
Bref, je pense que dans moins de 10 ans, ce type d'entreprise aura révolutionné l'enseignement.
Et justement, que penses tu du "flipped classroom" qui est très en vogue en matière d'école 2.0 ? (En résumé : Au lieu de faire cours en classe et donner des exerces à la maison, faire cours à la maison et donner les exercices en classe, d'où "flipped").
=> Quand je parle d'une éducation 2.0, je ne parle pas forcément de nouvelles technologies et certainement pas d'une privatisation de l'enseignement, c'est plus un équilibre entre les bonnes idées du passé et les initiatives du futur
Je vais aller regarder les liens et idées que tu as donnés, merci 
Je suis plus ou moins d'accord avec la première partie sur les parents à la ramasse mais le reste de l'article est ahurissant! Comment accorder une once de crédibilité à une personne qui se dit "spécialiste des questions d'éducation" (plus ronflant tu meurs!) alors qu'elle n'a enseigné qu'un an? Elle a autant de légitimité que ces didacticiens de l'IUFM qui n'ont pas mis les pieds dans une classe depuis des lustres et qui ont été critiqués dans les commentaires/d'autres articles de ce blog (à juste raison).
Je suis par ailleurs franchement blasée par ton système de "récompense", il y a effectivement des élèves qui ne font pas grand chose si ce n'est "perturber" le cours, pour avoir discuté avec certains d'entre eux ils bordelisent les profs qui les mettent automatiquement dans la case "branleur qui n'en a rien à foutre" sans chercher à les motiver un minimum, ils n'ont clairement pas envie de bosser pour un prof qui a ses chouchous. Tous les gamins ne prennent pas leur pied en lisant La Princesse de Clèves, big deal! Le rôle du prof c'est aussi de leur montrer que ça peut être très cool en leur proposant des activités susceptibles de les intéresser (testé par une prof de français, créer la page facebook des personnages en faisant apparaitre les liens enter les personnages, leurs intérêts etc.) il y aura toujours un ou deux tordus dan une classe mais surement pas la majorité des élèves!
Quant aux îlots il est tout à fait possible de les mettre en place à chaque cours, rien ne t’empêches de laisser un temps de réflexion individuel de quelques minutes avant de les mettre en groupe où ils pourront échanger et débattre de leurs idées (développer le sens critique, justifier son point de vue, etc.) si il y a suffisamment de contraintes dans la consigne tous les élèves doivent bosser (attribuer un rôle différent à chacun, l'esprit d'équipe c'est clairement ce qu'il manque aux élèves français) et si ils ne le font pas il ne faut pas hésiter à mettre une sanction!
Le rôle du prof s'est aussi de se remettre en questions et d'accepter l'idée que son cours n'est pas forcément bien mené, le problème c'est qu'ayant, bien souvent, été (très) bon élèves certains ont du mal a accepter qu'il leur arrive d'avoir tort et que tout les gamins n'ont pas un gout immodéré pour l'école (par ailleurs ce n'est pas parce qu'on fait des fautes d'orthographes qu'on est un gros débile irrécupérable...).
=> Euh...
"ll y a effectivement des élèves qui ne font pas grand chose si ce n'est "perturber" le cours, pour avoir discuté avec certains d'entre eux ils bordelisent les profs qui les mettent automatiquement dans la case "branleur qui n'en a rien à foutre" sans chercher à les motiver un minimum, ils n'ont clairement pas envie de bosser pour un prof qui a ses chouchous."
Je passe justement mon temps à essayer de motiver les plus faibles et les moins volontaires... J'adapte mon cours pour ceux qui ont du mal à suivre, à se concentrer parfois au détriment des bons élèves qui finissent par s'ennuyer. J'essaye de faire des ateliers, la fameuse pédagogie différenciée pour essayer de personnaliser le parcours et la progression de chacun. Et crois bien que je ne suis pas la seule à faire cela, beaucoup de collègues ont ce souci de motiver et intéresser les élèves. La "récompense" ne concerne pas les lèche-bottes qui ont des facilités mais les élèves qui jouent le jeu, montrent de l'intérêt et l'envie de progresser.
Les îlots, c'est super quand les élèves sont relativement autonomes et capables de travailler de manière équitable car toutes mes séances en îlot m'ont permis de constater qu'il y en a deux qui bossent vraiment et le reste bosse légèrement voire pas. Pour parvenir à un travail efficace pour tout le monde, il faut tout d'abord que les élèves sachent travailler seuls et prennent de bonnes habitudes : rigueur et concentration.
Au niveau de la remise en cause, je souris car c'est ce que je fais constamment... ce que je refuse de remettre en cause en revanche c'est mon intransigeance envers la politesse et la bonne volonté. Et pour finir, il y a erreur d'orthographe ET erreur d'orthographe. Un accord d'un participe passé avec le verbe avoir et à 17 ans, continuer de mélanger 'et' et 'est'... ça n'est pas dans la même gamme... Certaines sont effrayantes car révèlent un problème entre graphie et phonie, d'autres sont juste une légère méconnaissance ou étourderies qui sont facilement rattrapables.
Princesse Soso ministre de l'Education Nationale... si seulement!
Et bien je pense être sur la même longueur d'onde que toi princesse et Natacha. Juste un petit bémol, concernant le départ de l'apprentissage de la lecture par la méthode globale, il me semble (n'ayant jamais enseigné en CP) que cela permet de donner du sens et en sachant que dès le mois de septembre se met en place la syllabique.
Cette année (je suis instit en CM2); j'ai mis en place le système de champion de copie (piqué sur internet) car ça me gonflait de corriger X cahiers, copies ou autres bourrés de fautes. Le principe : pour chaque leçon, poésie, les élèves ont un coup de tampon sur leur "carte de champion de copie" à la condition qu'il n'y ait pas une seule faute. Au bout de 8 coups de tampon, une récompense. Bilan au bout de 4 mois, beaucoup moins de fautes de copie et des élèves qui se relisent because il y a la carotte.
On est aussi plusieurs à avoir mis en place en dictée le système de la note (quel gros mot!) en pourcentage : tous les mots comptent et on fait une règle de 3 (trop fort l'instit) pour qu'ils aient leur pourcentage. Les élèves notant leur résultat dans un diagramme (transversalité quand tu nous tiens) peuvent voir leur progrès ou se fixer des objectifs à leur portée.
Le lendemain d'une dictée, mes élèves ont hâte de voir leurs résultats et je ne pense pas les traumatiser.
Bref merci princesse, passe un bon réveillon et continue de nous poster tes articles qui déchirent leur race.
Princesse Soso, je te vénère !
Pour ce qui est de l'appui (ou plutôt de l'absence d'appui des parents), c'est clair que c'est un vrai problème... Jusqu'alors j'ai eu de la chance, les parents que j'ai rencontrés sont allés dans mon sens... mais je me doute que ma carrière sera longue et que je vais en voir de toutes les couleurs.
Pour le côté "féliciter" je suis d'accord pour dire qu'il est agréable d'être encouragé même lorsqu'on est bon élève, mais un commentaire ou un sourire suffit, je pense... C'est vrai que lorsqu'on est petit, on ne bosse pas pour soi mais pour faire plaisir autour de soi... mais voir que le prof est content, ça m'a toujours suffit, et je ne suis pas sûre qu'on puisse aller beaucoup plus loin (même si les stickers, c'est choupi !). Quant aux îlots, je ne peux pas me prononcer, tout le monde en fait la pub des collègues aux inspecteurs, certains de mes collègues s'y sont mis et semblent fans, moi je suis trop effrayée pour tenter... cela doit dépendre des matières... cela dit, tu sais c'est pas parce qu'on travaille en îlots que tout se fait en groupe, souvent les activités que j'ai pu faire en groupe débutent par une réflexion personnelle, qui dure plus ou moins longtemps suivant le problème).
A part ça, les petits garçons sont-ils contents d'avoir des stickers pailletés ? Je serais pas contre faire ça, mais je me dis que ça doit plutôt satisfaire les filles... non ?
Bonne reprise quoi qu'il en soit !
=> Pas mal de p'tits mecs kiffent les stickers même pailletés car j'ai des super-héros, des ballons de foot et autres trucs "gender" auxquels les garçons sont habitués.
Anecdote : un gamin de 4ème à qui j'avais oublié de mettre un sticker pour son 15/20 me dit "nan c'est pas grave madame, chuis pas un bébé".
À la fin du cours, il est arrivé en catimini au bureau pour me demander de discrètement coller un sticker sur sa copie ^^
La lecture est partout! Sur les téléphones mobiles, ordinateurs, TV, on n'a jamais été entouré d'autant d'écrits, et d'écrits corrects, merci les programmes de correction automatiques, et les équipes de traduction, localisation et vérification de tous les produits et services électroniques/web que les jeunes surconsomment.
Ce qui m'effraye le plus est donc qu'il ne s'agit pas d'un problème d'accès à la lecture, mais d'un problème d'intérêt ou d'ouverture; les enfants, adolescents ou adultes ont de plus en plus de mal à intégrer la forme et l'enchaînement des mots, malgré l'omniprésence de mots et phrases correctement rédigées (jusque dans les menus des TV...).
Sur la question 1 du commentaire #25 d'autres qui ont suivi sur ce thème, il est clair qu'une entreprise n'a aucun intérêt à recruter quelqu'un qui ne sait ni écrire/lire correctement, et encore moins quelqu'un qui ne sait pas réfléchir et n'est pas curieux. Compte tenu du rythme qui s'accélère, des nouveautés et disruptions très fréquentes dans les entreprises, les marchés, les attentes des consommateurs, l'état de la technologique, etc. il est dangereux d'enseigner un savoir-faire technique et précis, car le temps que celui-ci soit analysé, formalisé et enseigné, il sera quasiment à coup sûr dépassé; en tout cas il le sera dans les activités à forte valeur ajoutée, lesquelles permettent (encore) de financer quelques services publiques...
Lors de recrutements de stagiaires ou de débutants que j'ai à faire, pour des missions en marketing et avec des profils plutôt bac+4/5, je demande systématiquement un résumé de l'entretien en Anglais, à rédiger et envoyer par e-mail après l'entretien. Cela permet de vérifier que 1/ la mission est comprise (et donc peut être perçue comme intéressante par le candidat) 2/ le niveau d'enchaînement des idées à l'écrit est satisfaisant et 3/ le texte est correctement rédigé en Anglais, quand bien même le candidat peut se faire aider. Best. Method. Ever. Si vous pensez qu'un exercice de ce type en différé ne générera que tricherie, ne vous inquiétez pas: entre ceux qui ne le font pas - par choix ou par fainéantise -, ceux qui le font en croyant être brillants, et ceux qui sont réellement bons, le tri est immédiat et radical.
De plus, il ne faut pas oublier que la société d'aujourd'hui est incroyablement compétitive, individualisée et individualiste (de même que les salaires, pour ceux qui ont un espoir d'en toucher un un jour), et qu'à retarder le départ de la compétition, la prise de conscience peut être extrêmement violente pour l'enfant/adolescent/adulescent, voire perçue comme une trahison ou un abandon. "...because in life, it doesn't matter how much effort you put in, or how hard you try. People will just give you things like diplomas and jobs and promotions. So, it doesn't matter what you do out there, as long as... as long as you have fun." - Marshall critiquant les méthodes d'enseignement sans contraintes ni classement de sa femme dans un épisode (Season 4, Episode 19) d'How I Met Your Mother (moins bien que Friends, mais se laisse regarder)
Peut-être que Michéa avait bien analysé la situation dès les années 90 avec sa théorie de L'Enseignement de l'ignorance http://www.amazon.fr/LEnseignement-...
J'ai oublié de diiiire : on aura la suite de Victor Newman ? maintenant que tu es super people j'ai l'impression que t'es nettement moins tentée pour raconter "how you met your S&M" aren't you ? C'est dommaaage, c'était une de mes séries d'articles préférée !
j'ai la chance d'avoir déjà travaillé mon mardi 3 janvier au moment des vac de Toussaint... donc, auj prolongement de repos et remise ds le bain de l'enseignement .... avec cet article ! et je suis D'ACCORD SUR TOUT !!!
Etant petit-fils d'enseignants (prof de maths, prof de lettres, directrice d'école) et fils d'enseignants (prof de maths et prof de physique-chimie), je peux aisément témoigner des discussions aux repas de midi, du soir et des week-ends. Et le constat est toujours le même : l'enseignement a évolué mais dans le mauvais sens. Ma grand-mère, qui a 97 ans depuis peu, a toujours dirigé son école d'une main ferme mais juste et a permis a de nombreux enfants de familles pauvres (la vie à la campagne...) de s'en sortir et d'apprendre le français en lisant ! Elle refuse que soit inscrit sur sa tombe qu'elle était de l'Education Nationale mais elle souhaite qu'il y soit inscrit Instruction Publique. Car, et je partage cet avis, le rôle des instituteurs et des enseignants n'est pas d'éduquer les enfants mais de les instruire. Les parents sont R.E.S.P.O.N.S.A.B.L.E.S de l'éducation de leurs enfants. L'instruction civique n'est qu'un prolongement de celle-ci...
J'ai des réactions parfois épidermiques en lisant les horreurs sur des forums ou des lettres de motivation, véritables torchons qui ne choquent même par leurs géniteurs et qui invoquent souvent la dyslexie comme on invoque un cours de piscine pour éviter un rendez-vous bancal.
A 38 ans, j'ai toujours gardé mes dessins d'enfance, mes bons points et mes images acquis au mérite de mon travail en classe et pour rien au monde je ne considère ça comme un germe de discorde avec ses camarades. Lorsque ma maîtresse me donnait mon image, une certaine fierté me gagnait et, certes, le plaisir de voir mes parents contents était une raison suffisante pour continuer.
Alors, à notre époque où les gens sont de plus en plus matérialistes et où l'envie d'avoir ce que l'autre a, comment continuer à motiver des enfants, des gamins, des adolescents sans un petit quelque chose en plus ?
Rien à ajouter: ce billet est excellent, parfaitement juste, bien argumenté, clair et personnellement je suis rigoureusement d'accord avec chaque point développé.
Je suis d'ailleurs également d'accord avec les propos de Natacha Polony que je découvre sous un autre jour.
Merci pour tout cela! Ce n'est pas "réac"-tionnaire mais réactif, anti-passif et ça fait du bien.
Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! Ca fait du bien de lire des commentaires intelligents qui résument ma pensée avec en plus un peu d'humour qui réconforte face à la c*****rie qu'on vit parfois au boulot !
A fellow English teacher ^^
Je suis d'accord avec un certain nombre de choses, mais je regrette fortement que cette personne affirme que 98% des enseignants de CP ne font pas de syllabique! J'ai fait 10 ans de CP, dans plusieurs écoles, et je n'ai jamais vu d'autre méthode que la syllabique.
Par contre, je voudrais qu'elle m'explique comment cette méthode (ou n'importe quelle autre) permettrait de mieux respecter l'orthographe! A part rabâcher, sans cesse, faire des dictées (mes élèves en ont tous les jours, avec les mots de l'échelle Dubois-Buyse à apprendre par coeur), étudier la langue, la lire, se l'approprier, est la seule façon d'écrire dans un français acceptable. Les enfants qui lisent sont bien meilleurs à l'écrit, y a pas photo!
Totalement d'accord avec toi et avec l'article de Natacha Polony. Je ne suis pas enseignante, mais j'ai des amis profs, et je travaille dans un lycée, comme on dit, d'élite.
Du coup, quand je compare les conditions de travail, le niveau intellectuel global et la prise en charge des élèves de mon lycée avec celles de mes amis, ou même celles que j'ai connues, je me dis que l'éducation nationale est une vaste blague.
Aujourd'hui on ne fait plus d'instruction publique, mais comme dit l'article, on forme des salariés. Tout ce discours sur l'intégration de l'entreprise à l'école m'a toujours fait gerber. L'école laïque, publique et obligatoire n'a pas été créée pour fabriquer du salarié en série, elle a été inventée pour permettre à tous les habitants de ce pays d'avoir suffisamment de connaissances pour devenir des citoyens libres et éclairés. Ce but primaire on l'a totalement oublié, parce qu'il y a clairement un intérêt politique à ce qu'une grande partie de la population soit inculte, impressionnable et manipulable.
Je suis immensément d'accord.
Bon, pour les cadeaux, moyen, mais sinon OUI !!
Ce commentaire ne sert à rien, mais je kiffe de te lire.