Ouais, je sais.
Une semaine sans article.
J'abuse.
Je pourrais vous dire que je tarde à écrire because la préparation de cours, because Serena qui fait des siennes, because les réunions et autres conseils de classe à concocter, because la vie chronophage et frustrante qui empêche de faire tout ce que l'on veut en même temps (parfois je suis obligée de faire des combo genre téléphoner à Poppy tout en mangeant un Sundy, le tout devant un épisode de Melrose Place, le PC sur les genoux pour liker les statuts Facebook de mes potes, un Meso-Mask de Filorga sur la tronche, pendant que Seigneur et Maître me fait des papouilles dans le dos)
Mais en fait, j'ai été grave occupée des jours-ci à m'occuper de nobles causes qui pourraient bien changer la face du monde :
- J'ai créé un lobby afin de redorer le blason de l'ancien slogan de la pub Kiri, injustement changé pour des raisons de nivellement par le bas. Genre, vous aussi, vous avez grandi avec "Kiri, Kiri, Kiriiiiiiiiiiiiii, le fromage des gastronomes en culottes courtes"... et BAM, vous vous prenez dans la tronche ce nouveau slogan aussi fade que syntaxiquement moche "Kiri, pour les gourmands de la vie" o_Ô Mais rassurez-vous, le combat ne fait que commencer. ILS NOUS ONT PRIS LES RAIDERS, NOUS SAUVERONS LE KIRI. Un groupe Facebook a été créé pour cette occasion, cliquez ici pour rejoindre la
turlutte.
- Je suis en train de travailler mon imitation de ma nouvelle héroïne aka Agnès dans "Moi, Moche et Méchant" ou "Despicable Me" en anglais, dans le texte. Je commence à bien maîtriser le "Elle est trop géniaaaaaaaale" et sa version en V.O "It's so Fluffyyyyyyy"
Décidément, Luc est un petit farceur. Tu crois qu'il a touché le fond avec ses réformes et ses idées aussi novatrices qu'un concept de télé-réalité et BAM, il parvient encore et toujours à te surprendre ♥

Luc et les profs, c'est comme un couple qui n'a de cesse que de ranimer la flamme. On croit être un peu peinard dans une routine pas toujours agréable mais tout de même rassurante avec l'idée que tout s'améliorera un jour (peut-être en mai 2012...) et BAM Luc, histoire de sortir du quotidien, te prépare des petites surprises qui donnent envie d'organiser une séance ambiance "Crime de l'Orient Express".
JF bien sous tous rapports sexuels cherche 11 volontaires pour meurtre organisé avec si possible un peu de barbarie. Contact : michelfourniretforever@gmail.com
L'Histoire des Arts ou comment le foutage de gueule est une promesse électorale tenue...
J'en ai déjà parlé ici, chouinant à propos du côté "Les établissements scolaires auront carte blanche pour organiser les modalités de l'épreuve" qui signifie en substance "bon, les gars, on vous laisse vous démerder hein, vous avez l'habitude ". On s'est débrouillé. On s'est fadé des réunions et des débats sans fin à propos de sujets brûlants : "cahier ou classeur ?", on a géré, on a échangé et tous les profs de France et de Navarre ont fait leur petite vinaigrette en se disant qu'il y avait énormément de foutaises dans la mise en place de cet enseignement.
Et BAM, le Bulletin Officiel nous sort une petite pépite qui signifie "vous vous êtes fait chier à tout faire ? Bah nous, on a récupéré toutes vos idées et on a pondu de nouveaux trucs rien que pour faire péter la veine sur votre front. Allez, sans rancune".
Morceaux moisis choisis :
"L'enseignement de l'histoire des arts est en place à tous les niveaux du collège. Il donne lieu à une mention dans les bulletins scolaires trimestriels avec, le cas échéant, une note chiffrée."
HEIN ? Euh... et ça se passe comment exactement ? Qui évalue ? Sur quels critères ? Une note chiffrée ? Bah faudrait savoir... vu qu'on nous rabâche que les notes, c'est trop LE MAL et qu'il faut uniquement évaluer en termes de compétences... Tout ceci pue la contradiction et la précipitation.
"Dans le cas d'élèves présentant un handicap, on veillera à adapter le choix des objets d'étude en fonction de leur situation de handicap."
C'est vrai ça... Ils font bien de préciser... Les profs sont tellement cons qu'ils seraient bien capables de proposer une sonate de Beethoven à un élève déficient auditif, un camaïeu de Pierre Soulage à un Daltonien ou La Vénus de Milo à un élève déficient brachial, aka un manchot.
Bref, il y a une nouvelle grille d'évaluation mais bon, on fait comme on veut tant qu'on la respecte grave en la suivant pas à pas. Bref, ça change pas trop mais en fait si, mais comme ça n'est pas clair, on essaye de noyer le poisson en faisant croire aux enseignants que c'est trop fastoche et merveilleux comme innovation pédagogique. Bref, il y a rien de bien nouveau, sauf qu'à présent, l'élève doit présenter une liste d'objets d'étude et un dossier facultatif (qui était obligatoire dans certains bahuts) dont le jury prendra connaissance au minimum cinq jours ouvrés avant l'épreuve.
Sur quels créneaux horaires accompagner ces élèves dans la formation de leur dossier ? L'Histoire des Arts n'est pas une discipline mais un enseignement... donc ça sent la récré bouffée, les conseils à l'intercours... ça sent le bâclé et l'expéditif.
J'ai envie de dire "quoi de neuf, donc ?!".
Que vont devenir les IPR ?
J'ai relativement bien rigolé quand Élise Lucet nous a annoncé ce midi qu'en règle générale, les profs sont inspectés tous les 4 ou 5 ans. Je lolilole. Certains de mes collègues ont été inspectés deux fois en quasi vingt ans, mon Poppy n'a jamais été inspectée alors que ça fait 6 ans qu'elle est dans le Milieu... Les IPR ne sont pas assez nombreux et n'ont pas le temps matériel de se déplacer dans toute une académie. Néanmoins, l'inverse existe... Un ancien collègue qui est incapable de tenir une classe ou de transmettre la moindre connaissance à une classe, se fait inspecter chaque année... Mais il est tellement difficile de se débarrasser ou de reconvertir un prof, même incompétent...
L'inspection, telle qu'elle est encore pratiquée jusqu'à présent, est une énorme aberration, un simple remplissage sans conséquences, basé sur du vide.
1. L'inspecteur s'entretient avec le chef d'établissement (qui, au choix, demeure neutre et aimable, encense son enseignant ou le descend en flammes)
2. L'inspecteur assiste à une heure de cours de l'enseignant. Il jette un coup d'oeil au cahier des élèves, regarde éventuellement le cahier de textes du prof et gribouille sur son carnet Moleskine.
3. L'inspecteur s'entretient avec l'enseignant. Si celui-ci a cartonné sa race, l'inspecteur augmente sa note pédagogique qui sera de toute façon rabaissée pour des questions d'harmonisation. Les profs doivent avancer peu ou prou(t) au même rythme et si une brebis est trop à la traîne ou atteint trop tôt les sommets, on ré-équilibre tout ça gentiment. Si l'enseignant a foiré sa séance, l'inspecteur ne pourra pas faire grand chose...
4. L'inspecteur rédige un rapport détaillé (ou pas) et attribue une note à l'enseignant. Voilou, rendez-vous dans douze ans.
L'inspection fait transpirer les profs alors que ses conséquences sont aussi ridicules que le niveau de langue des candidats de Secret Story.
Je trouve normal d'évaluer les enseignants. Effectivement, il existe des profs incompétents et feignasses, comme partout. Et je suis bien d'accord avec Luc, il faut réformer les modalités de l'inspection.
Sauf que sa nouvelle idée pue autant que le rectum d'un lépreux souffrant de dysenterie.
Alors que moi, j'ai trop des idées utopiques pour améliorer la situation :
- Les inspecteurs seraient OBLIGÉS d'avoir des classes en responsabilité. Genre un mi-temps. Ou même une ou deux classes. Juste que bordel, ils soient vraiment sur le terrain.
- Les inspecteurs ne baseraient pas leur rapport sur une pauvre séance de 55 minutes. Séance qui n'est pas peut-être absolument pas révélatrice du talent, de l'implication ou de la complicité de l'enseignant avec sa classe. Chaque heure de cours est différente, beaucoup d'élèves étant constamment en mode Shuffle. Les inspecteurs étaleraient leur évaluation sur plusieurs jours, verraient plusieurs séances à différents moments de la journée avec différentes classes et différents niveaux. Je dis "LES" car il me semblerait normal qu'il y ait au moins deux personnes pour jauger le travail d'un enseignant. Qu'il y ait une vraie discussion, un vrai débat sur telle ou telle pratique.
- Les inspecteurs viendraient SANS S'ANNONCER
parce que bordel, c'est le meilleur moyen de repérer les feignasses qui n'ont aucune réelle progression de séquence de prévue... Qu'on ait un cours plus faible qu'un autre pour des raisons plus ou moins valables... passe... et ça n'est pas dramatique dans la mesure où les inspecteurs seraient là sur deux ou trois jours... On se rattrapera avec une classe davantage choupi ou avec une séquence pédagogique mieux ficelée... Je me souviens de mon prof de philo de terminale, connard notoire, qui mettait son beau costard Hugo Boss et faisait un cours béton une fois tous les 8 ans, le jour de l'inspection...
Mais apparemment, le Ministère de l'Éducation Nationale ne partage pas mon point de vue parce que Luc et ses potes ont décidé que ça serait méga choupi si l'on confiait l'évaluation des enseignants... AUX CHEFS D'ÉTABLISSEMENT.


Le principe :
Jusqu'ici, le chef d'établissement attribuait une note administrative basée sur la ponctualité du prof ou son "rayonnement" (un concept méga flou). Genre, t'es à l'heure, tu ne frappes pas les élèves, tu ne craches pas dans la cour et t'assistes aux réunions... et BAM t'augmentes chaque année d'environ 0.5 points. Si le projet de Luc et de ses potes voit vraiment le jour, la note administrative fusionnera avec la note pédagogique (au préalable attribuée par l'IPR). Apparemment, le prof rédigera une auto-évaluation ("Chuis trop un gros winner, mes cours sont trop de la bombe de balle, tavu") et s'en suivra un entretien avec le chef d'établissement qui, au final, établira un rapport qui comprendrait les critères suivants :
- La progression disciplinaire de la classe
- La progressions disciplinaire de chaque apprenant
- La participation au travail en équipe et l'investissement concernant le projet d'établissement
Et mon préféré ♥
- L'amélioration du climat scolaire et à l'extérieur de l'établissement
Alors, Luc, si tu me regardes, j'ai deux/trois questions :
1. Un chef d'établissement est déjà débordé par la paperasse, les parents chiants à gérer, et d'autres trucs qui occupent bien ses journées... Comment va-t-il organiser l'évaluation de chacun de ses enseignants ? Il va assister aux cours des profs ? Ça signifie qu'il doit maîtriser sur le bout des doigts les programmes de chaque matière pour chaque niveau. Bah voyons. C'est tout à fait normal et logique qu'un ancien prof de maths qui a enseigné deux ans avant de se diriger vers la fonction de principal/proviseur se permette de juger les pratiques pédagogiques d'un prof d'espagnol
Faut pas se leurrer, le principal/proviseur n'aura JAMAIS le temps matériel de "visiter" ses ouailles... et il y a fort à parier que certains noteront à la louche, soit de manière très uniforme, soit en se basant sur les bruits de couloir et autres racontars slash gossip.
2. Ça sent pas un peu la dérive et le dérapage par hasard Balthazar ?! Certains chefs d'établissement n'hésitent pas à clairement claironner qu'il faut gonfler les notes histoire de redorer l'image du bahut... Un bon prof, c'est un prof qui met de bonnes notes ? Un bon prof, c'est un prof docile et opportuniste qui a la langue gonflée à forcer de lécher les bottes de tout ce qui pourrait éventuellement l'aider à gagner un dixième de point ? Un bon prof, c'est le prof qui se sent obligé de dire "oui" à tout ? Oui au soutien le soir, Oui pour être accompagnateur à la sortie scolaire à la déchetterie nucléaire, Oui pour chapeauter douze mille réunions...
3. Va falloir m'expliquer "l'amélioration du climat scolaire à l'extérieur de l'établissement"... Faudra aller aider les élèves à faire leurs devoirs chez eux ? Faudra sortir dans la rue avec un T.Shirt "I LOVE MY STUDENTS" ? Faudra faire du prosélytisme au supermarché : "Le collège Arthur Rimbaud, c'est trop rigolo ♥" ? Faudra surtout pas dénoncer les dysfonctionnement d'un système en lambeaux ?
Les termes "libéralisation de l'enseignement" / "manager les équipes éducatives" / "l'école devient une entreprise" sont plus que jamais d'actualité.
Luc a sacrément du pain sur la planche car je sens que, bizarrement, on ne va pas se laisser faire... et le souci c'est que beaucoup de sombres ignorants diront "Nan mais les profs, ces résidus de fausse couche, ils rejettent toutes les réformes et préfèrent se vautrer dans leurs acquis sociaux".
Bon courage Luc. Dès qu'on a réglé le problème de la pub Kiri, on s'occupe de toi.



En fait, faudrait que tu sois prof en Angleterre! Je ne sais pas si tu connais le systeme anglais dans les ecoles publiques mais ca se passe exactement comme tu voudrais que ca se passe en France!
Bordel comment tu fais pour réussir à dire ce que je pense!!
j'ai reçu le mail du café pédagogique et j'ai juste eu envie de jeter mon écran! mais c'est clairement du gros foutage de gueule cette inspection par les proviseurs!
bon après mon proviseur m'aime bien looool donc j'aurais peut etre une bonne note
nan mais sérieux, ils en ont pas marre de pondre des idioties pareilles!!
vivement 2012!! en espérant qu'il y ait du groooos changements!! car là je commence sérieusement à péter un cable (nous on vient de nous demander si on voulait être tuteur d'un petit groupe d'élèves aussi! super choupi comme principe, mais on trouve le temps où concrètement? on a déjà 3h supp qu'on a pas vraiment pu refuser (c'était à base de si vous trouvez pas une répartition de services avec ces heures supp, je ferais le truc à ma sauce et donc on imaginait déjà l'EDT sympatoche!!)
enfin on se fait baiser par tous les trous depuis quelques temps mais il va vraiment falloir qu'on se remue le cul pour faire changer les choses car ça part vraiment dans une mauvaise direction
et ça fait peur pour l'avenir des enfants (et de ma fille surtout loool)
Tu ne serait pas "Agathe Zepower" par hasard ?
Réponse de votre serviteur
=> Bah si ! C'est le profil Facebook de Princesse Soso
et y a même un avatar à droite sur la page d'accueil pour rejoindre mon profil ^^
Ah les inspections! En tant qu'élève, j'ai souvent eu des profs qui nous préparaient à l'avance lorsqu'ils apprenaient la nouvelle! Personnellement, je sais pas si je peux me permettre de juger, mais je trouve totalement idiot qu'on prévienne les profs à l'avance. D'une, parce que certains se stressent inutilement avant et perdent le contrôle lorsque monsieur l'inspecteur est installé au fond de la classe... ou alors, ils bétonnent leurs cours comme jamais. D'ailleurs, ça me rappelle ma prof de lettres modernes, lorsque j'étais en khâgne... au cours de l'année, on recevait souvent un SMS pour nous prévenir de son absence (je la soupçonne de ne pas déclarer ces absences à l'administration et de passer directement par les élèves... parce que c'était quand même toutes les deux semaines durant une certaine période). Lorsqu'elle a su pour son inspection, elle nous a prévenue et nous a carrément "préparé"! En gros, elle nous a parlé de nos devoirs à fond et la séance suivante, on a corrigé ce fameux devoir en répétant presque mot pour mot ce qu'on avait dit la fois d'avant! Automatiquement, le prof l'a félicitée... Mais en vrai, cette prof est gnangnan, personne n'écoutait réellement son cours, elle butait sur tout ce qu'elle disait! Donc franchement, juger un prof sur une inspection comme ça, je vois pas l’intérêt!
Juste pour terminer en beauté sur la blague de la nouvelle notation des enseignants, un petit lien sur le café péda pour expliquer le véritable fondement (économique, of course) de cette réforme. Regardez donc les graphique de comparaison d'avancement !
Attention cependant, la première image du lien peut choquer les âmes sensibles.
http://www.cafepedagogique.net/lexp...
J'aimais les petites surprises pré-inspection du collège.
Entre la prof de math ( qui partait à la retraite l'année suivante, c'est sur qu'il fallait la recadrer tant qu'il en était encore temps ) capable de faire des offrandes de chocolat à la classe, et ceux qui nous promettaient une petite séance tranquille à mater un film après l'inspection pour nous récompenser de notre bonne conduite...
Enfin maintenant je suis devenue une lycéenne responsable et le collège m'a appris que pour gérer son contrôle de science, il faut partager ses cookies ♥
Je suis partante pour ton commando de 11 volontaires. Franchement, ça m'a fait hurler ce midi aussi. Je poserais en outre une simple question: comment ma principale, très incompétente - qui nous explique que quand elle était prof de Français elle faisait tous ses cours avec le manuel, ouvert à la 1ère page en septembre puis tout à la suite jusqu'en juin, sans se prendre la tête à préparer un truc en plus - bref, comment peut-elle nous évaluer? Et puis, ce serait nier les histoires de harcèlement moral chef - profs, nier les mésententes ou les coucheries, les brossages dans le sens du poil et les léchages de cul. Parce que des pros dans ces domaines, il y en a!
Du coup, parlons-en du climat scolaire! Ok, les inspections aujourd'hui, ce n'est pas la panacée. Mais alors là, M. Luc, retournez chez L'Oréal cirer les pompes de Liliane! Et tant que tu y seras monsieur le DRH, utilise donc son god en or pour te l'enfoncer profond où je pense!
Donc, une fois de plus, j'ai lu ici ce que je pensais justement ce midi. Merci de prendre le temps de partager tout ça: grâce à toi, des amis non profs comprennent mieux notre beau métier si souvent écorché
ah votre altesse je savais / j'espérais bien que l'expresso vous donnerais envie d'écrire !! et comme d'habitude je dis : SOSSO au pouvoir !
bien à vous votre altesse !
de nouméa, où ça ne se passe pas bcp mieux mais où est au soleil !
Tu as oublié une autre grande idée révolutionnaire qui va tout changer et transformer notre vie d'enfeignant: l'uniforme! Le marronnier est de retour. L'uniforme! Avec lui, Keuvin et Djezonne vont comprendre ce qu'est un élève, ils vont avoir envie d'apprendre. L'uniforme! Avec lui, plus d'élèves en retard, plus d'insultes ni de menaces mais que des élèves choupi. L'uniforme! Le retour du respect, de l'ordre et surtout du désir d'apprendre dans la grande entreprise qu'est l'école. Nos DRH ont décidément du talent...
Mé qu'il est con mé qu'il est con mé qu'il est con (mé / meuh, qu'il est / kiri: peut-être qu’inconsciemment Luc cherche à soutenir les partisans de l'Ancien Kiri?...)
Bref, moi aussi j'ai rigolé quand j'ai entendu son nouveau projet sur la notation (qui, en passant, est annoncé depuis bien 2 ans je crois, mais en période pré-électorale, que ne dirait-on pas pour rameuter quelques caméras, et casser un peu du prof-steuh-feignass). Tout à fait d'accord sur tout ce que tu dis.
Pour l'Histoire des Arts: mwahaha, ça je savais pas. Tiens, au lycée on s'attend un peu au même foutoir l'année prochaine avec l'Accompagnement Personnalisé (c'est aussi rigolo que l'HDA, aussi bien organisé, aussi... etc etc)
Bref, père Ubu, merdre et crotte, partez plutôt en guerre au pays de nulle part - et paumez la carte en route, histoire de pas revenir. Ca nous fera, à défaut de vacances (puisqu'il reste bien qqes semaines de l'année où on bosse un peu), de l'air frais, respirable, qui ne pue pas le reste de gastro démago-radinasse.
Et il espère sérieusement faire croire à quelqu'un que la vraie motivation de cette réforme n'est pas d'économiser sur les salaires des IPR en refourguant leur travail gratuitement aux chefs d'établissement ?
Une amie a reçu la visite d'un inspecteur pour son cours de latin. Elle a vomi la semaine d'avant, puis la semaine d'après, et aussi je crois mais elle n'a pas osé me le dire, le Jour J sur ce gros con qui a estimé qu'elle devrait parler en latin aux élèves...
Bon sur le fond de la réforme je la trouve ridicule aussi.
Toutefois une précision : pour devenir personnel de direction il faut au moins 5 années de services effectifs en tant que titulaire dans certains corps (notamment d'enseignants mais pas seulement) donc 6 ans de services si on compte l'année de stagiaire.
Ca ne change rien au fait que le prof de maths qui devient chef d'établissement il ne connaît pas forcément les programmes d'espagnol on est bien d'accord là dessus. Mais ça se fait pas au bout de 2 ans d'enseignement juste comme ça.
ça laisse augurer des choses encore bien sympathiques...J'ai en tête l'exemple d'une amie prof de maths depuis des années qui a été prise comme bouc émissaire du nouveau principal du collège dans lequel elle travaille. Il lui a clairement dit dans l'année qu'il ferait tout pour "la faire dégager" (ah bein oui, une prof de maths qui fait apprendre des théorèmes et qui aime un minimum la discipline, ça emmerde, surtout les parents qui ont peur que leur pauvre Kevina puisse un jour apprendre à réfléchir). Il lui a littéralement pourri l'année alors j'imagine si il avait été responsable de son inspection...
Bon, c'est pas tout ça, je retourne bosser mon agrégation (pourquoi déjà?)
c'est pire en pire... me souviens que mon père disait déjà il y a près de 30 ans que les inspecteurs étaient d'anciens profs qui n'avaient pas réussi à s'occuper d'élèves et qui allaient noter et se permettre de critiquer ceux qui essayaient vraiment d'y arriver....
sinon, il y aurait peut être ça comme solution pour les jours des questions à l'assemblée....
http://www.arfy.fr/dotclear/index.p...
Je reste toujours perplexe après ce 2ème article consacré à l'histoire des arts. Par par le propos, ni par le style. Votons princesse Soso pour le blog de l'année, mais sur la teneur de ce projet. Personnellement, je trouve que c'est jeter l'argent par les fenêtres. J'ai eu des cours d'histoire de l'art (DE l'art, car l'art c'est l'Art. Si c'est au pluriel, il s'agit d'arts ménagers ou d'arts martiaux, bon sang. "Des arts", ça pue du cul la consensualité) à l'unif et à l'Académie. Et c'était génial.
Mais commencer à vouloir ouvrir l'esprit des djeuns en lycée professionnel, par exemple, à la notion d'art me paraît démago à fond. Comme beaucoup de choses, je pense que c'est aux parents à le faire. Et oui, des tas de parents ne prendront pas la peine d'emmener leurs enfants aux musées. Et non, l'école n'a pas à le faire à leur place. Si on continue à charger le baudet scolaire avec toutes les charges éducatives dévolues aux parents, dans 5 ans, les profs devront faire leur tournée tous les soirs pour aller voir si les élèves ont bien rangé leur chambre, n'ont pas oublié leur mouchoir propre sous leur oreiller et se sont bien brossé les dents avant leur petit dodo.
Histoire de l'art en option donné par des profs formés pour, oui. A la louche pour tout le monde, non.
Et bon courage pour le Kiri, ils ont déjà tué le Babybel (oui, le Ba-ba-ba-ba-ba-bybel, c'est toi qu'on aime, c'est fini). Tout fout le camp.
@Nanou : suivre le manuel n'est pas plus un signe de nullité pédagogique que l'accumulation de photocopies (de format le plus encombrant possible, et différents) n'est le gage d'un fils spirituel de Socrate.
Je comprends vos objections, mais je pense qu'un chef d'établissement pas trop neuneu sait parfaitement quels profs ont la cote auprès des élèves et des parents, et lesquels pourraient justifier une étagère spéciale pour les récriminations à leur encontre... Une évaluation en fin d'année par les parents, voilà qui lèverait un vent de fronde autrement décoiffant que celle du chef d'établissement ! Ce serait pourtant un moyen de pondérer celle du boss.
oh oui ! à Nouméa aussi on adore Princesse Soso !!
<3
Krokodilo : une notation par les parents ?? o_0
via les recriminations du "petit chéri d'amour"
Dans mon collège, le principal est une baltringue qui a d'ailleurs sa petite cour de baltringues qui ont leurs places au CA. Ce principal maltraite volontairement et injustement des profs néo-tit (qui n'ont pas de casseroles/blames comme sa cour). Psychologiquement, il est borderline. Etc.
J'ai eu rapidement des problèmes avec lui et heureusement grâce à une médiation de mon inspecteur, il arrête de me prendre pour un con. Mais il ne comprend toujours rien à mon travail.
Jamais je n'accepterai de me faire inspecter par un tel type.
Chatel peut s'attendre à une grève longue s'il lance cette connerie. Mais, honnêtement, c'est plus un coup politique avant les élections histoire de dire "regardez ces feignasses conservatrices de professeurs protégés" et de leur fourguer une réforme plus dure (24h de "présence au collège).
@Krokodilo : "je pense qu'un chef d'établissement pas trop neuneu sait parfaitement quels profs ont la cote auprès des élèves et des parents"
ah ok c'est ça le but, je me suis gouré de métier alors, je croyais "enseigner", apporter des savoirs, des connaissances, des compétences.
je dois juste etre populaire auprès des parents et des élèves, yes mon boulot va etre beaucoup plus cool
j'arrête de préparer et de corriger, je vais acheter des mars, mettre un peu de musique en fond sonore dans ma classe, mettre des mini jupe, ça pourrait améliorer la popularité au niveau des papas, et des ados prépubères.
ah ah ah ....
je vote princesse soso aussi
C'est juste du bonheur de te lire ... Tu as choppé le fil de mes pensées ... sur tout.
Vraiment merci. C'est excellent, comme d'habitude !
Si je suis inspectée, je viendrai lire ton billet ... pour décompresser.
Mais pourquoi je stresse tant à cette idée ?
Déjà que chez nous, on n'est pas logé à la même enseigne pour les emploi du temps, et que certain choisissent leurs classes, ça risque d'être assez folklo!!!Surtout quand la note est la note administrative est la même qu'on en fasse rien ou plein de trucs... Je vais lui filer une liste de vocabulaire de base en musique à mon chef!!!! Il va avoir du taf!!Sinon notre inspecteur de zikmu vient 2h sur 2 niveaux et c'est pas mal...
Attends Soso, tu n'as pas vu la drôlerie du jour de Super Châtel :
http://www.lemonde.fr/election-pres...
Je suis sûr que tu vas apprécier !
Courage en tout cas, ma fiancée essaye de rejoindre le monde merv.. euh non, le monde féroce de l'EN en préparant l'agrég d'histoire, heureusement elle lit ton blog assidûment et se tient prête
Quant à moi... Pour l'instant je suis un expatrié de l'ESR niark niark...
Faudra aller aider les élèves à faire leurs devoirs chez eux ?
euh oui pourquoi pas? ca me plairait bien a moi, plus besoin de m'arracher les cheveux pour que les devoirs soient fait et les leçons apprises......lol
Krokodilo,
Il faudrait arrêter de vivre à Bisounoursland hein...
Des notes données par les parents ? Sur quel critère ? Vous êtes apte à juger de la qualité de l'enseignement donné à votre enfant, qui de plus ne vous apporte qu'une vision biaisée de ce qui se passe en classe ?
Passons sur le côté "la cote auprès des élèves" : vous préférez quoi, un prof sévère mais juste, qui apporte savoir et connaissances, mais qui ne fait pas nécessairement l'unanimité (on ne peut que rarement la faire), ou le prof cool-kikoulol qui se la joue pote avec les élèves et au final ne leur apprend rien ? (Oui je sais, il y a un juste milieu, mais justement le but de l'évaluation c'est d'éviter ce genre d'extrémité..)
Cordialement,
@ Mouaif, "la cote", c'était bien sûr un raccourci pour dire la cote en terme de compétence professionnelle, de qualité de cours, de résultats scolaires, de capacité à susciter l'intérêt des élèves les plus menfoutistes envers la matière la plus absconse... pas faire pote avec les ados !
@Princesse, ravi de lire ce coup de gueule bien mérité envers ce programme délirant d'histoire des arts, dont l'ampleur est digne de l'école des beaux-arts, et le flou (artistique, comme il se doit !) digne du smog. Mais il y a pire : quand les choupis ont un/une prof d'art plastique, censé(e) coordonner un peu la transversalité, qui se trouve être en-dessous du niveau de la mer sur le plan pédagogique, mais balèze question poil dans la main et dont l'enseignement tient sur 3 feuilles/an, et dont les élèves ne comprennent rien à ce qu'il/elle dit... L'école, outre l'instruction, est effectivement aussi un lieu d'enseignement de la sociabilité, en ce sens où il faut y apprendre, bon gré mal gré, à composer avec toutes sortes de personnalités, comme votre récent billet et les commentaires l'ont cruellement montré... Et à mon humble avis de béotien, ces choses-là transpirent et se répandent chez les parents, les collègues et le boss, presque aussi vite que la gastro ! Seule l'Akadémission semble ne jamais être au courant, mais à mon avis ils font semblant...
Autant quand vous parlez de votre bahut, vous êtes marrante, autant quand vous parlez de l'éducation nationale, on dirait un prospectus du SNES (syndicat majoritaire dans l'Educ' Nat' où la course à la dispense de cours pour ses permanents et à la grève inutile pour ses ouailles est une marque de fabrique depuis plusieurs dizaines d'années).
Les inspections étaient un système peu performant, mais votre idée me paraît franchement inapplicable au mieux, sortie du pays des Bisounours au pire...
Enfin, bonne chance pour le concours de Elle! (ou vous appelez à bourrer les urnes en votant plusieurs fois! Vous ne seriez pas de la Fédération socialiste des Bouches du Rhône par hasard?).
Bon week-end!
Réponse de votre serviteur :
=> Je ne suis pas syndiquée.
NON mon idée d'inspection n'est pas sortie du pays des Bisounours. Ça demande juste du temps et des moyens qui seraient tout à fait envisageables si l'argent était mieux réparti. L'inspection par les chefs d'établissement, c'est juste du foutage de gueule en barres et ÇA, c'est franchement inapplicable. Comment inspecter les profs alors ? Les élèves qui mettent des smileys et des notes ? Un mec qui vient tous les 10 ans, une seule heure pour juger d'une carrière ?... Je suis ouverte aux propositions mais celles mises en avant actuellement sont juste risibles. Mon idée a au moins le mérite de mettre en valeur le côté humain et approfondi du travail et de l'échange.
"La course à la dispense de cours" ??? Bah justement j'explique qu'aucun IPR ne devrait être totalement déchargé de cours... je ne suis ni pro syndicat, ni anti-syndicat. Ils existent et c'est tant mieux et comme pour tout, il y a du bon et du moins bon.
Quant au concours Elle, on peut voter une fois par jour, tous les jours, j'encourage mes lecteurs à le faire s'ils le souhaitent.
Quant au monde de Bisounours... bah ce serait plus sympa si tout le monde avait envie d'y vivre...
Petite pensée pour mon professeur de 2nde qui, la veille d'une inspection, nous a dit : "Je vous préviens, si jamais j'entends un seul bruit demain, je vous pourris toute l'année". Pédagogie quand tu nous tiens! En tout cas, j'aime beaucoup ton blog! =) Merci!
L'idée de Krokodilo n'est pas si débile. L'évaluation pourrait être "à 360 degrés" comme on dit pour éviter l'effet "je donne un cours de bien tous les 10 ans, c'est quand l'inspecteur est là":
- visite(s) surprise(s) d'un ou plusieurs inspecteur(s)
- avis du chef de bahut
- avis anonymes des collègues
- avis anonymes des élèves et des parents
Les visites devant néanmoins rester le critère prédominant et les avis devant être encadrés.
Et personnellement, dans mes études, les profs chouchous des élèves ont toujours été ceux qui savaient maintenir une ambiance de travail dans la classe / se faire respecter et qui savaient faire progresser leurs élèves / ceux avec qui on apprenait le plus. Bref, ceux qui faisaient bien leur travail de prof. Cela dit, je suis bien consciente que ça n'est pas / plus forcément le cas partout.
Réponse de votre serviteur :
=> Je ne suis pas d'accord du tout pour les élèves... Les collégiens ne sont aucunement aptes pour une grande majorité à juger du travail d'un enseignant. Ils ne fonctionneront qu'à l'affectif... Et puis le côté "anonyme" sent bon Vichy ambiance "je balance mais je ne me mouille pas"
Et bonjour les dérapages "Madame Machin c'est trop une salope avec un gros cul et elle a une haleine de phoque" (fautes d'orthographe non incluses)
Le principal problème de l'évaluation des enseignants, c'est que les qualités pédagogiques sont extrêmement difficiles à évaluer, de même que tout ce qui est lié aux relations humaines, pour de multiples raisons. L'évaluateur lui-même n'est pas forcément un foudre de guerre en la matière, l'acuité de son jugement n'est pas forcément évidente, et ponctuellement le gros flemmard de prof a peut-être livré le jour J le cours de sa décennie, sinon de sa vie ; inversement, il venait peut-être de s'engueuler avec sa moitié ou son quart (Aka la maîtresse ou l'amant !).
La suggestion de faire participer élèves et parents à cette épineuse évaluation rappelle désagréablement les « testings » réalisés par les assoc dans diverses professions, qui ont choqué mais permis quelques prises de conscience salutaires.
La critique de Princess que parents et élèves ne pigent que couic à la pédagogie et aux difficultés de faire progresser des jeunes qui n'en ont souvent rien à carrer est certes recevable, mais inversement on peut dire qu'ils sont toute l'année les meilleurs témoins de la prestation du prof ! L'article et les témoignages des commentaires sur les souvenirs de chacun de profs bizarres, glandeurs, tordus, moyens ou géniaux ont montré qu'instinctivement les élèves ont une perception à mon avis assez juste de la prestation moyenne de leur prof sur l'année – sous réserve d'éviter les effets de style « salope à gros cul », qui de toute façon seraient écartés quel que soit le système retenu... Quel enseignant ignore l'acuité du regard des élèves, leur instinct pour sentir les moments de fatigue ou de déprime de leur prof ? Le même instinct fait qu'ils savent quels profs arrivent à intéresser les élèves à leur matière – ce qui n'est pas gagné d'avance....
Cette éventuelle participation de ceux qui, finalement, assistent en permanence au travail dudit évalué est à peaufiner dans ses modalités. Ce pourrait être un simple classement en trois groupes, bon prof, moyen, quelques problèmes, chacun assorti d'une synthèse des commentaires des élèves, sous la supervision de quelques parents d'élèves délégués, par exemple.
Avantages évidents : réduire en bouillie la ruse du prof qui ne s'éclate que le jour de l'inspection, ou qui arrive à séduire en recrachant le pédagol attendu (genre grosse frime prétentieuse en Arts plastiques et nullité pratique toute l'année), pondérer ou contredire la subjectivité de l'évaluation par le chef d'établissement.
Un exemple pratique : une année ma fille a eu un prof qui faisait régulièrement des remarques ressenties par les élèves comme vexantes, désobligeantes, humiliantes voire méchantes. Il était inutile de le signaler car je connaissais la réponse inévitable : il faut stimuler les élèves, les motiver, critiquer un peu les fainéants, les remettre en place, les parents sont trop protecteurs, la vie n'est pas un conte de fées, etc. Tout ça est vrai, et parfois utile par exemple en sport, mais pourquoi différents élèves se plaignaient-ils de ces remarques, et uniquement par ce prof ? Ma réponse c'est qu'il a une composante de personnalité sadique, consciente ou pas, et que ses remarques sont réellement désobligeantes plus que stimulantes. Dans le système actuel, impossible de répercuter ce genre de détail sans passer pour un emmerdeur qui chouchoute ses gosses, alors qu'une concertation des parents d'élèves permettrait d'en faire la remarque. Actuellement, il faut vraiment en faire des tonnes pour que l'info remonte des parents au chef d'établissement, et soit perçue comme crédible.
L'avis des collégiens ne serait pas le seul à être pris en compte : il ne serait évidemment pas considéré à égalité avec l'évaluation par l'inspecteur ni même avec celui des collègues et du principal et il n'est surtout pas pris pour argent comptant.
À moins de tomber sur des inspecteurs totalement débiles (auquel cas ta solution ne marche pas non plus), l'avis d'un collégien qui écrirait "Madame Machin c'est trop une salope avec un gros cul et elle a une haleine de phoque" va partir à la poubelle directement. En revanche si un nombre significatif d'élèves écrit "Monsieur Machin se contente d'écrire son cours au tableau, nous laisse le recopier et ne dit plus un mot avant la fin du cours.", ça sera pris en compte, a fortiori si on sait que ce sont les élèves d'une classe à majorité choupie qui ont écrit ça. Et typiquement, c'est le genre d'attitude que des visites d'inspecteurs, même surprises, ne permet pas de révéler.
Par ailleurs, j'ai bien parlé d'avis qui devraient être encadrés. Il ne s'agirait évidemment pas de mettre une note + un commentaire free-style. J'ai eu à évaluer des profs dans mes études supérieures et c'était toujours des grilles détaillées avec des critères précis (ex. : "le professeur prend-t-il le temps de répondre aux questions des étudiants ?" o très satisfaisant o assez satisfaisant o moyen o peu satisfaisant o pas du tout satisfaisant) et sans notes évidemment.
Pour l'anonymat, je partais du principe que le professeur pourrait lire les différents avis donc c'était pour que chacun se sente libre de s'exprimer et éviter de mettre une ambiance de merde ou de subir des représailles - cela dit, j'ai toujours signer mes évaluations même en sachant qu'elles seraient lues par la personne concernée. Si seuls les inspecteurs lisent les avis, alors pas de problème pour signer et en réalité, signer les avis permettrait d'évaluer leur pertinence plus facilement.
Quant à l'aptitude des collégiens à juger les professeurs, personnellement, les professeurs que l'on considérait les meilleurs dans mon collège sont effectivement, avec le recul, ceux qui nous ont le plus appris. Bien sur généraliser mon expérience et penser que c'est le cas partout ou pour tous serait débile, mais rejeter l'opinion des collégiens dans leur ensemble comme étant sans valeur et purement affectif est tout aussi faux. Et pour contrebalancer les avis fondés sur l'affectif, il y a tous les points que j'ai déjà évoqués.
Réponse de votre serviteur :
=> Je comprends bien où serait l'intérêt de demander leur avis aux élèves.
Si on va par là, tous les ans, je fais remplir un questionnaire à mes élèves en fin d'annéee. Je leur demande quelle séquence ils ont le plus appréciée, ce qu'il aura paru le plus difficile, s'ils ont l'impression d'une évolution, d'une progression concernant leur niveau, je leur demande dans quelles activités ils se sentent le plus à l'aise (compréhension écrite/orale / expression écrite/orale... etc.) et celles qu'ils redoutent le plus... etc. Ce questionnaire n'est absolument pas anonyme.
À la question "le professeur prend-t-il le temps de répondre aux questions des étudiants ?", je pense très sincèrement que 95% des enseignants, oui, prennent le temps d'expliquer, de ré-expliquer. Autant l'évaluation en fac me paraît intéressante et justifiée car les étudiants ont (j'espère) une réelle motivation et un intérêt à réussir. C'est l'âge où l'on travaille pour soi.
Au collège, il est rare mais ça arrive qu'un élève travaille pour lui-même, conscient des répercussions sur sa scolarité, son avenir ; mais la majorité bosse pour ne pas se faire engueuler / pour faire plaisir à tout le monde / pour avoir un cadeau / parce que c'est obligatoire, c'est comme ça et basta.
L'avis des élèves est important mais ce que je crains, c'est que cela pourrait vite, très vite déraper.
Du coup, je vais en faire un papier pour Agora vox, histoire de peaufiner ma suggestion d'évaluation par les élèves et leurs parents, complémentaire de celle du boss, tout en limitant les risques de dérapage et celui d'usine à gaz et à paperasse "évaluationnite."
Ca ne me paraît pas si compliqué que ça.
@Anonyme et Soso, une telle évaluation (simple, en 3 groupes, bon, moyen, peut mieux faire, et assortie d 'une synthèse de remarques validée par les délégués de parents et d'élèves) présenterait aussi un intérêt pour les profs eux-mêmes ! A savoir un contre-pouvoir face au chef d'établissement, un avis complémentaire qui pourrait servir de contestation si le prof pense être victime d'une injustice ou d'une incompatibilité d'humeur. Un avis opposable, comme on dit.
Moi je trouve tes idées de réforme de l'inspection très cool, mais je pense que ce serait totalement impossible à mettre en place au niveau financier et surtout matériel : j'imagine qu'avec DEUX inspecteurs pris pendant TOUTE UNE SEMAINE (ou du moins 3 ou 4 jours) pour UN seul prof, ce ne serait plus une inspection tous les 8 ans, mais même pas une par carrière pour chaque prof !
Et je ne suis pas d'accord avec la visite-surprise, pour deux raisons : la première c'est qu'on peut avoir prévu un contrôle (bon, s'ils restent pour voir plusieurs séances, c'est bon, sauf si on a étalé les contrôles de toutes les classes la même semaine). La deuxième, c'est qu'il y a parfois des séances qui ne semblent pas très enrichissante lorsqu'on voit en quoi elles consistent (mais ont bel et bien pour but de faire progresser les élèves !), style matage de film (dans le but de bien évidemment travailler sur le film, son thème, ses personnages et de faire s'exprimer sensibiliser les élèves à une oeuvre d'art qui nécessite malheureusement de passer 2 heures à s'en imprégner) ou encore une séance d'exercices grammaticaux pour réviser et rassurer les élèves avant un contrôle de fin de séquence (avec leur lenteur, je passe régulièrement une heure entière de cours à ne faire que des exercices avant les évals), LE truc pas du tout pédagogique, mais qu'il faut pourtant bien faire. Du coup quand je remplis mon cahier de texte et que je suis obligée de n'écrire que ça, j'ai des sueurs froides à l'idée qu'un inspecteur puisse le lire et me taper sur les doigts ! Alors qu'il puisse se pointer pile-poil à une séance comme ça est tout simplement mon pire cauchemar !!
Une chose qui me choque : "Les inspecteurs viendraient SANS S'ANNONCER " ...
Genre les profs seraient en majorité d'accord de se faire inspecter par surprise.. mais bien sur...
Rappelons que le fait de prévenir l'enseignant de son inspection est un droit (terme utilisé par les syndicats d'enseignants, composés .. d'enseignants!) défendu becs et ongles par ces mêmes syndicats, à la demande des enseignants ... alors bon ...
De plus, autant je trouve la proposition de Luc Chatel sur l'évaluation des profs effectuée par les proviseurs ridicule, autant je trouve la tienne, princesse Soso, tout aussi aberrante.
Deux inspecteurs pour une évaluation ? Pour évaluer sur plusieurs jours et plusieurs séances ? et qui prennent le temps de se réunir pour débattre de la note ? mais bien suuuuur... Ils n'ont que ça à faire. Ha ce n'est qu'une question de moyens financiers et humains ? Bahh c'est vrai, après tout y'a qu'à doubler le budget de l'Education nationale pour pouvoir y ariver, c'est pas si compliqué quoiiii.
Tu m'as l'air en manque de cookies cette semaine Princesse Soso
Réponse de votre serviteur :
=> mais bien suuuuur... Ils n'ont que ça à faire
Bah oui
ça fait un peu partie de leurs missions, non ?! Je dis juste que lorsque l'on veut réformer, on le fait dans le bon sens. Le budget de l'éducation nationale est mal réparti, mal géré. Fonder un rapport d'évaluation sur une heure de cours, voilà ce que je trouve aberrant. Quand on évalue, on le fait bien ; sinon il est inutile et hypocrite d'évaluer...
Je découvre ce blog depuis la page du Concours de Blogueuses Elle de cette année et "il est trop géniaaaaaaaal" ce blog.
Je sens que ça va devenir ma lecture du matin.
Merci pour l'humour au top !
C'est normal que les inspecteurs soient pas là, ils pouvaient pas venir, ils avaient microsoft a la place http://www.numerama.com/magazine/20...
Hola Soso, je viens de découvrir ton blog, et j'aime la crudité et la franchise de tes propos. Et pourtant, quelque part je pourrais être considérée comme une planquée, eh oui j'enseigne en lycée français pour l'AEFE, à Quito pour être précise. Alors les choupis sont vraiment choupis, au pire du pire ils oublient de lever la main t'imagines? Et bon juste pour ajouter de l'eau au moulin, nous les profs de l'étranger sommes les grands oubliés du décret (qui ne passera pas avant 2015 ouf). Parce que pour devenir ce prof on doit accepter d'être trois mois en dispo (=interruption de carrière et de cotisation retraite), mais on vieillit tous au grand choix, parce que les inspecteurs ça court pas les rues à l'étranger. Et là, zobi!! C'est fun, nous ça nous fait rêver, même si c'est tout le temps le printemps chez nous.
Une dernière précision, je ne suis pas expatriée, je ne gagne pas trois fois mon salaire non imposable. Je suis résidente, je gagne mon salaire français et je suis imposable...