Ouais, je sais.

Une semaine sans article.

J'abuse.

Je pourrais vous dire que je tarde à écrire because la préparation de cours, because Serena qui fait des siennes, because les réunions et autres conseils de classe à concocter, because la vie chronophage et frustrante qui empêche de faire tout ce que l'on veut en même temps (parfois je suis obligée de faire des combo genre téléphoner à Poppy tout en mangeant un Sundy, le tout devant un épisode de Melrose Place, le PC sur les genoux pour liker les statuts Facebook de mes potes, un Meso-Mask de Filorga sur la tronche, pendant que Seigneur et Maître me fait des papouilles dans le dos)

Mais en fait, j'ai été grave occupée des jours-ci à m'occuper de nobles causes qui pourraient bien changer la face du monde :

  • J'ai créé un lobby afin de redorer le blason de l'ancien slogan de la pub Kiri, injustement changé pour des raisons de nivellement par le bas. Genre, vous aussi, vous avez grandi avec "Kiri, Kiri, Kiriiiiiiiiiiiiii, le fromage des gastronomes en culottes courtes"... et BAM, vous vous prenez dans la tronche ce nouveau slogan aussi fade que syntaxiquement moche "Kiri, pour les gourmands de la vie" o_Ô Mais rassurez-vous, le combat ne fait que commencer. ILS NOUS ONT PRIS LES RAIDERS, NOUS SAUVERONS LE KIRI. Un groupe Facebook a été créé pour cette occasion, cliquez ici pour rejoindre la turlutte.
  • Je suis en train de travailler mon imitation de ma nouvelle héroïne aka Agnès dans "Moi, Moche et Méchant" ou "Despicable Me" en anglais, dans le texte. Je commence à bien maîtriser le "Elle est trop géniaaaaaaaale" et sa version en V.O "It's so Fluffyyyyyyy"




Décidément, Luc est un petit farceur. Tu crois qu'il a touché le fond avec ses réformes et ses idées aussi novatrices qu'un concept de télé-réalité et BAM, il parvient encore et toujours à te surprendre ♥

00000000chatel2.jpg

Luc et les profs, c'est comme un couple qui n'a de cesse que de ranimer la flamme. On croit être un peu peinard dans une routine pas toujours agréable mais tout de même rassurante avec l'idée que tout s'améliorera un jour (peut-être en mai 2012...) et BAM Luc, histoire de sortir du quotidien, te prépare des petites surprises qui donnent envie d'organiser une séance ambiance "Crime de l'Orient Express".

JF bien sous tous rapports sexuels cherche 11 volontaires pour meurtre organisé avec si possible un peu de barbarie. Contact : michelfourniretforever@gmail.com

L'Histoire des Arts ou comment le foutage de gueule est une promesse électorale tenue...

J'en ai déjà parlé ici, chouinant à propos du côté "Les établissements scolaires auront carte blanche pour organiser les modalités de l'épreuve" qui signifie en substance "bon, les gars, on vous laisse vous démerder hein, vous avez l'habitude ". On s'est débrouillé. On s'est fadé des réunions et des débats sans fin à propos de sujets brûlants : "cahier ou classeur ?", on a géré, on a échangé et tous les profs de France et de Navarre ont fait leur petite vinaigrette en se disant qu'il y avait énormément de foutaises dans la mise en place de cet enseignement.

Et BAM, le Bulletin Officiel nous sort une petite pépite qui signifie "vous vous êtes fait chier à tout faire ? Bah nous, on a récupéré toutes vos idées et on a pondu de nouveaux trucs rien que pour faire péter la veine sur votre front. Allez, sans rancune".

Morceaux moisis choisis :

"L'enseignement de l'histoire des arts est en place à tous les niveaux du collège. Il donne lieu à une mention dans les bulletins scolaires trimestriels avec, le cas échéant, une note chiffrée."
HEIN ? Euh... et ça se passe comment exactement ? Qui évalue ? Sur quels critères ? Une note chiffrée ? Bah faudrait savoir... vu qu'on nous rabâche que les notes, c'est trop LE MAL et qu'il faut uniquement évaluer en termes de compétences... Tout ceci pue la contradiction et la précipitation.

"Dans le cas d'élèves présentant un handicap, on veillera à adapter le choix des objets d'étude en fonction de leur situation de handicap." C'est vrai ça... Ils font bien de préciser... Les profs sont tellement cons qu'ils seraient bien capables de proposer une sonate de Beethoven à un élève déficient auditif, un camaïeu de Pierre Soulage à un Daltonien ou La Vénus de Milo à un élève déficient brachial, aka un manchot.

Bref, il y a une nouvelle grille d'évaluation mais bon, on fait comme on veut tant qu'on la respecte grave en la suivant pas à pas. Bref, ça change pas trop mais en fait si, mais comme ça n'est pas clair, on essaye de noyer le poisson en faisant croire aux enseignants que c'est trop fastoche et merveilleux comme innovation pédagogique. Bref, il y a rien de bien nouveau, sauf qu'à présent, l'élève doit présenter une liste d'objets d'étude et un dossier facultatif (qui était obligatoire dans certains bahuts) dont le jury prendra connaissance au minimum cinq jours ouvrés avant l'épreuve.

Sur quels créneaux horaires accompagner ces élèves dans la formation de leur dossier ? L'Histoire des Arts n'est pas une discipline mais un enseignement... donc ça sent la récré bouffée, les conseils à l'intercours... ça sent le bâclé et l'expéditif.

J'ai envie de dire "quoi de neuf, donc ?!".

Que vont devenir les IPR ?

J'ai relativement bien rigolé quand Élise Lucet nous a annoncé ce midi qu'en règle générale, les profs sont inspectés tous les 4 ou 5 ans. Je lolilole. Certains de mes collègues ont été inspectés deux fois en quasi vingt ans, mon Poppy n'a jamais été inspectée alors que ça fait 6 ans qu'elle est dans le Milieu... Les IPR ne sont pas assez nombreux et n'ont pas le temps matériel de se déplacer dans toute une académie. Néanmoins, l'inverse existe... Un ancien collègue qui est incapable de tenir une classe ou de transmettre la moindre connaissance à une classe, se fait inspecter chaque année... Mais il est tellement difficile de se débarrasser ou de reconvertir un prof, même incompétent...
L'inspection, telle qu'elle est encore pratiquée jusqu'à présent, est une énorme aberration, un simple remplissage sans conséquences, basé sur du vide.
1. L'inspecteur s'entretient avec le chef d'établissement (qui, au choix, demeure neutre et aimable, encense son enseignant ou le descend en flammes)
2. L'inspecteur assiste à une heure de cours de l'enseignant. Il jette un coup d'oeil au cahier des élèves, regarde éventuellement le cahier de textes du prof et gribouille sur son carnet Moleskine.
3. L'inspecteur s'entretient avec l'enseignant. Si celui-ci a cartonné sa race, l'inspecteur augmente sa note pédagogique qui sera de toute façon rabaissée pour des questions d'harmonisation. Les profs doivent avancer peu ou prou(t) au même rythme et si une brebis est trop à la traîne ou atteint trop tôt les sommets, on ré-équilibre tout ça gentiment. Si l'enseignant a foiré sa séance, l'inspecteur ne pourra pas faire grand chose...
4. L'inspecteur rédige un rapport détaillé (ou pas) et attribue une note à l'enseignant. Voilou, rendez-vous dans douze ans.

L'inspection fait transpirer les profs alors que ses conséquences sont aussi ridicules que le niveau de langue des candidats de Secret Story.

Je trouve normal d'évaluer les enseignants. Effectivement, il existe des profs incompétents et feignasses, comme partout. Et je suis bien d'accord avec Luc, il faut réformer les modalités de l'inspection.

Sauf que sa nouvelle idée pue autant que le rectum d'un lépreux souffrant de dysenterie.

Alors que moi, j'ai trop des idées utopiques pour améliorer la situation :

  • Les inspecteurs seraient OBLIGÉS d'avoir des classes en responsabilité. Genre un mi-temps. Ou même une ou deux classes. Juste que bordel, ils soient vraiment sur le terrain.
  • Les inspecteurs ne baseraient pas leur rapport sur une pauvre séance de 55 minutes. Séance qui n'est pas peut-être absolument pas révélatrice du talent, de l'implication ou de la complicité de l'enseignant avec sa classe. Chaque heure de cours est différente, beaucoup d'élèves étant constamment en mode Shuffle. Les inspecteurs étaleraient leur évaluation sur plusieurs jours, verraient plusieurs séances à différents moments de la journée avec différentes classes et différents niveaux. Je dis "LES" car il me semblerait normal qu'il y ait au moins deux personnes pour jauger le travail d'un enseignant. Qu'il y ait une vraie discussion, un vrai débat sur telle ou telle pratique.
  • Les inspecteurs viendraient SANS S'ANNONCER :-D parce que bordel, c'est le meilleur moyen de repérer les feignasses qui n'ont aucune réelle progression de séquence de prévue... Qu'on ait un cours plus faible qu'un autre pour des raisons plus ou moins valables... passe... et ça n'est pas dramatique dans la mesure où les inspecteurs seraient là sur deux ou trois jours... On se rattrapera avec une classe davantage choupi ou avec une séquence pédagogique mieux ficelée... Je me souviens de mon prof de philo de terminale, connard notoire, qui mettait son beau costard Hugo Boss et faisait un cours béton une fois tous les 8 ans, le jour de l'inspection...

Mais apparemment, le Ministère de l'Éducation Nationale ne partage pas mon point de vue parce que Luc et ses potes ont décidé que ça serait méga choupi si l'on confiait l'évaluation des enseignants... AUX CHEFS D'ÉTABLISSEMENT.

00000000carebear.gif
00000000carebear2.jpg

Le principe :
Jusqu'ici, le chef d'établissement attribuait une note administrative basée sur la ponctualité du prof ou son "rayonnement" (un concept méga flou). Genre, t'es à l'heure, tu ne frappes pas les élèves, tu ne craches pas dans la cour et t'assistes aux réunions... et BAM t'augmentes chaque année d'environ 0.5 points. Si le projet de Luc et de ses potes voit vraiment le jour, la note administrative fusionnera avec la note pédagogique (au préalable attribuée par l'IPR). Apparemment, le prof rédigera une auto-évaluation ("Chuis trop un gros winner, mes cours sont trop de la bombe de balle, tavu") et s'en suivra un entretien avec le chef d'établissement qui, au final, établira un rapport qui comprendrait les critères suivants :

  • La progression disciplinaire de la classe
  • La progressions disciplinaire de chaque apprenant
  • La participation au travail en équipe et l'investissement concernant le projet d'établissement

Et mon préféré ♥

  • L'amélioration du climat scolaire et à l'extérieur de l'établissement

Alors, Luc, si tu me regardes, j'ai deux/trois questions :

1. Un chef d'établissement est déjà débordé par la paperasse, les parents chiants à gérer, et d'autres trucs qui occupent bien ses journées... Comment va-t-il organiser l'évaluation de chacun de ses enseignants ? Il va assister aux cours des profs ? Ça signifie qu'il doit maîtriser sur le bout des doigts les programmes de chaque matière pour chaque niveau. Bah voyons. C'est tout à fait normal et logique qu'un ancien prof de maths qui a enseigné deux ans avant de se diriger vers la fonction de principal/proviseur se permette de juger les pratiques pédagogiques d'un prof d'espagnol :-| Faut pas se leurrer, le principal/proviseur n'aura JAMAIS le temps matériel de "visiter" ses ouailles... et il y a fort à parier que certains noteront à la louche, soit de manière très uniforme, soit en se basant sur les bruits de couloir et autres racontars slash gossip.

2. Ça sent pas un peu la dérive et le dérapage par hasard Balthazar ?! Certains chefs d'établissement n'hésitent pas à clairement claironner qu'il faut gonfler les notes histoire de redorer l'image du bahut... Un bon prof, c'est un prof qui met de bonnes notes ? Un bon prof, c'est un prof docile et opportuniste qui a la langue gonflée à forcer de lécher les bottes de tout ce qui pourrait éventuellement l'aider à gagner un dixième de point ? Un bon prof, c'est le prof qui se sent obligé de dire "oui" à tout ? Oui au soutien le soir, Oui pour être accompagnateur à la sortie scolaire à la déchetterie nucléaire, Oui pour chapeauter douze mille réunions...

3. Va falloir m'expliquer "l'amélioration du climat scolaire à l'extérieur de l'établissement"... Faudra aller aider les élèves à faire leurs devoirs chez eux ? Faudra sortir dans la rue avec un T.Shirt "I LOVE MY STUDENTS" ? Faudra faire du prosélytisme au supermarché : "Le collège Arthur Rimbaud, c'est trop rigolo ♥" ? Faudra surtout pas dénoncer les dysfonctionnement d'un système en lambeaux ?

Les termes "libéralisation de l'enseignement" / "manager les équipes éducatives" / "l'école devient une entreprise" sont plus que jamais d'actualité.

Luc a sacrément du pain sur la planche car je sens que, bizarrement, on ne va pas se laisser faire... et le souci c'est que beaucoup de sombres ignorants diront "Nan mais les profs, ces résidus de fausse couche, ils rejettent toutes les réformes et préfèrent se vautrer dans leurs acquis sociaux".

Bon courage Luc. Dès qu'on a réglé le problème de la pub Kiri, on s'occupe de toi.

00000000chatelbref.jpg