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Food'Amour


Princesse Soso en saigne

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Mais jusqu'où ça va aller toutes ces conneries ? PART THREE

Cette polémique sur le bien-fondé des devoirs à l'école primaire et au collège me passionne tout en me hérissant les poils si j'en avais.

Compte-tenu du nombre de commentaires et de mails que je reçois, j'en conclus que je ne suis pas la seule à réfléchir, tergiverser, revendiquer.

Tout d'abord, il faut partir du postulat que les devoirs englobent l'apprentissage des leçons ET les exercices d'application. C'est un tout, les deux sont indissociables. On révise ce qu'on a fait le jour même, puis on vérifie qu'on sait le refaire tout seul, sans modèle.

Les devoirs ne représentent pas forcément quelque chose de long et de fastidieux. Particulièrement à l'école primaire où il suffit de faire réécrire quelques mots, apprendre de petites choses par coeur, lire une histoire... Je suis effarée quand je vois les 4èmes prendre leur calculatrice pour 7x8...
Au collège, je demande aux élèves de simplement relire leur leçon avec parfois un petit exo pour le lendemain. S'il se passe trois ou quatre jours entre deux séances, le travail est un peu plus conséquent. Les règles sont à savoir par coeur, il faut être capable d'écrire sans erreur le vocabulaire... Ça demande de l'entraînement et de la répétition.
Je suis bien d'accord qu'en tant qu'enseignant, il faut réfléchir à la quantité de devoirs que l'on donne, il faut que ces devoirs soient une passerelle vers une certaine autonomie. Les exos que je donne sont généralement faciles, ils sont aussi là pour rassurer un élève, pour lui dire "t'as bien écouté en classe, t'as participé, t'as compris ce qu'on a fait... et t'as vu... maintenant, tu sais le faire tout seul !". Je garde les exercices plus difficiles pour le cours afin qu'ils ne se sentent pas paumés et découragés. Ce discours ne vaut que pour les élèves choupi... Ceux qui ne branlent rien et qui n'ont pas acquis de vraies méthodes de travail sont incapables de travailler efficacement et se retrouvent le soir devant un cahier mal tenu qu'ils n'ouvriront pas, préférant un mot dans le carnet ou une punition... tout sauf faire un effort intellectuel.

Vous êtes beaucoup à me demander la fiche step-by-step que je donne aux 6èmes. J'ai la flemme de trier les commentaires et les demandes sur Facebook.
Demandez-la moi sur foodamour@free.fr et je vous l'enverrai très vite.

Si les exercices, à l'instar des antibiotiques, ne sont pas automatiques, l'apprentissage doit, en revanche, être systématique.
Cependant, certains iront même jusqu'à dire que théorie sans pratique n'est que ruine de l'âme...

Il y a un argument de la FCPE que je trouve particulièrement naze, mais alors NAZE et que j'ai lu sur le blog Prof en Campagne qu'un choupi lecteur m'a envoyé.
Argument de folie : ça soule les parents de surveiller les devoirs, de booster leur gamin pour qu'il révise et fasse ses exos. Et même que ça n'est pas normal pour un enfant comme pour un adulte de revenir du taf avec du travail à effectuer.
Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE nous dit donc tranquillou-bilou : "Quel parent accepterait de rentrer après sa journée de travail avec des heures supplémentaires à faire ?"
Euh... Bah plein de parents, mon bon Monsieur. Les profs, notamment ;-)
Donc en gros, comme ça fait chier certains parents de dire à leur rejeton "dis-donc Donovan, tu vas lâcher le nutella et la Wii et aller apprendre ta table de 9", ça serait choupi que le temps familial ne soit consacré qu'aux loisirs. Certains charlatans psychologues expliquent que les devoirs sont toujours source de tensions car les parents sont impatients, ont hâte de se débarrasser de cette corvée et que le pauvre petit chouchou n'est pas forcément disponible et enclin à travailler et que donc, il faut respecter son rythme.

J'ai tout simplement envie de dire : ce ne sont pas les devoirs qu'il faut éradiquer... ce sont les parents qu'il faut éduquer.

Effectivement, si le parent envisage les devoirs de son môme comme une corvée et lui fait bien sentir que ça le fait grave chier... il y a de fortes chances qu'il transmette ses mauvaises ondes à sa progéniture qui, elle, aussi, percevra les devoirs à faire comme une sorte de punition, l'empêchant de glander sur le canap'.

LES DEVOIRS NE SONT PAS UNE PUNITION. BORDEL.

Ça paraît évident de le dire mais apparemment ça n'est pas clair pour tout le monde... J'ai beaucoup de mal avec les enseignants qui disent aux élèves "si vous n'êtes pas sages, je vous rajoute plein d'exercices et de devoirs..." ou qui, en heure de retenue, leur file des exos de leur matière... Euh... ma matière n'est pas une punition. Une heure de colle est rébarbative et ne sert à rien d'autre qu'à dire "t'as vu un peu les conséquences chiantissimes de tes actes ?". Je ne donne JAMAIS d'anglais à faire durant ces heures de colles, je file les règles du cours à recopier, des rédacs avec un thème lié à la connerie de l'élève...
Il faut selon moi travailler à fond sur la satisfaction que procure la connaissance... Apprendre est aussi source de plaisir... mais au fur et à mesure, l'effort est devenu une contrainte à laquelle il faut échapper dès qu'on en a les moyens. Je passe un temps fou à expliquer aux élèves que le travail que je leur donne n'est pas fait pour les empêcher de jouer ou pour les "occuper" ambiance garderie forever... Le travail que je leur donne permet de développer leur esprit, leur mémoire, de construire une partie de leur savoir, d'organiser leur pensée... Bref, tout ce qu'ils apprennent sérieusement et efficacement conditionne leur vie future. "Vous construisez l'adulte que vous serez demain les p'tits loups" ai-je l'habitude de leur répéter.

Je n'en peux plus non plus de cet argument violent et complètement débile sur le fait que "l'éducation nationale fait faire aux familles de la sous-traitance pédagogique" ... "Contraint de se glisser dans les habits du professeur, le père ou la mère peut interpréter comme un échec personnel son incapacité à aider son enfant".

On ne va quand même pas remettre en cause l'utilité des devoirs parce que des parents ne sont pas foutus d'appréhender la scolarité de leur gamin ?!
NON, PUTAIN, les parents ne se glissent pas dans les habits du professeur :-| Les parents sont des ÉDUCATEURS, ils ne peuvent pas UNIQUEMENT faire des câlins et jouer au Mikado avec leurs mouflets. Être parent, c'est aussi guider, conseiller, surveiller son gamin et OUAIS, parfois à 18h, t'as juste envie de mater Jérémy Ferrari sur France 2 et t'as pas forcément envie de te taper la poésie niaise de la petite. Sauf que pas de chatte, l'adulte responsable qui donne l'exemple, c'est TOI, le parent. Alors, tu bouges ton cul, tu souris, tu encourages et valorises le boulot de ta fille.

On donne une mauvaise image des devoirs uniquement pour justifier et excuser l'évolution d'une société paresseuse.
On ne parle que de ces devoirs maison inutiles parce que des élèves se contentent d'un vague copié/collé de Wikipédia, parce que des élèves passent beaucoup de temps sur des forums à chercher des réponses et des corrigés, parce que des élèves monopolisent papa, maman, tonton Jean-Jacques et Mamie Pruneau pour faire le DM à leur place... Comme si on devait s'adapter aux feignasses... On oublie ces élèves qui bossent réellement, qui prennent PLAISIR, oui PLAISIR, à chercher, trouver, comprendre...
Tant que des parents feront les devoirs à la place de leur enfant, tant que des parents renverront une image négative et erronée des devoirs, tant que des parents ne rempliront pas correctement leur rôle d'éducateur... bah effectivement, les devoirs auront une sale réputation.

Les commentaires sur le blog mis en place par la FCPE me font hurler... (on me souffle dans l'oreillette que les commentaires publiés sont ceux en faveur de cette mesure... petite censure à l'horizon ? Des lecteurs ont tenté de faire valider leurs commentaires courtois mais clairs sur la question... en vain)

On va réellement finir par devoir mettre en place des cours de parentalité avec un atelier "Comment participer efficacement à la scolarité de mon enfant ?"...
Règle number one : aider son enfant ne signifie pas "faire à sa place tout en lui expliquant vaguement".
Règle number two : s'assurer que l'enfant respecte bien les méthodes de travail prodiguées par l'enseignant. Genre on ne se précipite pas sur les exercices à faire. On relit d'abord la leçon, on l'apprend, on la récite... On peut faire la moitié des exos avec le cahier, puis l'autre moitié sans modèle pour bien s'assurer qu'on sait le faire tout seul.

Encore une fois, pas de devoirs en primaire = gros coup de massue en arrivant au collège. Il faut peu à peu enseigner à l'enfant la notion d'échéance, l'habituer à relire de lui-même ses cahiers, refaire les exercices en classe... Les devoirs ne sont pas une intrusion familiale, c'est aussi un moyen d'échanger avec son enfant, un moyen de l'encourager, de le rassurer... Et faut arrêter de déconner, à tous les parents qui hurlent que leur enfant passe des heures à bosser en primaire ou au collège au détriment de la vie familiale et des loisirs, j'ai envie de dire :

  • Soit l'enseignant donne trop de devoirs et dans ces cas-là, la communication est la clé. On organise une réunion courtoise avec plusieurs parents et l'enseignant et on explique son point de vue, on demande à l'enseignant de donner moins de devoirs du jour pour le lendemain, on DIALOGUE.
  • Soit vous vous organisez comme des tanches. L'enfant a des méthodes de travail inefficaces qui lui font perdre un temps fou. Le rythme familial ne convient pas et il faut l'adapter à la journée scolaire de l'enfant...

Je me rends compte aussi que malheureusement beaucoup de mes élèves sont SEULS le soir. Pas de parents à qui raconter la journée de cours, pas de parents pour surveiller les devoirs, pas de parents à qui montrer ce qu'on a compris et appris, pas de parents pour faire à goûter, parfois pas de parents pour préparer un dîner, parfois pas de parents pour faire le bisou du soir, pas de parents pour dire "allez, tu joues encore 10 minutes, ensuite tu te laves les dents et tu vas au dodo !"
Un gamin de 11 ans seul de 17h à 21h, ça me paraît aberrant. Personne pour le surveiller, lui parler, le câliner, le guider...
Et je ne jette pas la pierre à ces gamins dont les devoirs sont bâclés parce que forcément, ils n'ont pas tous la maturité suffisante pour s'obliger à arrêter de jouer pour passer le temps nécessaire à apprendre leurs leçons. Génération de parents qui n'ont pas le temps (et l'envie ?) d'élever leurs enfants ou qui ne veulent partager que des moments de détente avec eux... Génération de parents qui n'ont plus les clés pour guider leur enfant, qui se reposent sur l'école et qui se montrent agressifs et vindicatifs lorsque LEUR rythme de vie à eux est bouleversé par cette école qui prend sacrément en charge l'éducation de leurs mouflets...


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Voilà ce que j'avais envie de rajouter sur le sujet... Rien de très fun, une certaine amertume quand je vois les réactions et méthodes d'éducation de certains parents de mes élèves... Mais mon prochain article promet d'être un peu plus décapant, je fais un listing de tous les trucs de folie qui sont récemment arrivés à mes copains enseignants ;-)
Genre un élève qui arrive avec un certificat médical "INAPTE AU RANGEMENT"
To be continued...


Mais jusqu'où ça va aller toutes ces conneries ? PART TWO

Période d'hibernation, fruit sans aucun doute d'une certaine lassitude.

Bis repetita.

Après le problème générationnel et sociétal du téléphone portable qui est à la fois une bénédiction et une malédiction, j'appelle la dernière connerie MONUMENTALE balancée par la FCPE. J'ai envie de citer cet être supérieur qu'est Pierre Bénichou ♥ dans l'excellent podcast du 14 mars de l'émission "On va s'gêner" :

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"y a pas plus con que les fédérations des parents d'élèves. C'est les instituteurs le sel de la terre. Faites confiance aux enseignants. Vous êtes à l'école. Laissez faire les gens qui s'occupent de l'école".

La FCPE (Fédération des Conseils de Parents d'Élèves) et l'ICEM (Institut Coopératif de l'École Moderne) sont les fers de lance d'une nouvelle campagne qui commencera le 26 mars. Campagne qui s'intitule "Ce soir, pas de devoirs !".

Le concept : Bouhhhh les devoirs, c'est trop des trucs de Satan qui pointent du doigt les inégalités alors on va lancer la quinzaine SANS devoirs pour que tout le monde se rende compte que la galaxie est bien plus merveilleuse sans travail à faire le soir.

Et même qu'il y a un blog édifiant mis en place : http://cesoirpasdedevoirs.blogspot.fr/

C'EST JUSTE ÉNORME. ÉNORME. Les mots me manquent pour dénoncer une telle ignominie.

Extraits aussi croustillants qu'un Sundy :

"Nous dénonçons depuis longtemps la persistance des devoirs à la maison, dont personne n'a jamais prouvé l'utilité et qui ne font qu’accentuer les inégalités entre les enfants selon qu’ils peuvent ou non bénéficier d’aide à la maison."
euh... comment ça PERSONNE n'a jamais prouvé l'UTILITÉ du travail à la maison ? Qu'est-ce que c'est que ces conneries ?! Les devoirs, c'est méga important et utile bordel. Alors, si ça n'est pas encore clair pour tout le monde : Les devoirs permettent de vérifier que l'on sait faire tout seul ce que l'on a fait ensemble, en classe. Les devoirs permettent de rebrasser, répéter, refaire... afin d'assimiler au mieux les connaissances. Quant à cette PUTAIN d'inégalité concernant l'aide à la maison. Mais quand est-ce que les parents vont comprendre qu'on s'en BRANLE de leur savoir et leurs connaissances ? En primaire ou au collège, on ne demande pas aux parents de ré-expliquer au gamin. Si le gamin ne parvient pas à faire ses devoirs, ça signifie qu'il y a quelque chose qui n'a pas été compris pendant le cours et qu'il doit absolument en parler à l'enseignant.

Ce qu'on demande aux parents :

  • s'intéresser à la scolarité de leur enfant : poser des questions sur la journée, sur ce qu'il a appris de nouveau.
  • vérifier très régulièrement (aka chaque jour pour les gamins les plus petits, les plus distraits, les plus perturbateurs...) l'agenda, le carnet de liaison, les classeurs et les cahiers du gamin.
  • encourager son enfant à faire de son mieux, à s'appliquer, à être perfectionniste. Le valoriser lorsque les résultats sont satisfaisants. Discuter avec lui voire sévir lors de problèmes de comportement ou d'une baisse significative des résultats.
  • renvoyer une image positive de l'école, de la connaissance, du savoir (aka ne pas répéter à longueur de temps "ta maîtresse, c'est rien qu'une connasse").
  • surveiller les devoirs, faire réciter les leçons MAIS en aucun cas les faire à leur place.

"Nous rejetons cette forme de « sous-traitance pédagogique » aux familles, qui, en outre, est cause de conflits quasi quotidiens entre parents et enfants. Le rôle des parents dans la coéducation n’est pas de chercher à reproduire (mal) ce que font les enseignants."
→ ça tombe bien, ça n'est pas ce qu'on leur demande BORDEL. Et puisqu'on parle de coéducation, ça serait sympatoche de ne donc pas sabrer le boulot de l'enseignant.

"C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils sont proscrits en primaire par une circulaire de 1956. De deux choses l’une : soit les élèves ont compris la leçon et réussi les exercices en classe, et on leur fait perdre leur temps, en les empêchant de lire par exemple. Soit ce n’est pas le cas et ce n’est pas à la maison, hors de la présence de l’enseignant, qu’ils pourront y arriver mieux !"
→ Je meurs. EN LES EMPÊCHANT DE LIRE. Mais qui est le guignol qui a osé écrire ça ??? "en les empêchant de passer 3 heures d'affilée sur Facebook ou sur la PS3" serait bien plus pertinent. Les devoirs n'empêchent pas les loisirs, faut arrêter de considérer des leçons à revoir et des exercices d'application comme une nouvelle forme d'esclavage des temps modernes. Dans les années 80 et 90, on avait bien plus de devoirs que maintenant et ça ne m'a jamais empêchée de lire Picsou Magazine, Stendhal, Jeune&Jolie ou la Bicyclette Bleue.
Et si l'élève n'a pas compris la leçon, encore une fois, le premier réflexe est de dire "minute papillon, j'entrave que dalle là, est-ce qu'on pourrait répéter siouplé ?!". Et attention, si le gamin n'a pas bien compris... c'est aussi peut-être parce qu'il n'a pas bien écouté probablement trop occupé à envoyer des sms.

"Il faut que les enfants montrent à la maison ce qu’ils ont fait en classe, pas qu’ils montrent en classe ce qu’ils ont fait à la maison."
→ Euh... bah si. Idéalement, il faut faire les deux mon capitaine Flam. C'est comme ça qu'on crée un vrai lien entre école et maison.
J'ai l'impression d'enfoncer des portes ouvertes que certains essayent de refermer et de cadenasser.

Les commentaires sous le blog sont HALLUCINANTS. Ça donne vraiment l'impression que les pauvre loupiots passent leur week-end à bosser, potasser, faire des recherches avec leurs parents, victimes eux aussi de la cruauté des enseignants qui délèguent leur enseignement en faisant faire aux parents ce qu'ils n'ont pas eu le temps de faire en classe.
:-|

Alors, il existe sans doute des profs qui donnent bien trop de boulot à la maison au détriment du temps de repos nécessaire à l'élève mais enfin, faut pas déconner ! Il s'agit d'une minorité d'enseignants avec lesquels il faut discuter.

Autre raison pour laquelle les devoirs ça pue autant qu'un slibard porté non-stop 15 jours en période de gastro : tous les enfants n'ont pas, à la maison, une chambre, un bureau, un endroit pour travailler au calme. Les conditions familiales ne sont pas les mêmes partout.
→ C'est pour ça que MAGIE, il existe dans quasi TOUS les bahuts, des études du soir où l'élève, après avoir pris un petit goûter, fait ses devoirs avec la possibilité de demander de l'aide à un enseignant. Ainsi lorsqu'il rentre chez lui, l'intégralité ou le plus gros des devoirs est fait.
La FCPE propose que le temps scolaire englobe des séances consacrées aux devoirs. YOUHOUUUUU, vous n'avez JAMAIS entendu parler de l'ATP ? C'est-à-dire, l'Aide au Travail Personnalisé ? C'est-à-dire, une heure pendant laquelle les élèves peuvent s'avancer dans leurs devoirs, toujours sous la surveillance et avec l'aide d'un enseignant ou d'un assistant pédagogique ? Et, je ne voudrais pas pinailler mais... La FCPE ou l'ICEM dénoncent déjà les journées scolaires surchargées... on va sacrifier quoi exactement comme cours si on veut ajouter plus de temps pour que les devoirs soient faits au sein de l'établissement ?!

Pourquoi les devoirs c'est trop choupi ?
Il faut bien évidemment qu'il y ait un équilibre. Par exemple, je ne donne jamais du jour au lendemain beaucoup de devoirs sachant qu'avec le ramassage scolaire, certains élèves ne rentrent pas chez eux avant 18h/18h30. Je ne suis pas qu'une chienne nazie tortionnaire. Les évaluations sont données une semaine à l'avance, en général, les élèves ont du temps pour s'organiser, s'avancer... (encore faut-il qu'ils aient l'idée de s'avancer et de ne pas travailler uniquement dans l'urgence...)

  • Les devoirs c'est trop choupi parce que ça permet d'encourager l'autonomie et de responsabiliser l'élève. Ça permet de le confronter à la notion d'échéance. Les devoirs sont l'application, seul, de ce qui a été vu ensemble. Les devoirs permettent de vérifier que seul face à sa leçon et aux exos, on n'est pas perdu.
  • Les devoirs c'est trop choupi parce que ça permet de faire travailler la mémoire. Le par coeur n'est pas un truc de Satan quoiqu'en disent certains didacticiens. Et apprendre, c'est comprendre... et c'est aussi répéter, s'entraîner... et ça ne peut pas se faire uniquement en cours avec l'enseignant et les camarades. L'apprentissage est quelque chose de personnel. Il faut en connaître les clés, les méthodes, les trucs et astuces et BAM, on apprend, on fait travailler ses neurones, sa mémoire... on travaille SEUL.
  • Les devoirs ne sont pas, comme le sous-entendent les sombres ignorants qui ont pondu ces inepties, composés de notions nouvelles qui n'ont pas été étudiées en classe et qui mettent l'élève dans une situation d'échec, d'inconfort voire de conflits avec sa famille.
  • Les devoirs ça contribue à insuffler à l'élève la notion d'effort qui est indispensable à leur vie future. Au lycée aussi, on va finir par interdire les devoirs ?! Nan parce qu'après n'avoir rien branlé à la maison en primaire et au collège, ça va lui faire tout drôle à l'élève de trimer en Seconde où les profs expliquent que selon les jours, les élèves ont jusqu'à deux heures de travail quotidien à assurer après la journée de cours. Et ouais, MAGIE, réfléchir, travailler, apprendre, c'est fatigant et ouais, parfois, ça empêche d'aller jouer à la Wii. Mais, les devoirs ne sont pas non plus un Styx à traverser... les devoirs n'empêchent pas d'aller au cours de piano, d'aller au cours de danse, au match de foot... les devoirs n'empêchent pas de mater PBLV ou de poster des vidéos de Christophe Maé sur son mur.
  • Les devoirs c'est choupi parce que ça amène un peu de culture dans des foyers où malheureusement elle est inexistante, voire rejetée...

Ce qu'il faut surtout travailler, c'est la méthodologie. Éduquer parents et enfants sur la meilleure manière d'aborder les devoirs. C'est pourquoi, chaque année, je donne un document step-by-step dans lequel je détaille comment organiser le temps de travail pour apprendre efficacement et les clés pour faire travailler la mémoire sur le long-terme.
Et puis, clamer que les devoirs empêchent l'épanouissement familial, les sorties culturelles, les week-ends au ski... Laissez-moi me rouler par terre en versant des larmes de consternation... Dans certains bahuts (dont le mien), le niveau socio-culturel est tellement bas que les seules sorties culturelles dont peuvent profiter les élèves sont offertes par l'établissement...

Les devoirs font aussi partie de la construction des apprentissages des élèves, ça me paraît tellement dingue de devoir se justifier là-dessus...

Bref, le 26 mars, toi aussi, file des devoirs à tes élèves ♥ et envoie un gros FUCK poli et constructif à tous ces gens qui essayent de défoncer tous les piliers de l'école.


Mais jusqu'où ça va aller toutes ces conneries ? PART ONE

Période d'hibernation, fruit sans aucun doute d'une certaine lassitude.

Lorsque je commence à écrire un article, j'ai l'impression de ressasser l'évidence, éberluée de certaines décisions des hautes sphères, atterrée par certaines méthodes d'éducation, alarmée par le niveau de certains élèves... Alors, je me tais pour ne pas passer pour la-prof-aigrie-alors-qu'elle-n'enseigne-que-depuis-sept-ans-cette-feignasse.

Je rêve d'un bahut où la cohérence et la communication régneraient. Où la courtoisie et l'échange constructif remplaceraient l'agressivité permanente et la critique insultante.

Je rêve d'enseigner à des collégiens élevés dans l'idée que le respect et la bienveillance sont la base de tout.

Je ne vous cache pas que j'attends impatiemment le mois de mai :

  • parce que le muguet c'est choupi
  • parce qu'il fait beau et qu'on peut mettre des ballerines et des robes plus légères
  • parce que peut-être Sarkozy quittera l'Élysée et la vie politique.

Comme vous le savez, je ne partage pas les idées de la Droite, je ne suis pas particulièrement émerveillée par le parcours de la Gauche non plus. Mais lorsque je vois en cinq ans le mal que Nicolas Sarkozy a fait à l'Éducation Nationale, je me demande comment un enseignant peut sérieusement envisager de voter pour lui. Même si ça me paraît toujours un peu obscur, je peux comprendre que l'on puisse voter à droite... mais voter Sarkozy... euh...nan. Ça, j'ai vraiment du mal à le concevoir.



Cette semaine, deux choses m'ont donné envie de chialer et de hurler dans un oreiller.

Cette engeance que représente le téléphone portable au collège

Je suis accro à mon iPhone. Je l'assume et l'admets pleinement. Mon côté geek est comblé par ce petit bijou de technologie et d'esthétisme, je surkiffe plein d'applications futiles et même parfois utiles, et j'hyperventile lorsque je suis en-dessous de 30% de batterie.
Mon iPhone me sert à quasiment tout (il manque tout de même l'option gaufrier en forme d'Hello Kitty! que j'espère voir apparaître pour l'iPhone 7S) : je prends des notes, je joue, j'écoute les infos, de la musique, je mate des vidéos, je planifie, je prends des photos, je consulte le plan du métro, je réserve un train, j'envoie des mails, je like les photos de chatons trop mignons sur Facebook, j'apprends plein de trucs, je mate des tableaux du Louvre parce que je n'étais plus sûre que La Mort de Sardanapale était bien une oeuvre d'Eugène Delacroix, j'écoute Pierre Bénichou imiter Claude François, j'envoie des milliers de sms aux gens que j'aime et parfois même, je les appelle ;)
En revanche, lorsque je suis en classe, mon portable est au fond de mon sac et je contiens mon irrésistible envie de checker le sms que Poppy vient de m'envoyer, parce que faut pas déconner : je suis en cours, je suis en train de travailler et mon côté psychopathe de l'iPhone doit s'effacer pour laisser place à une enseignante équilibrée et 100% investie avec 27 marmots assoiffés d'apprendre.
Je parviens à le faire sans aucun souci parce que je suis une adulte, parce que j'ai la maturité et le respect suffisants pour comprendre que mon addiction à mon iPhone ne doit pas prendre le pas sur mon taf et que bordel, c'est bien de rationaliser un peu et de déconnecter parce que putain, on s'est bien fait bouffer par les nouvelles technologies (dixit la meuf qui a un blog et qui lorgne méchamment sur l'iPad 3)
Cette maturité que mes 25 ans et 6 ans d'expérience m'offrent ne concerne malheureusement pas les ados entre 11 et 15 ans, pour la plupart, incapables de réfréner leur envie de jouer avec leur portable.
Dans mon bahut, une écrasante majorité d'élèves possède un téléphone portable et une bonne partie de cette écrasante majorité possède un smartphone.
Il subsiste, fort heureusement, quelques irréductibles parents qui ne voient pas bien l'intérêt d'offrir un smartphone à leur rejeton et qui résistent encore et toujours à l'envahisseur aka la pression sociale "ouais, mais tous mes copains, ils ont un portable, alors c'est trop injuste et même que j'ai vraiment l'air d'un con et du coup je vais être rejeté et isolé et je tomberai en dépression et saboterai toute ma scolarité PAR VOTRE FAUTE"

C'est ainsi que Donovan est tout fier de clamer qu'il a un portable depuis l'âge de quatre ans :-| Et sa maman de confirmer : "Ohhh, ça lui faisait tellement plaisir et puis c'était marrant de le voir nous imiter"... Ouais, bah, il aurait très bien pu vous imiter avec un téléphone en plastoc Fisher Price.
C'est ainsi que beaucoup d'élèves passent leurs récrés vissés à leur téléphone à envoyer des sms à leur pote qui se trouve à environ 2m50, à prendre des photos de Jessie qui tire la langue, de Margaux et Kévin qui se roulent des pelles, de Maryne, Aurély et Noémy qui font des gros coeurs avec leurs mains.
C'est ainsi que beaucoup de portables sonnent inopinément en classe parce que le manque de maturité, de réflexion et de politesse élémentaire les empêchent de penser à éteindre leurs téléphones.
C'est ainsi que Mélody, Charlaine ou Jordan prennent des photos dans le cours d'histoire ou envoient des sms à leur pote Arnold, exclu en salle de sperm'.
C'est ainsi que lorsque Leslie est envoyée au coin, elle sort discrètement son iPhone pour jouer à "Angry Birds"...

Petit à petit, le portable est devenu un véritable problème au sein des bahuts. Cacophonie, manque d'attention et de concentration, usage abusif, photos prises à l'insu d'enseignants ou d'autres élèves... Il était devenu urgent de légiférer sur le sujet car le règlement intérieur demeurait flou et source de malentendus.

Article L511-5
Créé par LOI n° 2010-788 du 12 juillet 2010 - art. 183 (V)
Dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges, l'utilisation durant toute activité d'enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur, par un élève, d'un téléphone mobile est interdite.

La possession d'un téléphone portable est donc autorisée mais celui-ci doit donc resté au fond du sac, ÉTEINT afin d'éviter toute tentation et tout problème.

Le problème concerne la conduite à tenir lorsqu'un élève outrepasse les règles et utilise son téléphone en classe, dans les couloirs, à la cantine ou dans la cour de récréation.

L'un des réflexes est de confisquer le téléphone, objet du délit afin d'éviter toute récidive et afin de marquer le coup et de montrer que l'école n'est pas une zone de non-droit et que c'est l'adulte qui fait figure d'autorité.
Sauf que la loi est extrêmement floue à ce sujet.
Officiellement, la confiscation d'un objet ne peut se faire que s'il s'agit d'une mesure de sûreté ou d'une sanction disciplinaire. Il est donc manifeste que la confiscation d'un téléphone ne s'apparente à aucune de ces mesures. De plus, des élèves et des parents lourdingues ont même été jusqu'à clamer que la confiscation du portable est la soustraction frauduleuse de la chose d'autrui aka DU VOL :-| (article 311-1 du code pénal).
Et en même temps, les textes annoncent vaguement que l'on ne peut tenir la confiscation d'un téléphone portable pour absolument illégale.

Bref, tout le monde a un peu raison et tout le monde a un peu tort.

Les bahuts s'adaptent, font à leur sauce, essayant de faire au mieux, réglant au cas par cas ce genre d'incidents.
Dans certains collèges, impossible de confisquer un portable de peur que les parents procéduriers débarquent en gueulant, oubliant qu'à la base c'est leur enfant, le fautif. Dans d'autres collèges, confiscation systématique en cas d'usage du portable mais l'objet du délit est rendu à l'élève en fin de journée. Certaines écoles confisquent le téléphone jusqu'à ce que la famille se déplace pour le récupérer...

Il est plus que temps de définir les conditions préalables de la confiscation et celles de la conservation dudit téléphone.

Voici comment je vois les choses :

1. Le téléphone portable de Steeven sonne en classe.
Steeven devient tout rouge, farfouille maladroitement dans son sac, éteint son téléphone et s'excuse platement. Il a oublié de l'éteindre, il s'en veut de son oubli et promet que cela n'arrivera plus.
Je fais les gros yeux, je rappelle à toute la classe que c'est quand même ballot de risquer d'être sanctionné parce qu'on a oublié d'appuyer sur une simple touche et je continue mon cours. Je garde Steeven à la fin de l'heure pour bien lui ré-expliquer qu'on a le droit à l'erreur mais que le but est, bien évidemment, de ne pas recommencer. J'écris un petit mot dans le carnet de liaison, informant la famille de Steeven que le portable de leur fils a sonné en plein cours, qu'il s'est excusé et engagé à faire davantage attention et que l'affaire était classée. La confiscation ne me semble pas justifiée car il s'agit d'un oubli involontaire et Steeven ne s'est pas montré contestataire ou insolent. Il sait qu'il a fait une connerie, s'en excuse et basta.

2. Le téléphone portable de Willy sonne en classe.
Willy se marre. Je fais mon petit speech mais demande à Willy de mettre immédiatement son carnet de liaison sur mon bureau. Son repentir n'est pas flagrant. Je continue mon cours et 10 minutes plus tard, le portable de Willy sonne de nouveau. Nous ne sommes plus dans l'oubli involontaire mais dans la provocation. Je demande à Willy d'éteindre son portable et de le déposer sur mon bureau.
S'il obtempère sans rechigner, je le garde à la fin de l'heure, inscris un mot dans son carnet et tente d'obtenir de sa part des excuses clairement formulées et son engagement à ne pas recommencer. Si Willy s'écrase, comprenant enfin qu'il a abusé et fait son gros malin et si son casier judiciaire d'élève perturbateur n'est pas affligeant, je lui rends son téléphone. Si Willy se montre insolent, désinvolte ou me fait clairement comprendre qu'il n'en a rien à carrer de mes remontrances, je conserve le téléphone que je remets à la Vie scolaire ou au Principal qui mettront le téléphone en lieu sûr (coffre-fort...). J'appelle ensuite la famille pour leur faire part de l'incident. La famille devra se déplacer pour récupérer le téléphone dès que possible.
Si Willy refuse de déposer son portable sur mon bureau, je demande à la vie scolaire de le prendre en charge. Il est exclu du cours, un rapport sera rédigé et sa famille sera contactée afin de récupérer le portable si Willy a daigné le sortir de sa poche. En cas de refus ostentatoire assorti d'insolence voire de menaces, la BPDJ (Brigade de Prévention de la Délinquance Juvénile) sera contactée afin de faire un rappel à la loi à l'élève ainsi qu'à sa famille.

3. Je surprends Jenny-Joy en train d'envoyer un sms ou de prendre une photo en plein cours.
Je demande à Jenny-Joy d'effacer immédiatement la ou les photos, d'éteindre son portable et de déposer, sur mon bureau, son téléphone ainsi que son carnet de liaison. Si Jenny-Joy obtempère : mot dans le carnet + éventuellement coup de fil aux parents + petit sermon communicationnel dans le but qu'elle verbalise son erreur et s'engage à mieux se comporter. Si Jenny-Joy est une élève d'ordinaire agréable et respectueuse, je peux jouer la carte "droit à l'erreur slash joker" lui expliquant que je veux bien lui rendre son téléphone à la condition sine qua non qu'il s'agisse du seul et unique incident dans ce domaine. Si Jenny-Joy est une peste de premier ordre, je remets le téléphone à la vie scolaire ou au Principal qui mettront le téléphone en lieu sûr. Sa famille devra se déplacer pour récupérer le smartphone de leur progéniture dans la mesure où le propriétaire légal est celui qui a souscrit l'abonnement et qui paye le forfait aka pas l'élève donc. En cas de photo ou vidéo combo. attitude insolente de Jenny-Joy, la BPDJ pourra être amenée à faire un petit rappel à loi.

Il faut que nous ayons le pouvoir de confisquer l'objet, ça me paraît évident et logique. Il faut également arrêter avec ce discours hallucinant de certains parents qui hurlent au vol et qui nous soupçonnent de niquer le forfait bloqué de leur rejeton en appelant dans les DOM-TOM.
Il faut qu'apparaisse clairement dans le règlement intérieur la procédure de confiscation de l'objet ambiance "nouvelle technologie" (téléphone, console de jeux...). La décision de confiscation appartient à l'adulte selon la situation et l'attitude polie ou insolente de l'élève. Le téléphone portable doit être ÉTEINT au sein de l'établissement afin d'éviter tout problème. Lorsqu'il est juste sur "silencieux" il y a souvent des interférences lorsque l'on utilise un lecteur CD par exemple, ce qui est auditivement pénible.

Compte-tenu des abus, il serait presque souhaitable que le téléphone portable soit purement et simplement interdit dans les établissements scolaires. L'addiction de certains élèves est devenue tellement forte qu'elle en est vraiment inquiétante.
Pas mal de parents offrent un portable à leur enfant pour lui faire plaisir mais aussi pour se rassurer. L'enfant peut les joindre en cas de problème et inversement. Le trajet en car et les 300 mètres séparant le collège de la maison sont moins une source d'angoisse pour des parents qui oublient que la peur n'évite pas le danger.
Depuis plusieurs années, nous avons maille à partir avec certaines familles qui souhaitent pouvoir joindre leur enfant à n'importe quel moment, y compris en plein cours. Pour faire un petit coucou. Pour savoir si ça va bien. Pour savoir s'il finit bien à 16h. Pour savoir ce qu'il veut manger ce soir. Pour savoir s'il a bien pris le chèque pour la cantine. Pour faire un bisou et papoter un peu.
Que le chemin qui mène à l'école ou à la maison soit source d'inquiétude. Soit. Mais il ne faut pas tomber non plus dans une parano de dingue. Il ne faut pas vivre dans la terreur de l'enlèvement, de l'agression et du viol et surtout transmettre ses craintes à l'enfant. En revanche, dans l'établissement, l'élève est encadré et protégé. En cas de souci, la famille sera immédiatement prévenue et inversement, elle peut prévenir le collège s'il y a une urgence.
Malheureusement, nous avons des parents qui répètent à qui veut l'entendre "On n'en a rien à foutre du collège. Je n'appelle jamais le collège, je veux parler directement à mon enfant".

Bref, il est plus que temps d'établir noir sur blanc des règles précises auxquelles les élèves et leurs familles devront se plier car ce bordel 2.0 devient réellement source de conflits et de tensions.

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Le deuxième truc qui m'a grave horripilée ma race sera développé dans un prochain article publié genre très bientôt :-)


Écoeurée... doux euphémisme

C'est vrai qu'il m'est difficile de ne pas bondir suite aux propos du candidat Nicolas Sarkozy lors de son meeting de Montpellier ou lors de son entretien sur France Inter ce matin, jour funeste où le Président de la République Française a, une fois de plus, montré sa non-connaissance du terrain, sa démagogie derrière laquelle on sent poindre une notion d'économie aussi gerbante que récurrente.

Le 1er mars est également un jour merveilleux dans la mesure où nous célébrons l'anniversaire de Pierre Bénichou ♥

Je suis enseignante depuis sept ans et plus le temps passe, plus j'assiste, impuissante, à cette paupérisation de l'instruction, plus j'écoute les initiatives et projets aussi incohérents que dangereux d'un gouvernement dont les deux mamelles sont la récession et la censure, plus j'ai peur de me transformer, peu à peu, pour de vrai, en ensAignante.

À travers ce blog caustique, trash, impertinent, politiquement incorrect (me jeter des fleurs = un hobby), j'ai voulu dénoncer, me défouler, me moquer, réfléchir, faire réagir, choquer et fédérer... J'y suis parvenue à faible échelle... Ma voix a légèrement été entendue dans cet abîme blogosphérien et Michel Lafon m'a même proposé de publier un bouquin, malheureusement en train de tomber dans l'anonymat le plus complet suite à une promotion avortée dans l'oeuf de Pâquo Rabane pour des raisons diverses et variées dont je ne suis pas responsable. Dans mon for intérieur, je devais secrètement espérer que mon bouquin, vendu à 2 millions d'exemplaires et traduit dans cinq langues me permettrait de bosser à mi-temps, voire de m'arrêter de bosser afin de me consacrer pleinement à ma passion : la collection de Pin's parlants de TF1 entre 1988 et 1991, exclusivement.

Sept ans que j'enseigne. Et je suis déjà épuisée devant l'ampleur de la tâche qui ne fait que s'étoffer.

L'école va mal. Je le sais, vous le savez, tout le monde le sait.

L'école va mal et tout ce que Sarkozy trouve à dire, c'est "travailler plus pour gagner plus"... Cher monsieur le candidat... N'avez-vous donc pas encore compris que ce que les profs vous supplient de leur donner en première instance, ça n'est pas 500€ de plus (quand comprendrez-vous que les profs ne sont pas des crevards cupides uniquement intéressés par leur bulletin de salaire) (inutile de dire que niveau crédibilité, on a fait mieux... en 2007, vous avez promis une revalorisation des salaires des profs que nous n'avons jamais vue... vous avez également promis une prime aux enseignants des établissements CLAIR... que nous n'avons pas encore vue non plus...)... Les profs mendient des conditions de travail différentes et améliorées afin de pouvoir réellement enseigner, aider, guider les élèves.

Enfin, si on va par là, je me considère sous-payée compte-tenu du travail que je fournis... mais ne pinaillons pas. J'en ai déjà parlé maintes et maintes fois, je ne veux pas ressasser et entendre le Jingle de Claude Sarraute ("l'anecdote que Princesse Soso raconte pour la 250ème fois") Je fais en moyenne bien plus de 40h/semaine entre les cours, les réunions, les rendez-vous avec les élèves et leurs familles, les préparations de cours, la correction des évaluations, le travail en tant que prof principal...

Cher Monsieur le Candidat, vous proposez que les profs volontaires passent huit heures de plus dans leur établissement afin d'individualiser le parcours d'élèves en difficulté, afin d'aider les élèves à faire leurs devoirs, afin de rencontrer les familles dans ces fameux bureaux que vous réclamez pour tous les enseignants...
Vous n'êtes donc pas encore au courant que c'est ce que nous faisons déjà... L'aide aux devoirs est mise en place chaque soir en plus des séances d'aide au travail en demi-groupe et des PPRE, c'est-à-dire du soutien spécialisé pour des besoins bien précis... Vous n'êtes donc pas au courant que nous appelons et rencontrons très régulièrement les familles sur nos heures de creux, sur l'heure du midi, voire sur notre temps libre... Vous n'êtes donc pas au courant qu'il m'arrive très fréquemment de niquer mon forfait parce que faute d'agents disponibles, le standard du collège est constamment fermé entre 11h et 14h... Vous n'êtes donc pas au courant que l'échec scolaire est dans 95% des cas lié à une carence d'attention familiale et que sans le soutien régulier de la famille, il nous est extrêmement difficile d'aider un élève à progresser. Tout travail en classe doit être relu, refait, approfondi à la maison... Sans cette étape, les connaissances sont fragiles et éphémères. Quant à ces fameux bureaux... Avant de nous créer de nouvelles infra-structures, peut-être serait-ce plus judicieux d'équiper celles déjà mises en place...

Ce n'est pas en aidant une heure par semaine un gamin en grosse difficulté qu'on va réellement le faire progresser...
Tout d'abord, la plupart de ces élèves ne sont pas à leur place dans une classe-type surchargée. Ils devraient être scolarisés dans de petites structures adaptées (IME, SEGPA, ULIS...) mais pour cela, il faudrait arrêter de fermer ces classes et réintégrer des classes passerelles pour réellement individualiser le parcours des élèves.
De plus, sans un travail main dans la main avec la famille, chaque effort sera vain car détruit le week-end par une famille négligente qui n'a pas le temps ou l'envie de booster et cadrer son enfant.

«Il faut repenser complètement le collège, le passage de l'enseignant unique de l'école primaire à la multiplicité des professeurs contribuent à déstabiliser de nombreux élèves.»
=> Euh... non... NON... au contraire !!! Les élèves sont RAVIS de changer d'enseignants. Ça n'est absolument pas un souci... mais Nicolas Sarkozy se sert du bien-être des élèves pour mieux faire passer la pilule de la polyvalence aka ces profs qui feraient mieux d'élargir leur champ d'activité... Dans la mesure, où je connais mes notes de musique par coeur et dans l'ordre, je vais pouvoir enseigner l'éducation musicale... Idem pour le français... après tout, je sais lire, je sais conjuguer mes verbes sans erreur... Allez GO ! C'est parti, pas besoin d'avoir fait un Master de Lettres Modernes pour enseigner le passé composé... :-|

ZE BEST OF THE BEST :

"Les profs ne travaillent que 18 heures et leur emploi du temps est regroupé sur 2 journées"

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:-|

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Au départ, je n'ai pas voulu y croire. NAN, il n'a quand même pas dit ça. Il n'est pas autant à côté de la plaque quand même.

ET BIEN SI.

Comment peut-on tenir de tels propos lorsqu'on est Président de la République ? Comment peut-on oser prononcer de telles inepties ?

Alors, tout d'abord, il n'est pas trop possible de bosser 9 heures par jour au bahut, rapport que les élèves ne peuvent avoir grand max que 7 heures de cours dans mon bahut.
Et au cas où ça ne soit pas encore connu et logique pour tous... les heures de cours sont réparties dans la semaine pour des raisons pédagogiques évidentes. AUCUN chef d'établissement ne peut caler 18 heures sur deux jours. C'est juste impossible. Les élèves n'ont pas 5 heures de maths sur deux jours... Bordel, mais comment peut-on écrire ce genre de simili-discours... Quelle aberration... Quelle angoisse de voir que ces ignares prennent des décisions sans en comprendre les tenants et aboutissants. Des centaines de collaborateurs, de communiquants... et pas un pour éviter ce type de maladresse ?!

Cet article est écrit dans l'urgence, dans l'énervement... avec cette crainte que l'UMP gagne les élections, avec cette crainte que Sarkozy et ses sbires fassent encore plus de mal à l'éducation nationale.

Les vacances ont un petit goût amer vite effacé par la dernière saison de The Big Bang Theory (du coup, je veux aller vivre en coloc' avec Howard, Sheldon et Amy Farrah Fowler à Pasadena)


Ah oui et n'oublions pas une autre maladresse...

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Divers d'hiver...

Un lecteur m'a récemment demandé si j'hibernais.

Je crois bien que oui.

Crois bien - lecteur frustré de ne pas avoir quelque article truculent à te mettre sous la dent, histoire d'oublier ta morne vie - que ce n'est pas l'envie d'écrire qui manque. Surtout que Luc, Nadine, Kévvin, Mendy, ou Whitney alimentent sévèrement mes conversations et mes pensées, et m'offrent des jeux de mots foireux et des diatribes saignantes sur un plateau d'argent.

Autant te dire que tu passes à côté d'une sacré litanie de blagounettes qui t'auraient laissé quelques traces dans ton calbute.

Bref, je manque de temps pour verbaliser à l'écrit mes élucubrations quotidiennes.

Qu'est-ce qui t'empêche de poster des articles, feignasse ?!

1. Ma conscience professionnelle

(les deux qui se marrent au fond peuvent sortir)

Nan mais c'est vrai en plus.
Je bosse grave. Je ne déconnecte pas. Je rêve de fiches d'activités, de compétences, d'évaluations sommatives et d'atelier de remédiation. Je rêve de ma séquence sur la guerre du Vietnam ou sur Rosa Parks. Je rêve de diaporama Powerpoint qui rendent les verbes irréguliers plus fun (douce illusion destinée à faire oublier aux élèves le pensum que cela représente). Je pense à Manon dont les parents me semblent bien "stricts" (euphémisme pour dire je crois qu'elle reçoit des claques comme Zahia reçoit des coups de bite), je pense à Steeven dont les parents me semblent bien "laxistes" (euphémisme pour dire que je crois que le laisser se prendre des cuites à la vodka tous les deux jours n'est pas une méthode d'éducation qui se défend), je pense à Lola et Maxence qui ont peur d'aller en récré car il y a des "gros malins" (euphémisme pour dire sombres abrutis de leur race) qui leur balancent des boules de neige à la gueule, et même que ça fait pas rigoler, surtout quand on le visage tout bleu à force de traîner dans la poudreuse. Poudreuse devenue de la glace. Autant vous dire que j'ai prévenu les élèves que si jamais je me recevais ne serait-ce qu'un flocon dans la gueule, les sanctions prises incluraient des larmes, du sang et des clips de Dadyday)

Je ne suis pas chienne, je te raconte quand même des anecdotes aussi croustillantes que les croûtes de genou de Claude Sarraute :

=> Je déambulais dans les rayons de Shopi lorsque j'ai entendu des gloussements qui n'étaient pas sans rappeler un animal pré-pubère plus communément appelé "élève de 5ème". Ludivine. Ludigouine. Luditruie. (les enfants profs sont cruels). Ludivine est à la grâce ce que Brice Hortefeux est à l'humanitaire. Ludivine collectionne les cochons sous toutes leurs formes (d'où le surnom "Luditruie" donné par mon collègue Vincent, qui n'est pas le dernier pour la puterie). Ludivine est ce qu'on peut appeler une chieuse-paresseuse-insolente aussi collante qu'un mec qui t'envoie 40 sms par semaine pour savoir si tu es dispo pour un "p'tit café" dans sa culotte.
Ludivine est accompagnée de sa maman qui porte le groin à ravir.
Rencontrage d'apprenants et de géniteurs au supermarché = sourire n° 12 et hochement de tête n°5 qui signifient "Bonjour, ne me faites pas chier s'il vous plaît".
Pierre Bénichou sur les oreilles et un sac recyclable dans la main, je me saisis d'un paquet de Always Maxi-nuit avec protège-côtés sous le regard goguenard de Luditruie.
Luditruie : "Coucou Madame, alors vous prenez des Always ?!"
Princesse Soso : "Coucou Luditruievine, eh ouais, comme tu le vois, je n'utilise pas du sopalin pour absorber mon sang abrutie"
Luditruie : "Vous avez vos trucs, alors. Vos p'tits problèmes..." + SOURIRE COMPLICE genre on est copines de menstruations tavu.
Princesse Soso : "Ouais, j'ai mes règles. RÈGLES. C'est pas un mot dégueulasse hein, inutile de trouver des périphrases pour désigner un truc naturel diabolisé par la religion. Et quand t'auras 17 ans et que t'auras oublié ta pilule après avoir baisé avec Djonathane à l'arrière de sa Lada tunée, tu seras bien contente d'avoir tes P'TITS PROBLÈMES, symbole de ton gros coup de chatte à Mireille, aka je ne suis en cloque, youpi"

De retour chez moi, armée d'éléments de première nécessité (des Always, du PQ et du Gini), j'ai envoyé un sms à Vincent, mon collègue choupi :

Princesse Soso : "J'ai pensé à toi car je me suis tapé Luditruie à Shopi, elle passait son temps à me pister dans les rayons"

Vincent : "J'adore Shopi. C'est exotique. J'ai pensé à toi car j'ai vu la mère de Kassandra habillée comme une tepu"

Princesse Soso : "Ça y est !!! Elle est ENFIN venue !!! Et alors ? Elle envisage Polytechnique pour sa fille ?"

Vincent : "Plutôt l'université rurale aka la MFR"

(Je ne sais pas si j'ai déteint sur mes collègues ou si je les ai aidés à exprimer leur côté grosse langue de tepu ♥)


=> La neige est à la conversation ce que Nadine Morano est à la politique : tout le monde en parle pour s'en plaindre. Qui dit neige dit, bataille de boules de neige, dit gamin qui finit par pleurer passke c troooooop froid madaaaaaame.
Sauf que le jeu enfantin censé faire marrer tout le monde s'est transformé en carnage saisonnier.
La neige s'est muée en glace. Les boules de poudreuse sont devenues des amas de glace, compacts et tranchants.
La cour de récréation, ce champ de bataille où les balles sifflent. Règlements de compte, jets à l'aveugle, jouissance à l'idée de toucher un adversaire... La cour de récréation est le microcosme d'une société où la solidarité et la bienveillance sont bien trop souvent inexistantes. Un microcosme darwinien. Les plus forts y règnent en maître, s'approprient les endroits stratégiques en y chassant les plus faibles avec une violence verbale qui paraît complètement dingue quand on réalise qu'il s'agit d'enfants et de jeunes adolescents.
"Bah, y a pas de surveillants ?!" me direz-vous... Si. TROIS. Trois personnes pour encadrer 450 élèves. Un surveillant qui s'occupe des toilettes (quand je pense que DE MON TEMPS, les chiottes étaient en accès libre, c'était plus ou moins propre selon le degré de goretitude des élèves mais ça restait un endroit vivable... tandis qu'à présent, laisser les élèves seuls dans les toilettes = PQ et eau partout, bastons, harcèlement et garçons qui viennent faire chier les filles - au sens figuré du terme - (enfin, j'espère)), et les deux autres pions qui font ce qu'ils peuvent avec leurs deux yeux respectifs. Difficile de voir que Laury pleure, que Donovan donne des coups de pieds à Antonin ou que Leslie fume derrière le muret quand il faut déjà gérer une baston entre Bryan et Brandon, les pleurs de Coraline qui frotte son genou ensanglanté rapport à la plaque de verglas ou Jason qui a piqué le bonnet de Louka et qui ne veut pas lui rendre. Certains diront que les profs pourraient surveiller la cour... sauf que nan... because :

  • Quand tu dois changer de salle, tu dois transbahuter tout ton bordel (portable, vidéoprojecteur, enceintes et les 12 000 câbles)
  • Tu profites de la récré pour faire des photocops, écrire un mot dans le carnet de Melinda, rencontrer les parents de Joakim et éventuellement TE DÉTENDRE un chouïa (chose relativement rare et précieuse)
  • Si on cède et qu'on finit par faire ce travail d'encadrement de la cour, de la cantine ou de la salle de sperm', le gouvernement va s'engouffrer dans la brèche et ne plus engager de pions, arguant que "youpi, comme apparemment, des profs s'en occupent, plus besoin de créer des postes d'assistants d'éducation ! Et BAM, une nouvelle mission gratos pour les enseignants".

Bref, cela fait plusieurs jours que j'ai des choupis qui ont mal au ventre à l'idée d'aller en récré parce qu'ils savent qu'ils vont se prendre des boules de glace dans la tronche. Ils sont les dommages collatéraux du manque de réflexion de l'adolescent bourrin, excité à l'idée de viser, lancer, toucher... On a prévenu chaque classe, il est strictement INTERDIT de lancer de la glace rapport au côté dangereux de la chose aka l'arcade sourcilière, ça saigne sa race... aka la glace ça brûle, ça coupe, ça fait mal et BORDEL, faudrait peut-être réfléchir avant de bourriner tout ce qui bouge "pour rire madame".
Je suis effarée de voir que malgré nos explications, avertissements et menaces... beaucoup d'élèves continuent leur bataille sans prendre conscience des conséquences de leur jeu débile. Je suis effarée de voir que beaucoup de parents s'en foutent et disent à leur gamin "oh c'est bon, tu dois t'endurcir !"...
Non, non et NON. Un élève doit venir au collège sans avoir peur d'avoir mal, sans crainte de se prendre des coups ou de la glace dans la gueule... ça me paraît tellement évident que je trouve ça dingue de devoir le rappeler, le marteler...

2. J'essaye de me cultiver

(les deux qui se marrent au fond peuvent sortir)

Poppy et moi, on se disait que putain, on n'avait moins de temps et peut-être moins de courage (?) pour lire des trucs, apprendre et découvrir... Facebook, Twitter, les sms et cette interaction permanente ont beaucoup aidé à nous créer un monde 2.0 où la culture a sa place mais où malheureusement l'oisiveté aussi.
Je me rends compte que je n'ai toujours pas fini le ''Journal d'un mythomane" de Nicolas Bedos, que j'ai à peine touché à mon matos de peinture (ma nouvelle lubie ambiance "chuis trop une artiste tavu"), que je n'ai toujours pas vu la pile de DVD qui trône dans le salon, que je ne suis toujours pas allée voir des expos qui me tentaient ou dans un restau que mon frère m'a chaudement recommandé...
Alors, j'essaye de couper internet pour absorber... "Polisse", "Intouchables", "Drive", "Downton Abbey", "The Big Bang Theory", "Full Metal Jacket", "Funny Games"... (re)lire Jane Austen, Philippe Delerm, Kundera, Apollinaire, Litteul Kévin ou Hélène Brûlé... (ré)écouter Radiohead, Verdi, The Spencer David Group, Patrick Watson, Billie Holiday, Brigitte, M, Agnes Obel...
Je cuisine aussi... je découvre le plaisir de faire sa propre soupe (velouté d'échalotes et champignons, soupe épaisse de légumes quand il fait froid, soupe chaude de concombre, échalote, ciboulette et kiri...), les pancakes aux myrtilles adoucissent les petits-déjeuners où il ne fait même pas encore jour... et mon premier "Tigre qui pleure" fut une réussite totale et une énorme découverte culinaire... Le concept : du boeuf longuement mariné, juste saisi et découpé en lamelle... Un truc fondant et merveilleux pour la non-amatrice de viande que je suis.

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Ingrédients pour deux personnes :

  • 2 filet de boeuf de 2 cm d'épaisseur
  • Marinade : sauce d'huître (genre 3 c. à soupe), sauce soja (genre 2 c. à soupe), ail écrasé, réduit en poudre (1 c. à soupe), huile d'arachide (2 c. à soupe), huile de sésame (1 c. à soupe), 7 épices japonais, 1 échalote ciselée, quelques gouttes de tabasco
  • Sauce : citron vert (1 c. à soupe max, 1 c. à soupe de nuoc-mam, 1 c. à café de sucre roux, 1 échalote ciselée, ciboulette (on peut mettre de la coriandre, mais je n'aime pas ça), on peut aussi rajouter de la sauce pour nems et du "kapi" qui est une pâte de crevettes (fort en goût et épicé), mais je n'en avais pas). Si la sauce est trop acide ou relevée, on peut la rallonger avec un peu d'eau
  • Préparer la marinade dans un tupperware et bien badigeonner la viande. On laisse mariner au frigo tout une nuit.
  • Faire saisir la viande, une à deux minutes si l'on aime la viande très saignante
  • Découper la viande en fines lamelles (ça se coupe comme du beurre tendre) et napper de sauce... VOILOU :)

Très simple à faire, il suffit d'avoir les bons ingrédients (on trouve la sauce d'huître ou le 7 épices japonais dans les épiceries asiatiques ou sur le net, genre Sushi Boutique). La sauce d'huître n'a absolument pas le goût de l'huître, ni même une saveur iodée. C'est une sauce assez sirupeuse et douce, idéale pour laquer des légumes ou des crevettes dans un wok.

Je reviens bientôt pour vous parler de l'avenir de ma belle profession, de conseils que je prodigue humblement suite à de nombreux mails de collègues qui me demandent comment je réagis dans telle ou telle situation, de Millefeuille, de cul et de bonnes vannes vaseuses à base de calemboursmoi la chatte.

Prenez bien soin de vous ♥



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