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Food'Amour


Un dernier bisou avant de partir

Cela fait plus de quatre ans que ce blog existe.

Quatre ans à réfléchir, écrire, palabrer, m'insurger.

Quatre ans bloguesques avec des rencontres formidables, des opportunités professionnelles et la concrétisation de projets d'écriture.

Dans très peu de temps, mon monde de l'éducation va tourner autour d'une toute nouvelle personne et mes priorités, déjà bien modifiées depuis quelques mois, vont prendre un tout nouveau tournant. Le blog était au ralenti depuis quelques temps mais là, il va faire une vraie pause afin que je puisse vivre pleinement une nouvelle aventure qui m'a l'air aussi éreintante que passionnante.

J'ai reçu énormément de messages adorables ces derniers temps, j'essaye de répondre à tout le monde mais Chronos n'est pas toujours mon allié...

J'en profite aussi pour répondre ici à quelques commentaires ou mails de personnes se disant choquées, ou n'ayant absolument pas compris ma démarche.
"C'est quoi cette prof qui parle comme ça et qui crache sur les élèves ? C'est trop choquant, hallucinant..."
Je rappelle donc, à toutes fins utiles, que ce blog est un exutoire, une création littéraire basée sur des faits réels ; cependant, afin de ne pas juste faire un listing factuel de trucs choupi et de trucs qui rendent amer ou révolté, ce blog est un exercice de style où OUI le ton employé est trash, basé sur l'hyperbole et le cynisme. Il n'est pas usuel d'entendre un enseignant s'exprimer de cette manière, effectivement, mais encore une fois, il s'agit d'un choix stylistique et absolument pas d'une volonté de "cracher" gratuitement.
Ce blog n'a strictement rien à voir avec ma manière d'enseigner ou mon rapport aux élèves. NON, je n'insulte pas mes élèves, ni leur manque de respect en classe. Je ne suis pas débile et je me considère, au contraire, extrêmement investie, bienveillante et pratiquant une empathie parfois douloureuse. NON, je n'insulte pas mes élèves, ni ne leur manque de respect sur ce blog dans la mesure où je parle davantage de portraits d'élèves, de types d'élèves que mes collègues et moi-même croisons tous les jours. Il s'agit d'un défouloir personnel que je partage avec mes lecteurs, beaucoup sont enseignants, d'autres simplement amusés et intéressés par les questions d'instruction et d'éducation.
Je l'ai déjà dit maintes fois... Si j'étais une saleté de fonctionnaire feignasse désintéressée des élèves, aurais-je passé autant de temps depuis quatre ans à écrire sur mon métier que je trouve fabuleux mais malheureusement sur le déclin pour tout un tas de raisons qui engendrent polémiques et sujets tabou ?

Bref, petite pause dans une bulle de love et de Bisounours aux couches pleines en espérant que ma nouvelle condition ne me fasse pas tomber dans une niaiserie mielleuse.

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Nan, j'pense que ma niaiserie ne sera pas sans rebond cynique. Rassurons-nous.




Des bisouuuuuuuuus ♥


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Nouvelle rentrée...

Nouvelle rentrée avec des espoirs...

Je sais bien qu'il faudra du temps avant que des réformes et des décisions lourdes de sens soient prises mais il est frustrant de constater que :

  • des élèves ayant besoin d'un AVS (assistant de vie scolaire) se retrouvent sans personne ou avec quelques heures seulement...
  • les effectifs sont toujours chargés (et on s'étonne ensuite que les élèves ne cartonnent pas à l'oral)
  • le nombre de surveillants ou d'assistants pédagogiques est toujours risible... Surveiller 400 gamins quand on est deux dans la cour... mais bien sûr...
  • pas assez de sous pour des dotations de TBI ou de vidéoprojecteurs...
  • des élèves avec des besoins particuliers qui se retrouvent noyés dans la masse du collège unique alors qu'ils auraient besoin d'une structure plus adaptée...
  • les zones sensibles n'ont toujours pas de conseiller d'orientation psychologue, d'assistante sociale ou d'infirmière à temps plein...

Il est de bon ton de dire que les profs râlent tout le temps... Mais pour qui râlent-ils exactement ?
Pour eux ? Je ne crois pas avoir réclamé à cor et à cri une hausse de salaire ou un équipement high-tech de fou... Certains diront même que je suis débile car avec mes propres deniers, j'ai investi dans un vidéoprojecteur afin de travailler comme je le souhaite, afin de rendre mes cours plus ludiques et variés, afin que les élèves reçoivent un enseignement de qualité qui les motive, que tous les moyens soient mis en oeuvre pour leur permettre de progresser vite et bien...
On râle parce qu'on se sent impuissant face à l'échec de certains élèves, face à leurs difficultés qui ne sont pas forcément dues à un manque de travail ou de la paresse... mais qui ont tout avoir avec leurs conditions d'apprentissage.

Parce que sous des dehors cyniques, caustiques, trash... vous, qui me lisez depuis longtemps, avez sans doute bien compris quelle frustration et quel écoeurement je ressens quand je vois beaucoup de mes élèves ne pas progresser aussi vite qu'ils le pourraient... Ce n'est ni ma faute, ni de la leur... La faute à un système poussiéreux qui depuis cinq ans commençait dangereusement à considérer l'école comme une entreprise à manager. Je garde espoir que les choses s'améliorent peu à peu... Naïveté ? Sans doute. Mais si je pars du principe que rien n'évoluera dans le bon sens... pfff... autant aller se recoucher ou se reconvertir.

En cette rentrée, j'ai pu voir les progrès d'élèves que je suis depuis un bon moment. Je suis fière de moi, je suis fière d'eux, de leur parcours. Et quand je croise un prof de lycée qui se dit épaté par les qualités d'expression écrite de tel ou tel élève, je bois du petit lait car je sais que je ne suis pas étrangère à cette réussite, que j'ai su les guider, les motiver pour qu'ils exploitent leurs capacités à fond les ballons. Plus le temps passe, plus je réalise à quel point on délaisse ces élèves pour consacrer un maximum d'énergie à ces élèves non-motivés qui ne se mettront jamais au travail. Les élèves choupi sont là, plus discrets souvent, plus autonomes... On a l'impression qu'ils ont moins besoin de nous... c'est un leurre qu'il est parfois difficile de surmonter et d'équilibrer.

Bon, histoire de râler et biatcher quand même, j'ai pas mal été interloquée en entendant au zapping de Canal, les propos d'une enseignante lors d'un reportage du JT de France 2 concernant le portable au collège dont l'usage lui paraît bénéfique en cour de récréation... Captivés par leurs SMS ou musique, ils en oublient de se battre...
Mouais. C'est quand même dommage de devoir trouver un palliatif technologique pour éviter les bastons et les insultes. Surtout que le portable est aussi source d'envie, de jalousie, de discorde en pleine cour de récré... Des SMS qui font circuler des rumeurs sur un élève... Des vols, de la casse... La question du portable reste très épineuse et délicate. Il n'est pas question de savoir s'il est judicieux qu'un ado de 12 ou 13 ans ait un Samsung Galaxy, c'est du cas par cas (même si dans la majorité des cas, je trouve ça bien trop tôt ou vite sujet à dérapage et abus...) mais après tout, ça regarde les familles... sauf que lorsque ça a des répercussions au bahut, ça devient également NOTRE problème. Si le portable était sagement rangé au fond du sac, éteint... utile uniquement sur la route du collège ou en cas de super-urgence... pas de souci... mais encore une fois, c'est l'abus qui crée l'interdiction ou la sanction. À quand l'harmonisation d'un vrai règlement concernant le téléphone portable à l'école ?

Je rebondis également sur des mails que j'ai reçus concernant le fait que je trouve particulièrement pas judicieux de laisser son mouflet seul à la maison le soir pour cause d'horaires de travail pas choupi.
Je persiste et signe. Laisser son môme de 5, 8 ou 13 ans constamment seul entre 17h et 21h voire plus tard... ben c'est effectivement pas youpi-youpi. Pour des raisons de sécurité tout d'abord, ça me paraît évident. Je repense à cette mère d'élève affolée car son mari, censé garder les enfants âgés de quelques mois à 5 ans, pendant qu'elle était à la réunion parents/profs avec ses deux aînés, s'était tiré boire un coup avec ses potes, laissant les gamins dans leurs lits... affolée quand elle a appelé pour dire qu'elle aurait du retard et que c'est le petit de 5 ans qui a répondu en disant que ses frère et soeur pleuraient à chaudes larmes...
Laisser un enfant de 10 ans seul du moment où il rentre de l'école au moment où il va se coucher doit, selon moi, être exceptionnel voire méga-temporaire parce qu'un enfant a besoin d'un cadre et de limites que sa nouvelle autonomie ne pourra pas lui donner. Il ne faut pas se leurrer, on parle d'un enfant et rares seront ceux qui agiront exactement comme ils le feraient si leurs parents étaient là... Les devoirs retardés ou expédiés... jouer tout son soûl à la console... manger des chips pour le goûter... boire deux grands verres de coca en surfant sur Facebook. La tentation est grande d'être moins rigoureux et je comprends facilement ces élèves qui bâclent leur travail ou qui n'ont pas envie d'approfondir leur travail. Alors, bien sûr, je ne suis pas débile, je sais bien que parfois on n'a pas le choix... mais dans la mesure du possible, il y a bien quelqu'un de la famille, un voisin, un ami, les parents d'un copain de classe qui peuvent régulièrement checker que le gamin va bien voire le prendre en charge quelques heures ou une nuit de temps en temps... Le laisser totalement seul doit être TEMPORAIRE et ne doit pas durer toute l'année scolaire... J'ai l'impression d'enfoncer des portes ouvertes en écrivant ça...

Je m'insurge enfin contre mes congénères qui, effectivement, ont des demandes de fournitures chelou, introuvables, voire hors de prix... Nous ne sommes pas tous comme ça malgré ce qu'en disent les médias qui donnent l'impression que tous les profs se frottent les mains à l'idée des sueurs froides qu'ils vont filer aux parents avec leur kit de pinceaux en poil de Kangourou de Guinée à 17.90 € pièce ou leur cahier 30x32 à grands carreaux, sans spirale, trouvable uniquement sur un site spécialisé qui livre sous trois semaines. Je me souviens des cours d'arts plastiques quand j'étais au collège avec des crayons de couleur obligatoirement de telle marque, des crayons HB, des crayons2B ou des tubes de gouache dont on ne servait quasiment pas... Mais rassurons-nous, la majorité des profs n'a pas des exigences de dingue qui donnent des envies d'acide chlorhydrique dans la gueule.

Bon courage aux profs ♥ Bon courage aux élèves choupi, accrochez-vous, ne cédez pas à la facilité de l'oisiveté ♥

Le Biatchounours continue sa pause en attendant de chouettes nouvelles concernant l'instruction des enfants.

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Lettre ouverte à François Hollande, Président de la République mais Vincent Peillon, Ministre de l'Éducation Nationale peut y jeter un coup d'oeil aussi

Cher monsieur,

Je me permets de vous adresser cette petite bafouille en tant que

  • nana qui a voté à gauche par idéologie (même si, putain, vous êtes bien conscients que vous êtes sacrément attendus au tournant, rapport à l'espoir et à la notion de "justice" (mot-clé de votre campagne) que vous avez su distiller ces derniers mois).
  • enseignante effarée par cette profonde dégradation de l'éducation nationale causée en grande partie par le précédent gouvernement et aussi par une vision de l'éducation de certains parents, complètement à côté de la plaque.
  • blogueuse qui ne sait pas manier la langue de bois (je ne voudrais pas crâner mais j'ai écrit un bouquin trash et malheureusement on ne peut plus véridique et lucide sur certains dysfonctionnements de notre belle institution) (''Chroniques d'une prof qui en saigne'' - Éditions Privé, Michel Lafon)

Je viens d'entendre Vincent Peillon, ministre de l'éducation nationale, sur France Inter annoncer que "tous ceux qui veulent participer à la refondation de l'école républicaine sont les bienvenus".

Et bien, me voici.


Vincent Peillon par franceinter




Vincent Peillon par franceinter


Normalement, j'aime bien France Inter mais là j'ai trouvé certaines questions un peu vagues voire inintéressantes... "quand avez-vous appris que vous étiez désigné ?", combiné à du blabla inutile sur de vraies ou fausses querelles internes, le divorce Hollande-Aubry (prendre la voix du Figaro)... Quatre minutes à ne pas parler d'éducation. Je sais bien qu'il faut une introduction. Mais "COMME MÊME" comme dirait Brenda-Gwendoline, 13 ans et demi, il serait temps de passer aux choses sérieuses car il reste... ah ouais... moins de six minutes d'interview.

Je vous parlerai essentiellement de l'enseignement au collège qui est celui que je maîtrise le mieux. Nul doute que parmi les - j'espère - nombreux commentaires, mes lecteurs, collègues et citoyens préoccupés par l'avenir des écoles maternelle, primaire et lycées, sauront vous indiquer les mesures hautement souhaitées afin d'insuffler une nouvelle énergie salvatrice.

Le manque de dialogue avec les principaux partenaires d'éducation (notamment et surtout les enseignants) fut l'un des écueils du précédent gouvernement... un ministre totalement déconnecté des réalités du terrain, uniquement intéressé par des chiffres, des statistiques et autres résultats transformant l'école en une entreprise rentable... des décisions prises sans une réelle concertation avec des professeurs confrontés aux problèmes envahissant les établissements scolaires. Bien évidemment, je ne vous apprends rien en vous disant que l'école ne produit rien. Elle est là pour développer connaissances, compétences, savoirs et savoirs-faire chez des enfants et des adolescents, le tout en instillant esprit critique, curiosité intellectuelle, envie de réussir... Il ne semble pas inutile de rappeler ces valeurs fondamentales de l'école, car celles-ci semblent s'être estompées pour laisser place aux notions de rendement et d'économie.

Dans cet entretien, Vincent Peillon a abordé succinctement :

  • l'abrogation du décret concernant l'évaluation des enseignants (trop choupi ♥) (et je vous conseille de cliquer ici pour lire ma vision de l'évaluation des enseignants)
  • les 2000 postes en plus d'encadrement dès la rentrée 2012 : auxiliaires de vie scolaire pour les élèves handicapés, assistants pédagogiques, assistants d'éducation, infirmiers/infirmières scolaires, assistants sociaux, conseillers d'orientation (trop choupi ♥)... et du personnel pour assurer la sécurité dans les bahuts difficiles (il va falloir m'expliquer plus précisément les tenants et aboutissants du concept. Je ne suis pas contre du tout mais encore faut-il savoir comment cela sera mis en place)
  • le retour des RASED (trop choupi ♥)
  • la création de postes pour alléger les classes et pour que les élèves ne se retrouvent pas sans prof de SVT pendant deux mois (trop choupi ♥)
  • l'allocation de rentrée scolaire +25% (trop choupi ♥)
  • le retour de la formation des futurs enseignants (trop choupi ♥)
  • le retour de la semaine de 5 jours en laissant le choix aux collectivités locales du mercredi ou du samedi (sachant que les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients aka ouais c'est choupi d'avoir son samedi ET son dimanche... mais se lever 5 jours d'affilée très tôt le matin pour des enfants et des ados, c'est pas méga choupi)
  • l'apprentissage, voire le pré-apprentissage sous statut scolaire et non plus comme un contrat de travail lambda + revaloriser les filières pro. (trop choupi ♥)

Les trucs qui me semblent méga vitaux afin de redresser une structure branlante :

  • Alléger les effectifs des classes. Parce que 28 élèves en 6ème, c'est un peu cruel et criminel pour les enseignants ET pour les élèves. On parle d'individualiser le parcours de chaque élève... Méga choupi comme principe, méga logique... MAIS pour cela, il faut du temps. Et du temps, on n'en a pas lorsqu'on a 28 élèves tous plus différents les uns que les autres, avec des personnalités, des possibilités et des besoins différents. Qui dit création de postes, dit création de classes. C'est l'un des piliers qui permettra une réelle progression. 20 élèves maximum par classe. Et ouais. Faut savoir ce qu'on veut.
  • Rouvrir des classes adaptées. IME, ULIS, SEGPA... Il n'y a pas assez de places en IME, alors on parque (oui PARQUER, il n'y a pas d'autre mot) les gamins en SEGPA. Du coup, les élèves relevant de SEGPA n'ont plus de places et se retrouvent dans des classes-types où ils galèrent et où il est difficile de les aider à cause des effectifs trop lourds et du manque d'AVS (Auxilaire de Vie Scolaire) et crevette sur la paëlla => FORMER LES PROFS POUR ENSEIGNER À CE PUBLIC SI PARTICULIER et surtout ne recruter que des enseignants volontaires avec une prime supplémentaire car il s'agit d'un investissement émotionnel et nerveux énorme.
  • Afin de pallier le manque de profs remplaçants, pourquoi ne pas créer un statut spécifique avec un salaire plus élevé, de véritables remboursements de frais de déplacement pour des profs certifiés/agrégés volontaires qui se déplaceraient dans leur académie afin d'assurer des remplacements plus ou moins longs. Cela éviterait de devoir recruter des personne via "Le Bon Coin" ou Pôle Emploi qui ne sont absolument pas qualifiées, formées pour se retrouver devant des élèves, pas forcément dociles et assoiffés de connaissances.
  • Transformer certains "enseignements" en disciplines à part entière. Je pense à l'Histoire des Arts (et pourquoi ne pas en faire une option facultative au Brevet des collèges ?), au B2i, à la formation aux premiers secours... Il y a d'énooooormes incohérences... je pense à l'option Euro anglais qui ne compte pas pour le Brevet... je pense à l'Histoire des Arts qui est coefficient 2 tandis que les autres matières ne sont que coefficient 1... et quid de l'histoire-géographie qui ne compte pas pour le contrôle continu ??? L'Histoire des Arts est un concept intéressant qui demande un encadrement spécifique avec des enseignants qualifiés. Pour l'instant, il s'agit juste d'un vaste bordel qui appartient à tout le monde et à personne.
  • Lever un énorme tabou... les élèves mal-élevés dont l'éducation reçue à la maison n'est pas compatible avec les règles d'un établissement scolaire et par extension avec les règles de la société. Sur France Inter, Vincent Peillon a commis une maladresse rhétorique en désignant les enseignants comme "ceux qui éduquent nos enfants"... J'aurais préféré que l'on parle de "ceux qui INSTRUISENT" nos enfants. Dans mon collège, certains parents ont déjà maintes fois menacé certains enseignants de je cite : "si vous embêtez encore ma fille, la prochaine fois que je viens c'est pour vous mettre deux balles dans la tête" / "Moi, je ne viens qu'une fois pour parler. Après je casse tout et je vous défonce". Pour l'instant, les menaces sont restées en l'air même si l'an dernier, une collègue a failli se prendre le poing d'un père d'élève dans la tronche parce qu'elle avait osé disputer sa fille qui faisait un caprice en classe... Il y a un véritable malaise. Dans certaines zones (défavorisées, rurales, isolées...), le manque d'éducation, de repères, de règles de courtoisie est devenu le problème number one de l'école. Les élèves ne travaillent pas, se montrent insolents avec un sentiment d'impunité insupportable. Comment faire pour éduquer les parents ? Des cours de parentalité ? Il est nécessaire de repérer très tôt les élèves perturbateurs qui manquent cruellement de bases d'éducation parce que malheureusement, certains parents sont persuadés qu'avant l'âge de 4 ans, les enfants sont incapables d'être éduqués... J'ai déjà parlé de ce problème dans cet article et les commentaires qui en ont découlé, cliquez ici pour le (re)découvrir.

Vincent Peillon a également adroitement ajouté que les enseignants n'étaient pas des crevards, qu'ils souhaitaient tout d'abord que l'école redore son blason et que les élèves progressent et réussissent dans de bonnes conditions et que les augmentations de salaire n'étaient pas leur cheval de bataille principal.
Pas faux.
Néanmoins, avant de nous payer plus, il serait choupi de payer déjà ce qui nous est dû. Les frais de déplacement sont remboursés jusqu'à 6 à 8 mois en retard, certaines HSE effectuées ne sont pas payées faute de moyens, et surtout les heures supp' de septembre ne sont absolument pas payées, ce qui est quand même hallucinant, idem pour la prime de professeur principal qui n'est versée qu'à partir d'octobre (c'est bien connu qu'à la rentrée, le prof principal fait des sudokus au lieu de préparer l'accueil des élèves...). L'état a la réputation d'être le plus mauvais payeur... Il serait bon d'inverser un peu cette tendance.

Je compte sur vous pour ne pas tout faire foirer. Entourez-vous de profs, de conseillers qui sont sur le terrain et qui sauront vraiment vous aiguiller... Ne faites pas comme vos prédécesseurs qui ne se sont intéressés qu'aux profs obséquieux, carriéristes bons à rien mais prêts à tout...


(un prof carriériste ? c'est un oxymore, non ?!)

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Nina Simone ♥

"It's a new dawn, it's a new day, it's a new life... and I'm feeling good"



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C'est quoi madame une "techa" ?

J'étais en train de dire à Lorenzo que se curer le nez à l'aide de ses ciseaux Maped n'était pas ce que l'on pouvait véritablement appeler un "moment d'élégance rare" lorsque Belinda (qui n'a pas les yeux bleus) a interpellé Jennifère à l'autre bout de la classe pour lui dire qu'elle pouvait aller "manger ses morts".
=> Voilà donc le contexte idéal pour instaurer une minute de silence en hommage aux victimes de la tuerie de Toulouse.

"Mais madame, OK, c'est du respect toussa toussa mais la minute de silence, ça sert à rien. Ils ne vont pas être resucés les enfants morts".

Après avoir précisé la prononciation, l'orthographe et le sens de ressusciter et après avoir expliqué à Belinda (qui n'a pas le front blond) (à vrai dire il est plutôt bas) qu'elle allait morfler sa race rapport à son langage fleuri qui n'était pas sans rappeler mézigue, hier soir, lorsque je me suis savamment cogné le petit doigt de pied contre le coin de porte de la salle de bains, j'ai indiqué à Donovan que la minute de silence allait pouvoir se faire sans qu'il ait besoin de se bâillonner avec l'écharpe douteuse de Orlandine (qui a des poux, j'dis ça, j'dis rien mon lapin).

Après avoir pris le carnet de Djohn-Ross pour informer les géniteurs des propos antisémites de leur fils, j'ai demandé à Belinda quelle partie de la phrase "MAIS EST-CE QUE TU VAS TE TAIRE ?!!!", elle ne comprenait pas, puis j'ai fait un petit laïus absolument poignant à propos de la BIENVEILLANCE, de la GENTILLESSE et de la COURTOISIE, concepts galvaudés chez certains beaucoup d'enfants nés en l'an 2000.

Allez, hop... une minute de silence. C'est parti. Une minute de silence où j'ai pensé à TOUT sauf aux victimes :-| parce qu'il fallait surveiller Paulyne qui entretenait savamment un demi fou-rire avec Marylou, parce qu'il fallait faire les gros yeux à Jordan qui scrutait sa montre en faisant le décompte des secondes en marmonnant, parce qu'il fallait guetter les réactions inattendues d'êtres vivants ne dépassant pas le mètre trente-quatre. Larmes, rires, indifférence, ennui, excitation... Un grosse cocotte-minute d'émotions diverses qui donne des envies d'eugénisme et de prosélytisme. Bien évidemment, il a fallu mettre le holà aux harangues passionnées, simples copiés/collés de ce qui avait été entendu la veille à la maison : "Il faut rétablir la peine de mort et torturer tous ces salauds !!!" slash "Tout ça c'est la fautes aux arabes qui veulent prendre le pouvoir en France. Tous les arabes sont des terroristes"... Marine The Stylo promet de faire de bien jolis scores dans ma cambrousse :-/

L'agressivité verbale est, à mon sens, de pire en pire dans les bahuts. Pas une seule journée sans qu'une écrasante majorité d'élèves s'insulte méchamment pour des raisons aussi ridicules qu'inexistantes.
Les termes sont d'une violence assez hallucinante. Des élèves choupi viennent souvent me parler des horreurs qu'ils ont lues sur Facebook, me disant combien ils trouvent ça nul et choquant (putain heureusement qu'ils existent encore ceux-là)
"Madaaaaaame, y a Bryanna qui m'a craché dessus et elle m'a dit que j'étais rien qu'une techa mais je ne sais pas ce que ça veut dire. C'est quoi madame une techa ?".

Mes copains profs des écoles me confirment que certains gamins de maternelle ont un langage hallucinant, véritable reflet de ce qu'ils entendent en continu à la maison... À quatre ans, balancer "t'es qu'une pute, va sucer"... c'est vraiment rafraîchissant ♥
Il ne s'agit pas d'un petit "putain" qui s'échappe... mais d'une véritable construction "Bryanna, elle est tellement moche qu'on dirait qu'un sanglier lui a chié dessus".
Beaucoup de frères et soeurs de mes élèves ont un Facebook très (trop) tôt. Dès le CP voire avant... Comme un bug d'éducation quelque part...

Rien à voir, mais j'aimerais que la tiare se démocratise car ça me va super bien.



The Big Bang Theory m'aide à ne pas éviscérer les élèves avec un Bescherelle aiguisé.

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